Bulletin bibliographique.
Napoléon et Marie-Louise, souvenirs historiques de M. le baron de Meneval, ancien secrétaire du portefeuille de Napoléon, premier Consul et Empereur, ancien secrétaire des commandements de l'impératrice-régente, 2 vol. in-8. --Paris, 1843. Amyot. 15 fr.
Les Souvenirs historiques du M. le baron de Meneval contiennent la condamnation la plus sévère qui ait été portée jusqu'à ce jour contre Marie-Louise, et cependant leur auteur ne se pose ni en accusateur ni en juge. C'est un homme de bien qui raconte simplement, sans passion, sans colère et sans haine, et ce qu'il a vu et ce qu'il a entendu. Jamais un seul mot de blâme ou de reproche ne s'échappe malgré lui de sa plume; il n'a qu'un tort: il est trop bienveillant, mais aussi il est sincère; il dit la vérité, et, sinon toute la vérité, du moins rien que la vérité... Or, la vérité est un arrêt terrible que la postérité confirmera.
M. le baron de Meneval était encore, en 1789, un enfant; il n'avait pas entièrement achevé ses études au Collège-Mazarin, lorsqu'il fut obligé de quitter cet établissement, détruit, comme les couvents, par la Révolution. Il n'avait pas de but déterminé; il se fit homme de lettres. La conscription l'atteignit peu de temps après, mais il n'avait aucun goût pour l'état militaire; sa santé l'éloignait de la carrière des armes. Singulière circonstance! ses efforts pour se soustraire à l'application de la loi sur la conscription furent, dit-il, la route obscure et ignorée qui le conduisit à la protection de l'homme qui passe pour avoir été inflexible dans l'exécution de cette loi et en avoir poussé la rigueur jusqu'à ses dernières limites.»
M. Meneval avait fait, chez un de ses amis, la connaissance de Louis Bonaparte, qui le présenta à son frère Joseph, récemment arrivé de son ambassade de Rome. Joseph, ami et protecteur des gens de lettres, attacha à sa personne l'ex-élève du collège Mazarin en qualité de secrétaire, et comme il n'avait qu'à se louer de lui, il crut rendre un service à son frère Napoléon en le lui cédant. Le 3 avril 1802, M. Meneval fut installé dans ses nouvelles fonctions; quelques jours après, il remplaçait M. de Bourrienne, et dès lors il resta seul au cabinet consulaire. A dater de cette époque jusqu'en 1812, il ne quitta pas Napoléon. Des fatigues multipliées, et l'état d'épuisement dans lequel il revint à Paris après les désastres de la retraite de Moscou, lui rendaient le repos nécessaire. L'Empereur le plaça en convalescence, selon son expression, auprès de l'Impératrice, en qualité de secrétaire des commandements, emploi auquel il avait refusé jusqu'alors de nommer. M. Meneval, créé baron, accompagna Marie-Louise à Vienne, et ne rentra en France qu'au mois de mai 1815. Il voulait suivre Napoléon dans son exil; mais des circonstances indépendantes de sa volonté l'en empêchèrent. Plus tard, il sollicita vainement du gouvernement anglais l'autorisation de partager la captivité de son maître; il n'obtint qu'un refus déguisé.
Napoléon dit on jour à M. de Meneval: «Dans l'ordre de la nature, je dois mourir avant vous; quand je ne serai plus, que ferez-vous? Vous écrirez.» Et comme son secrétaire répondait par un geste négatif, il ajouta: «Vous ne résisterez pas au désir d'écrire des mémoires.»--Plus tard, à ses derniers moments, à Sainte-Hélène, entre autres recommandations contenues dans les instructions qu'il laissa à ses exécuteurs testamentaires, il exprima le désir que certaines personnes,--et il nomma M. de Meneval,--s'occupassent du soin de redresser les idées de son fils sur les faits et sur les choses, et portassent à sa connaissance des communications qui pourraient être d'un grand intérêt pour lui. Bien que le duc de Reichstadt soit mort, M. Meneval a pensé avec raison qu'il ne devait point garder le silence. Le temps n'est pas encore venu pour lui de mettre au jour ses Mémoires; mais il a regardé comme un devoir de faire paraître, dit-il, «quelques souvenirs, dont la publication, si elle n'accomplit pas dès à présent la recommandation qui lui a été faite, déposera du moins de son respect pour une mémoire qui lui sera, toujours chère et sacrée, et qu'il ne peut mieux servir qu'en restant scrupuleusement fidèle à la vérité.»
Pour se conformer autant qu'il était en lui au désir de l'Empereur qu'il considère comme un ordre, M. de Meneval a cru devoir choisir les temps qui ont suivi son second mariage. Le récit qu'il publie est destiné à rappeler quelques traits épars de son histoire privée pendant cette époque, non à peindre le conquérant et le législateur, mais à faire connaître Napoléon dans son intimité comme époux et comme père. Toutefois, dans une vie aussi largement remplie, la politique et les affaires du gouvernement tiennent une très grande place, l'homme historique est presque toujours le personnage principal. Sous ce point de vue, les aperçus sur Napoléon ne sont pas les moins dignes d'intérêt. D'ailleurs, M. de Meneval s'est trouvé reporté souvent à des souvenirs qui datent du commencement de ce siècle; il a donc consigné, dans des notes biographiques en forme d'introduction, quelques-uns des faits les moins connus, antérieurs à l'année 1810. Ainsi ses révélations jettent une vive lumière sur les importantes transactions de Lunéville, du concordat et de la paix d'Amiens.
Le premier volume est consacré presque exclusivement à Napoléon, le second à Marie-Louise. Aux victoires ont succédé les revers. Les armées alliées s'approchent de Paris; l'impératrice-régente s'enfuit avec son fils, qui se débat vainement en s'écriant qu'il ne veut pas quitter sa maison; que, puisque son papa est absent, c'est lui qui est le maître. Va-t-elle rejoindre l'Empereur; montrer le roi de Rome à l'armée pour ranimer son courage? Non, elle se livre volontairement aux ennemis de la France et de son époux; elle reçoit la visite de l'empereur de Russie et du roi de Prusse; puis elle se laisse emmener à Vienne, et n'oublie pas de visiter toutes les curiosités des pays qu'elle traverse. En vain son aïeule, l'ex-reine de Naples, lui donne le conseil d'attacher les draps de son lit à sa fenêtre et de s'échapper sous un déguisement pour aller rejoindre son époux, elle va faire un voyage en Suisse avec l'homme qu'elle doit, quelques années plus tard, épouser de la main gauche. Pendant que l'Empereur la rappelle à l'île d'Elbe, elle s'amuse à écrire la relation de son ascension au Montanvert. De retour à Vienne, elle assiste, cachée derrière un rideau, aux fêtes données au palais de Schoenbrunn pour célébrer les défaites de la France et de Napoléon. On lui enlève même son fils, et pas une plainte ne s'échappe de sa bouche; on lui défend de donner de ses nouvelles à son époux, et elle s'empresse d'obéir. Son amant n'a qu'un mot à lui dire, et elle déclare solennellement qu'elle ne se réunira jamais à l'Empereur. Comme si toutes ses infamies n'étaient pas suffisantes, elle devient un des instruments de la politique anti-française en Italie; elle demande secours aux Autrichiens contre ses sujets, que sa tyrannie a poussés à la révolte; elle prête son nom aux exactions et aux persécutions de tout genre qu'il plaît au cabinet de Vienne d'exercer dans le duché de Parme. Tels sont les principaux événements sur lesquels l'ex-secrétaire des commandements de l'impératrice-régente, donne, dans son second volume, des détails inédits et dignes de foi. Oui, honte éternelle à cette femme sans coeur et sans esprit, qui viola si indignement tous ses devoirs d'épouse, de mère et d'impératrice, qui n'eut même pas l'excuse d'une passion quelconque pour se justifier, et qui mourra sans s'être inquiétée un seul instant de sa coupable nullité!
Les Souvenirs historiques de M. le baron Meneval ne peuvent manquer d'obtenir un grand succès; ils ont tout l'intérêt d'un roman; ils sont écrits d'un style simple et franc; on sent en les lisant que leur auteur est un honnête homme et un homme de coeur qui ne dit que la vérité; enfin, ils nous font non-seulement connaître la vie privée de Napoléon et de Marie-Louise, mais ils contiennent, en outre, une foule de révélations nouvelles sur les hommes et sur les événements du Consulat et de l'Empire. La critique ne peut pas leur reprocher d'être incomplets, car M. de Meneval avoue lui-même n'avoir voulu que fournir quelques matériaux à l'historien futur de Napoléon, s'il juge à propos de les consulter.
Itinéraire descriptif et historique de la Suisse, du Jura français, de Baden Baden et de la Forêt-Noire, de la Chartreuse de Grenoble et des eaux d'Aix, du Mont-Blanc, de la vallée de Chamouni, du Grand Saint-Bernard et du Mont-Rose, avec une carte routière, imprimée sur toile, les armes de la Confédération suisse et des vingt deux cantons, et deux grandes vues de la chaîne du Mont-Blanc et des Alpes bernoises, par Adolphe Joanne.--Paris, Paulin, 1 gros volume in-18 de 635 pages.--10 fr. 50 c.
M. Adolphe Joanne est le plus curieux, le plus intrépide et le plus infatigable de tous les touristes français. Dès que le printemps a fondu les neiges qui recouvrent pendant l'hiver les cols des Alpes, il quitte Paris, il va revoir une fois encore ses chères montagnes, où, comme M. de Saussure, il avoue lui-même avoir passé les plus belles heures de sa vie. Tout en admirant la nature, M. Adolphe Joanne s'apercevait, durant ses promenades en Suisse, que les itinéraires ou guides français ne pouvaient, sous aucun rapport, se comparer aux ouvrages du même genre dont se servaient les étrangers. Ils étaient faits sans conscience, sans esprit et sans goût, inexacts, incomplets; quelquefois même d'une naïveté par trop ingénue.--Le désir d'être utile aux voyageurs futurs, et surtout de venger la France de l'infériorité relative où elle avait été tenue jusqu'alors à l'égard des autres grandes puissances, par des spéculateurs inintelligents, le détermina à entreprendre un ouvrage qui devait le détourner cependant de travaux plus sérieux. Il fit pour ses compatriotes ce qu'Ebel avait fait pour les Allemands, et Murray pour les Anglais, un Itinéraire descriptif et historique de la Suisse et des contrées voisines les plus curieuses à visiter.
Outre ses propres notes, prises durant sept étés consécutifs, de 1834 à 1840, outre les journaux de voyage inédits de quelques-uns de ses amis, il a consulté tous les ouvrages scientifiques, historiques et littéraires qui ont été publiés sur la Suisse et sur les Alpes, en France, en Allemagne et en Angleterre.
L'introduction comprend les renseignements généraux dont les voyageurs ont besoin avant de se mettre en route.--A quelle époque doit-on partir? quels sont les pays les plus curieux à visiter? comment faut-il tracer son itinéraire? quelle somme dépensera-t-on? de quels moyens de transport pourra-t-on se servir? Telles sont les graves questions que traite, avec une intelligence profonde de la matière, M. Adolphe Joanne. Viennent ensuite des conseils pleins de sagesse sur le voyage à pied, le costume du piéton; puis des indications précieuses sur les guides, les porteurs, les auberges, les distances, les monnaies, etc.
Tous les préparatifs sont terminés, vous partez, vous avez franchi la frontière. Quel est ce charmant village que vous venez de traverser? A quelle famille a appartenu jadis le vieux château qui couronne le sommet de ces rochers? Cherchez à la table générale des routes la route que vous suivez; M. Adolphe Joanne va répondre, soyez-en sûr, à vos questions. Désirez-vous vous arrêter quelques instants? il vous indique la meilleure auberge, et il vous prévient qu'il y a dans les environs quelque curiosité naturelle digne d'être visitée. Continuez-vous votre voyage? vous n'avez plus qu'à tenir ouvert le livre que vous venez de consulter; il ne vous dira pas, comme certains ouvrages de ce genre, que vous devez, à tel endroit désigné, éprouver des sensations douces ou fortes; mais, vous laissant parfaitement libre d'être agréablement ému ou faiblement impressionné, il se contentera de vous apprendre tout ce que vous ne pouvez ni sentir ni deviner. Il est tour à tour géographe, historien, statisticien, industriel, savant, etc. Quelquefois seulement, il citera un curieux fragment d'un écrivain célèbre; il vous rappellera ce que Montaigne, Goethe, J.-J. Rousseau, madame Roland, Byron, George Sand, ont senti en présence de ce beau paysage, qui vous arrache malgré vous une exclamation de joie et d'admiration.
L'Itinéraire de M. Adolphe Joanne est tellement exact et tellement complet qu'un jeune écrivain, qui publie en ce moment des articles sur l'Oberland dans la Revue de Paris, lui en faisait de sérieux reproches. «Ce livre, dit M. Francis Wey, m'impatienta par son exactitude même. Pour être agréable, un ouvrage de ce genre doit contenir quelques bonnes erreurs, quelques bévues flagrantes, afin que le lecteur puisse donner carrière au plaisir de la critique et reconnaître, avec un dédain satisfaisant, que nul n'a su voir aussi bien que lui. Le livre de M. Ad. Joanne ne fait pas de quartier, sous ce rapport, à l'amour-propre du voyageur; cherchez les lieux les plus escarpés, les recoins en apparence les plus inconnus, faites les découvertes les plus extravagantes, et vous n'aurez rien trouvé que ce touriste infatigable n'ait consigné. D'ordinaire aussi, le cicerone portatif est sentimental et vous offre, dans des descriptions senties, une parodie ingénieuse des merveilles du chemin. Est-il rien de plus propre à prévenir un promeneur contre les extases ridicules que des phrases pareilles à celle-ci, tirée du Manuel de Richard: «Le voyageur se nourrit de ces douces émotions jusqu'à ce que la route tourne à gauche?» Ces naïvetés amusantes font défaut à l'Itinéraire de M. Adolphe Joanne. Par malheur, il mesure toutes les distances avec des mètres et des kilomètres, ce qui ne le rend accessible, sous ce rapport, qu'à des mathématiciens consommés.»
L'Agriculture de l'Allemagne, et les moyens d'améliorer celle de la France, par Emile Jacquemin, 1 vol. in-8.--Paris, 1843, Librairie Étrangère, quai Malaquais, 15 et 17. 7 fr. 50 c.
«Notre système d'instruction publique présente une immense lacune, dit M. Emile Jacquemin, au début de son introduction. Le cultivateur s'y trouve entièrement oublié. En effet, la population rurale, c'est-à-dire les trois quarts de la nation, n'apprend, dans nos écoles, rien de ce qui concerne l'état qu'elle est appelée à exercer durant tout le cours de sa vie; on n'enseigne au petit cultivateur que des choses parfaitement inutiles. L'esprit d'ordre et de propreté, les premiers principes d'agriculture et d'horticulture, l'éducation des abeilles et des vers à soie, celle des animaux domestiques, qui forme une branche si importante de l'économie rurale, l'organisation communale, ce que la physique et la chimie ont de plus généralement applicable à la culture du sol, ne lui seraient-ils pas bien plus utiles à savoir que la géographie, l'histoire, la grammaire, qu'il a déjà complètement oubliées quelques années seulement après sa sortie de l'école?»
Pour remédier à ce mal, M. Emile Jacquemin indique, dans l'introduction du nouvel ouvrage qu'il vient de publier, les traits principaux d'un plan complet d'enseignement agricole, car il désire ardemment qu'on donne à la jeunesse des campagnes les moyens d'acquérir les connaissances qui lui sont indispensables.
Quant à l'ouvrage, auquel cette introduction sert de préface il a pour but de placer la France agricole dans la voie si heureusement suivie par l'Allemagne, l'Angleterre, la Belgique et la Hollande, et de l'inviter au progrès à l'exemple de nos voisins d'outre-Rhin.
M. Emile Jacquemin a habité dix-huit ans l'Allemagne; il y fait encore de fréquents voyages; loin de lui la prétention de présenter un système nouveau, d'offrir l'Allemagne comme un modèle accompli, que nous devions servilement copier; car il n'existe point en agriculture de modèle universel. Il a seulement recueilli tous les faits intéressants qui l'ont frappé, il les a réunis comme en un faisceau, pour que la France les juge et en profite.
Les quatre chapitres dont se compose l'Agriculture de l'Allemagne sont consacrés, le premier, aux différents modes de culture; le deuxième, à l'éducation des animaux domestiques; le troisième, à l'éducation du cheval en général; le quatrième et dernier, à l'importance de l'éducation du mouton et de la production de la laine. En terminant. M. Emile Jacquemin fait des voeux pour que l'action éclairée, énergique et persévérante de l'administration supérieure aille raviver, sur tous les points du royaume à la fois, toutes les branches de l'agriculture; pour que les sociétés et les comices agricoles, en relations constantes avec elle, l'aident de tous leurs efforts dans l'accomplissement de cette grande oeuvre; et pour que la France agricole, prenant parmi les nations le rang qui lui appartient, apprenne enfin à connaître, par des expériences victorieuses, tout ce que son beau sol est capable de lui donner.
Le Monde enchanté, cosmographie et histoire du Moyen-Age; par M. Ferdinand Denis, conservateur de la Bibliothèque Sainte-Geneviève.--Paris, 1843, A. Fournier. Prix: 1 fr. 75 c.
Sous ce titre: le Monde enchanté, M. Ferdinand Denis, l'auteur du Brame voyageur, des Scènes de la nature sous les tropiques, le savant écrivain qui a exploré avec autant de courage que de bonheur la vieille littérature espagnole et portugaise, a publié tout récemment les résultats de ses longues études sur les fantastiques créations du Moyen-Age.
Après avoir analysé rapidement le Trésor de Brunetto Latini, cette grande encyclopédie qui eut tant d'influence sur l'imagination gigantesque du Dante, il nous montre, aux treizième et quatorzième siècles, un monde étrange, peuplé de dragons de salamandres, de serpents hideux, d'oiseaux monstrueux, d'hommes à têtes de bêtes et de bêtes à têtes d'hommes; la licorne à la redoutable défense; ici, le phénix, qui vit cinq siècles; puis il nous apprend ce que cherchait Colomb à travers l'Océan ténébreux du couchant; ce n'est pas l'Amérique, mais l'île de Saint-Brandon, qui disparait aux regards comme un nuage splendide; la Terre de Cipangu, où il y a des palais dont les toits et les parcs sont d'or, les grands fleuves du Paradis terrestre; le Paradis lui-même tel que le rêvaient les docteurs du temps. Ainsi, du monde ancien, si fécond en créations bizarres, M. F. Denis nous transporte dans le monde nouveau, qui n'est guère moins riche en êtres et en choses étranges. Là, en effet, se trouve l'Eldorado et la cité de Monoa, aux murs d'or, qui se mirent dans un lac d'argent; le Cibora, la région des grands édifices abandonnés, l'empire du Partiti, les sept villes des Césars, cachées au fond des forêts du Paraguay; les Americanus, etc. Le merveilleux récit d'un chevalier qui pénètre dans le purgatoire de Saint-Patrick, et la tradition non moins grandiose du fameux prêtre Jean, sont le sujet d'un appendice que complètent de nombreuses notes non moins curieuses que le texte.
De l'Emploi de l'aimant dans le traitement des maladies; par Mouzin, docteur-médecin.--Paris, 1843, Fortin-Masson, brochure in-8 de 5 feuilles.
Depuis longtemps on savait que le galvanisme offrait à la médecine des ressources précieuses dans certains cas de maladie; mais si la science avait constaté des résultats, la pratique n'en avait tiré parti que bien rarement, en raison de la difficulté ou plutôt de l'embarras qu'entraînaient l'emploi des appareils galvaniques, toujours assez longs à préparer, et dont la puissance ne se soutient au même degré que pendant un temps assez court. La belle découverte du professeur OErstedt, de Copenhague, les travaux de MM. Ampère, Arago, Becquerel, en France, Faraday, en Angleterre, Matcucci, en Italie, etc., etc., en enrichissant la science d'une foule d'observations nouvelles, ont mis à la disposition des médecins des moyens faciles d'employer le fluide électrique et d'en régler à volonté la puissance, suivant l'exigence des cas.
C'est au moyen de l'aimant qu'on produit aujourd'hui un courant électrique pour le traitement des maladies, et les appareils très-simples et portatifs dont on se sert à cet effet, permettent de proportionner instantanément l'énergie du remède à la force plus ou moins grande des malades.
L'auteur de l'opuscule que nous annonçons n'a point décrit les appareils dont il se sert, pensant probablement qu'il suffisait de rappeler les principes d'après lesquels on les construit. Après avoir exposé succinctement ce qui a rapport à la force magnétique de l'aimant, à la puissance (nouvellement découverte) qu'a un aimant de produire un courant électrique, à l'action de l'électricité sur les fonctions organiques, il a passé en revue les diverses affections à la guérison desquelles le fluide dégagé par l'aimant peut être utilement employé, en rappelant tout ce qu'on avait fait antérieurement avec le galvanisme, dont les effets sont identiques avec ceux de l'électricité magnétique.
Si les heureux résultats indiqués étaient assurés dans tous les cas, l'humanité aurait à se féliciter grandement d'un progrès scientifique qui permettrait de guérir ou seulement de soulager certains maux contre lesquels l'art de guérir n'avait que bien peu de ressources. Au nombre de ces infirmités, nous ne citerons ici que l'asthme, dont l'auteur affirme que la guérison a toujours lieu dans la proportion de neuf malades sur dix.