III.--MÉTÉOROLOGIE.

Incendies allumés par des aréolithes.--Lorsque des granges ou des meules de blé sont consumées par le feu, il arrive quelquefois que les recherches les plus minutieuses ne peuvent faire découvrir l'origine de l'incendie, que l'on attribue en général à la malveillance. Le juge de paix de Moutierender a remarqué que ces incendies commençaient toujours dans les combles et les bâtiments où il n'y a point de foyer. En comparant les circonstances qui ont accompagné quatre incendies dans le voisinage du lieu qu'il habile, ce magistrat fait voir que les incendies ont été accompagnés ou précédés de chutes de globes de feu, qui ne sont rien autre chose que des aréolithes, ou étoiles filantes en ignition. Ainsi, le 18 novembre 1842, à onze heures du soir, une jeune fille entrant dans sa chambre, ayant jour sur un jardin clos, vit une forte lueur passer et frapper les vitres de sa fenêtre. Elle pensa que quelqu'un traversait le jardin, portant un falot ou une chandelle allumée; ayant ouvert la fenêtre, elle ne vit plus rien et n'entendit personne. Le lendemain à deux heures du matin, le grenier de cette chambre et ceux de quatre maisons étaient enflammés avant qu'aucun secours eût pu être porté. Dans les premiers jours de décembre, entre cinq et six heures du matin, on vit un globe lumineux jetant une si grande lumière que plusieurs personnes sortirent de la maison. Suivant le rapport de plusieurs individus, ce globe alla descendre dans une forêt. L'auteur de la lettre cite encore d'autres exemples qui ne sont pas moins probables. M. Arago accepte pleinement cette explication, qui doit être connue des magistrats, afin que on ne cherche pas de coupable là où il n'y en a point.