RÉPONSES.
Il nous serait impossible, dés à présent, de répondre par lettres à toutes les personnes qui veulent bien nous écrire, soit pour nous donner des conseils, soit pour nous offrir leur collaboration, soit pour nous faire des questions sur notre but et sur les moyens que nous comptons employer pour l'atteindre. Nous nous voyons donc obligés d'adresser nos réponses à la plupart de nos correspondants inconnus, par la voie même de notre journal. Un mot suffira souvent pour que toute notre pensée leur soit connue. Quelquefois aussi, une seule réponse préviendra un grand nombre de questions, de doutes ou de critiques. Nous avons besoin d'économiser le temps.
A M. P. L., rue du II.--La critique est juste, et nous en tiendrons certainement compte.
A M. D., boulevard Saint-Martin.--Mille remercîments; les sujets indiqués nous conviennent; M. D. en verra la preuve dans nos prochains numéros.
A M. R., d'Orléans.--En aucune manière, notre résolution à cet égard ne changera point.
A un anonyme.--Notre premier numéro n'est point un spécimen: il s'en faut de beaucoup qu'il contienne des exemples de tous les sujets que nous nous proposons d'illustrer. On ne pourra point juger l'étendue et la variété de notre plan avant plusieurs mois. Nous doutons que l'auteur de la lettre ait lu le premier article de notre premier numéro: Notre but. Nous le prions surtout de vouloir bien prendre au sérieux le dernier paragraphe de cet article. La tache est difficile: nous avons besoin de bienveillance et d'encouragements.
A Madame A L., de Versailles; MM. O.; V. T.; G. de Saint-Quentin.--Madame A. L. nous conseille de ne point représenter les scènes des théâtres et les acteurs, et de donner plus de place aux affaires criminelles, correctionnelles, à la musique et aux modes.--M. O. pense tout le contraire.--M. V. T. n'aime aucun de ces sujets, et demande surtout des oeuvres d'art et des caricatures.--M. G., qui se méprend apparemment sur le sens de notre titre, voudrait qu'il ne fût question que des hommes et des femmes illustres.--Nous sommes désolés de ne pouvoir mettre les quatre correspondants en présence les uns des autres; ils se répondraient sans doute mieux que nous ne pouvons le faire.
A M. Pr.--Jamais, Monsieur. Quelle idée!
A M. V.--Si nous suivions le conseil de M. V., l'Illustration n'aurait pas à espérer deux mois d'existence. Nous nous expliquerons, du reste, de la manière la plus explicite sur ce sujet en tête d'un des prochains numéros. Nous ne sommes enrôlés sous aucun drapeau; nous ne sommes au service d'aucun parti.
A Madame ou Mademoiselle E. N.--Nous ferons part de l'observation très-fine de l'aimable correspondante à madame Constance Aubert qui rédige nos articles sur les modes, et qui voudra bien se charger de lui répondre directement.
A M. J, d'Amiens.--Il est impossible de trouver un titre qui satisfasse tous les esprits. Le mot Illustration indique notre projet de rendre plus intelligibles, d'éclairer, en quelque sorte, au moyen de gravures sur bois, tous les sujets que nous traitons. Ce n'est pas un mot étranger: les Anglais nous l'ont emprunté, comme tant d'autres excellentes expressions de nos pères. On le trouve souvent employé par nos vieux auteurs dans le sens où nous l'employons ici. Les miniatures, par exemple, illustraient les manuscrits. Le mot journal, qui vient ensuite, exprime notre intention de nous approcher de plus en plus du caractère d'actualité qui distingue des livres, et des autres recueils, les feuilles quotidiennes. Nous publierons les nouvelles de toute nature, et nous prendrons soin d'éviter tout ce qui est uniquement rétrospectif.
A M. Ch. G.--Nous ne savons pas encore si nous accepterons des pièces de vers: nous regrettons de ne pouvoir donner une réponse plus favorable.
A M. M. de L.--Assurément. Nous représenterons fidèlement, et avec toute la rapidité possible, tous les faits d'Algérie dignes d'intérêt. Nous avons établi une correspondance active avec des artistes qui sont sur le théâtre des événements.
A M. de B.--Les portraits demandés paraîtront en avril.
A M. S. M.--Oui, le 25 mars.
A M. Am.--Nous ne venons faire concurrence à aucun recueil existant. L'avenir le prouvera. Notre plan est nouveau et nous nous éloignerons de plus en plus de tout ce qui a été fait jusqu'à ce jour; autrement notre pensée première ne serait point réalisée. Si l'on songe que les moyens d'exécution étaient presque tous à créer, que nos graveurs passent les nuits à travailler, que nous imprimons la valeur d'un volume entier chaque semaine, on voudra bien attendre avant d'exiger beaucoup plus que nous ne faisons.
A un anonyme de Caen.--Il est vrai qu'il y a dans cette direction un écueil à redouter. Nous consulterons le bon sens et le goût public. Notre ferme volonté est de ne blesser aucune convenance et de ne jamais donner droit à personne de condamner l'influence qu'il pourra nous être permis d'exercer sur les lecteurs.