Courrier de Paris.

L'évasion des quinze prisonniers et les scènes sanglantes qui l'ont accompagnée ont décidé l'administration municipale à changer la destination des bâtiments de la Force. Une prison s'élève en ce moment hors de la ville et pourra, dans quelques mois, ouvrir ses portes crénelées et les refermer sur l'horrible clientèle de l'échafaud et des bagnes. Cette translation avait, depuis longtemps, paru nécessaire; la récente catastrophe, faisant toucher au doigt le danger, en hâtera l'exécution.

Les prisonniers s'échappant de la Force.

Ce sont de terribles locataires, en effet, que ces malheureux jetés incessamment par le crime dans les cachots de la Force: tribu hideuse et désespérée, qui campe au sein même de la cité, dans un de ses quartiers les plus populeux. On a beau dire que la tente est scellée de verrous, de barres de fer, de sentinelles et de pierres de taille, vous voyez que la race criminelle passe à travers; si les murailles l'arrêtent, elle creuse la terre, et rampe, et trouve une issue.

Il peut arriver qu'au lieu d'être saisis, comme l'autre jour, en flagrant délit d'évasion, nos bohémiens s'échappent, en effet, soit que la nuit les favorise, soit que le hasard oublie de pousser à leur rencontre ce premier venu, qui jette le cri d'alarme et donne l'éveil.

Ôtez l'honnête garçon de bain qui se trouvait là pour arranger sa baignoire, et le champ restait libre: les quinze démons passaient sans bruit, sans obstacle, et gagnaient la rue clandestinement; après eux, sans doute, d'autres seraient venus, s'échappant du même enfer et par le même chemin. Qu'on se figure alors tout un quartier en proie à une cinquantaine de mécréants de cette espèce, sans ressources, sans remords, et prêts à se laisser aller à toutes les tentatives furieuses que suggèrent l'habitude du crime et la faim. Et quels moyens n'ont-ils pas de se dérober aux poursuites dans cette ville immense, dans cette foule, dans ce tumulte, dans ce labyrinthe inextricable de rues et de repaires tortueux! Les malfaiteurs viennent de loin pour se cacher dans la bonne ville de Paris; l'oeil vigilant de la justice a grand'peine à les suivre à la piste et à les reconnaître; quelle chance pour ceux qui s'y trouvent tout domiciliés!

Le mal n'a pas été grand cette fois: les bandits sont retombés en quelques heures, et sans aucune exception, dans les mains de la justice: les courageux citoyens qui s'étaient dévoués en seront quittes, Dieu merci, pour des blessures sans danger; mais le projet d'éloigner de Paris cette formidable prison, n'en est pas moins un projet sage, plein d'à-propos et évidemment inspiré par l'intérêt de la sécurité publique.

Ainsi, voilà encore un bâtiment fameux que le temps dépouille d'une longue possession et d'un caractère, en quelque sorte, consacré; la Force va cesser d'être la Force! Que va-t-on substituer à son terrible privilège? Il est tout simplement question de mettre le marteau dans ces vieilles murailles et de les faire disparaître; une rue nouvelle, des maisons élégantes, assainiraient la place criminelle et lui ôteraient son aspect lugubre.--Quand ces voûtes, qui ont abrité si longtemps les plus féroces passions, viendront à s'écrouler, est-ce qu'il ne s'en exhalera pas des miasmes horribles, un air imprégné d'une odeur de sang? Et les premiers honnêtes gens qui dormiront sur cette terre maudite, n'entendront-ils pas le blasphème éhonté, le désespoir, le cri du remords retentir dans leur sommeil comme un lamentable écho, et troubler l'innocence de leurs nuits?

L'histoire de la Force remonte au treizième siècle; c'était alors une habitation princière qui appartenait à un des frères de saint Louis; d'année en année, et après plus d'une transformation, elle arriva aux mains du duc de la Force, qui lui a laissé son nom. En 1754, la ville en fit un hôtel militaire; en 1780, après la suppression du Fort-L'Évêque et du Petit-Châtelet, Necker changea l'hôtel en prison; on y enferma d'abord les débiteurs insolvables, les femmes suspectes, les mendiants et les vagabonds; puis, peu à peu, la Force devint la grande et terrible prison que vous savez; voilà comme on fait son chemin!

On sait que, pendant vingt-quatre heures, quatre des évadés parvinrent à se soustraire à toutes les recherches; ce fut seulement le lendemain que la police les surprit dans un cabaret, déjà occupés à dévaliser l'hôtelier; cela s'appelle ne pas perdre de temps; jusqu'à cette arrestation définitive des restes de la bande, et même quelques jours après, l'émotion fut grande dans les rues voisines de la prison et dans tout le quartier Saint-Antoine. Les habitants étaient sur le qui-vive, et regardaient, en quelque sorte, chaque passant sous le nez, pour voir s'il n'avait pas un air d'échappé et ne sentait pas le cabanon et le cachot. Il fallait ressembler plus qu'à un honnête homme pour n'être pas suspect. Cette surveillance et cette inquiétude ont produit quelques épisodes qui ne manquent pas d'originalité.

Un portier saisit au collet son propriétaire, qui rentrait à pas de loup: «A moi, mes amis! à la garde! voilà un évadé! je le tiens, à moi, à moi!» On eut beaucoup de peine à lui faire lâcher prise. Le propriétaire, déchiré, meurtri, l'habit en lambeaux, se loua, dit-on, beaucoup de la vigilance et du dévouement de son concierge.

Un sergent de ville aperçoit un homme qui se glisse le long des murailles et frise les bornes d'un air affairé: «Halte là!» lui crie-t-il; et il le mène de vive force au corps-de-garde voisin; c'était un juge de police correctionnelle qui allait rendre la justice, et hâtait le pas pour ne pas manquer l'audience.

Quatre gardes municipaux amènent au guichet de la Force un grand diable qui se débat, et s'écrie qu'on le prend pour un autre. «En voici encore un,» disent les honnêtes gendarmes, tout tiers de leur trophée.--Le guichet s'ouvre. «Eh! mon Dieu, mes braves gens, que faites-vous là?--C'est un évadé que nous vous ramenons.--Un évadé? mais vous n'y songez pas; c'est le guichetier en personne!»

«Qui sonne si tard? dit une douce voix émue.--Ouvre, ma chère amie.--A minuit, non pas!--Comment, est-ce que je ne peux pas rentrer chez moi quand bon me semble? --Chez vous?--Oui, chez moi!--Qui êtes-vous donc?--Comment, chère petite, tu ne me reconnais pas? je suis ton mari.--Vous, mon mari? à d'autres! on vous voit venir; vous êtes un évadé de ce matin.--Chère Hortensia, je t'assure...--Oui, oui, votre chère Hortensia; pour me voler ma montre on me prendre mon ternaux! je n'ouvrirai pas; allez vous faire pendre ailleurs!» Et le mari,--c'était lui en effet,--passa la nuit, morfondu, à la belle étoile.

Un voisin m'a conté qu'au point du jour, la porte d'Hortensia s'ouvrit doucement, et que lui, le voisin, aperçut par le trou de sa serrure, un jeune blond qui s'échappait lestement et descendait l'escalier quatre à quatre.--Était-ce un évadé de la Force?

--Goddam! dit Figaro, est le fond de la langue anglaise; avec goddam, vous pouvez passer partout; c'est plus qu'il n'en faut pour vous faire comprendre des trois royaumes. Voulez-vous un poulet rôti? approchez-vous de votre hôte en vous écriant; Goddam! et il vous apporte aussitôt une tranche de boeuf saignant. Si vous rencontrez dans quelque promenade une jeune et jolie donzelle, au pied leste, à l'oeil mutin, au charmant sourire, tortillant légèrement des hanches, dites goddam! et allez à elle d'un air galant: vous recevez à l'instant le plus magnifique soufflet du monde. L'admirable chose que goddam!

Ya aussi a bien son prix, quoique Figaro n'en dise rien; mais Figaro, tout Figaro qu'il est, ne saurait penser à tout, ya vaut goddam. Comme goddam, ya procure toutes sortes d'agréments à ceux qui s'en servent à propos; je vais vous le prouver tout à l'heure.

Les journaux de la semaine ont raconté qu'un homme aux formes athlétiques venait d'être arrêté dans les environs de la barrière du Trône; son costume bizarre, ses longs cheveux, sa barbe inculte, son allure résolue, avaient suffi pour éveiller les soupçons, les imaginations étant encore toutes pleines de cette grande aventure de voleurs dont nous avons, plus haut, raconté l'épopée. Le peuple ému ne voyait partout que larrons et que condamnés en rupture de ban; dans ces moments-là, la moitié de Paris est capable d'arrêter l'autre.

Le pauvre diable cependant descendait la rue Saint-Antoine entre deux soldats qui le tenaient bras dessus bras dessous, avec la foule pour escorte. «Ohé! c'est un de ces mauvais gueux qu'on cherche, disait le peuple; ne le lâchez pas, fantassins!» Un ouvrier se détachant de la foule et s'approchant du prisonnier: «On le voit ben à ta peau tannée; tu sors du bagne, mon vieux!--Ya! ya! répond celui-ci.--Oh! c'est çà: Tes un évadé?--Ya! ya!--C'est p't-être toi qui as tué l'aubergiste de Nangis?--Ya! ya! ya!--Vous l'entendez! Oh! le scélérat! oh! le gueusard! oh! le Mayeux! oh! le Papavoine!» Et ainsi notre homme fut mené, au milieu des huées, jusqu'à la salle Saint-Martin; là, on l'interrogea, et il fut constaté qu'on avait affaire à un ouvrier allemand fraîchement débarqué. Le pauvre hère, n'entendant pas un mot de français, avait cru se tirer d'affaire en répondant ya à tout propos: le fond de la langue apparemment.

Avec goddam, vous risquez seulement de recevoir un petit soufflet, appliqué d'une main blanche, et un bifteck saignant, deux choses qui se peuvent digérer après tout; ya est plus prodigue en faveurs: il ameute le peuple à vos trousses, il vous recommande à messieurs les gendarmes, il vous fait passer une nuit à la salle Saint-Martin, il vous gratifie d'un brevet de bandit, et, un peu plus, il vous enverrait aux galères; la supériorité est évidemment du côté de la langue allemande; ya a bien plus de fond que goddam!

Avant peu, les voyageurs seront mis à l'abri des inconvénients du ya et du goddam; Londres donne l'exemple. Il nous est arrivé, par le dernier paquebot, le prospectus de l'entreprise qui doit mettre fin à tous ces quiproquo où le touriste trébuche à chaque pas, à toutes ces mésaventures dont il est la victime. Une maison s'est formée dans Regent-Street, sous le titre de: la Société des voyages. Vous plaît-il de visiter Madrid, Saint-Pétersbourg, Vienne? adressez-vous à M. William Peterson, directeur-gérant de l'entreprise, et tout sera dit; vous n'aurez plus il vous occuper de rien. Moyennant une somme déterminée et payée d'avance, M. William Peterson se charge de vous soulager de tous les soins qui précèdent et qui accompagnent la locomotion; il se constitue l'administrateur et le fournisseur-général de vos affaires aussi bien que de vos plaisirs; il prend votre passeport, il fait vos malles, il cire vos bottes, il bat vos babils, il retient votre place, il paie la diligence et le paquebot; il choisit les auberges, il vous montre toutes les beautés du pays que vous visitez, il vous nourrit, il vous couche, il vous blanchit, il vous rafraîchit, il vous mène au spectacle, partout où vous avez l'envie d'aller. Il attache, en outre--et l'aventure ci-dessus en prouve l'importance--il attache à votre personne un interprète, un truchement, un drogman. Ainsi vous courez la chance de manger du poulet si cela vous fait plaisir, de recevoir une caresse à la place d'un soufflet, et de n'être pas mis au carcan pour un ya de plus ou de moins.

Prenons-nous pour exemple: la société William-Peterson et compagnie vous expédiera d'Angleterre en France et vous hébergera à Paris, pendant un mois, au prix de 500 francs. On n'est pas plus accommodant que cela. Pour 500 francs, vous aurez le droit de vous promener sur les boulevards tant que vous voudrez; la société vous fournira une paire de souliers, une paire de bottes et un parapluie; elle vous, entretiendra de spectacles jusqu'à concurrence de huit représentations; et après vous avoir fait admirer tous les monuments et toutes les curiosités de Paris, elle s'engage à vous procurer la vue de M. de Perpignan et celle de M. Crémieux par-dessus le marché--Prenez vos billets!

--Puisque nous sommes en Angleterre, n'en sortons pas sans exprimer l'admiration que nous a inspirée le dernier meeting tenu par les adversaires du vin de Champagne, du chambertin, du laffitte, du rhum de la Jamaïque, de l'anisette de Bordeaux, du porter et généralement de toutes ces liqueurs traîtresses qui chatouillent et troublent les fibres du cerveau. L'assemblée était présidée par le révérend père Matthew, un des plus fervents apôtres du verre d'eau pure, assaisonné d'un cure-dents. Son discours, de tout point magnifique, transporta les auditeurs d'un loi enthousiasme, que l'assemblée tout entière, composée d'anciens ivrognes repentants, renouvela séance tenante, sur l'autel de la tempérance, le serment de ne s'abreuver qu'au courant des fleuves et à la source des fontaines.

Au plus ardent de cette scène pathétique, un marchand de liqueurs vint à passer, monté librement sur un char orné de bouteilles et de feuillettes; un parfum d'alcool circulait dans l'air, la société de tempérance en tressaillit; le révérend père Matthew lui-même lorgna les tonneaux du coin de l'oeil avec un soupir mal étouffé; déjà quelques-uns des plus fragiles convertis se dirigeaient vers le camp ennemi en faisant mine de regarder les étoiles et en sifflant un air pour dissimuler la désertion. Mais tout à coup le père Matthew, reprenant ses esprits, tonna de plus belle; rappelés à la pudeur par cette voix de leur chef, les bataillons de buveurs d'eau se précipitèrent sur le liquoriste avec une fureur qui ne sentait pas le jeûne. Les feuillettes et les bouteilles, taillées en morceaux, rougirent le champ de bataille de leur sang çà et là répandu. Quant à ce mécréant de liquoriste, il reçut d'épouvantables gourmades, et le poing de John Bull le caressa furieusement. Sans l'intervention du constable, on l'aurait mis en pièces.--O tempérance! qu'aurait fait de pis l'intempérance?--Un imprimeur de Nyon, petite ville suisse, nous a expédié par la poste le spécimen d'un journal philosophique qu'il se propose de publier incessamment; ce journal sera intitulé: l'Harmonie. Voici comment le spécimen fait son entrée en campagne: «L'harmonie, c'est l'esprit, c'est l'âme de toutes choses, c'est la providence, c'est Dieu lui-même; le firmament est le cahier de musique des êtres harmoniques: les planètes et les étoiles en sont les notes. L'univers est un grand orgue de Barbarie ou une grande serinette qui joue sous les fenêtres du bon Dieu; mais il arrive trop souvent que l'instrument se dérange et détonne; nous nous sentons appelés à la haute mission de l'accorder. Nous osons aspirer à devenir les accordeurs de l'univers.--Notre journal sera la clef puissante qui doit rétablir l'ordre et la concordance entre les éléments constitutifs du monde. --Nous voulons que l'harmonie pénètre et anime tout ce qui vit. Dans notre système, les machines à vapeur, les moulins, les voilures, les portes mêmes, rendront des sons harmoniques et ne feront plus entendre ni grondement, ni claquement, ni craquement, ni froissement, ni roulement, ni grincement.--Nous voulons que les chiens au lieu d'aboyer, les chats au lieu de miauler, les ânes au lieu de braire, chantent agréablement avec accompagnement de guitare.» Qu'en dites-vous? voilà une terrible concurrence pour la Phalange et le Phalanstère.

Le spécimen, qui ne tient pas seulement à montrer de quel bois philosophique il se chauffe, donne ensuite des preuves de son savoir: il déclare que le mot harmonie vient du grec arnonia. Arnonia est évidemment du patois de Nyon, et non pas grec; c'est armonia qui est grec. La substitution du suisse au grec n'est pas encore admise par l'Académie.

--La vieillesse de M. de Talleyrand n'était pas entièrement occupée à méditer sur la balance politique de l'Europe et sur l'équilibre des monarchies; encore moins songeait-il au compte qu'il devait, tôt ou tard, rendre à Dieu comme évêque et comme chrétien. On dit qu'une de ses dernières lectures, une de ses lectures favorites, fut celle des Mémoires de Casanova. Ce livre curieux lui rappelait un monde où il avait vécu dans sa jeunesse. Chaque page ranimait pour lui les traits anéantis de ce passé hasardeux qu'il regrettait. M. de Moutrou, son alter ego, lui a entendu dire qu'aucun ouvrage ne lui avait donné une peinture plus fidèle de la société et des moeurs du dix-huitième siècle. Un jour qu'il exprimait cette opinion, madame de D*** lui représenta que ce livre n'était pas de ceux qu'on peut laisser lire à tout le monde. «Cela est vrai, répondit-il avec son sourire demi-abbé demi-païen: La mère en défendra la lecture à sa fille, mais le fils le permettra à son père.»

--Connaissez-vous M. Napoléon Landais?--Beaucoup Napoléon; M. Landais, pas du tout.--La Gazette de France a fait courir le bruit que M. Napoléon Landais était mort.--M. Landais, je n'en sais rien; Napoléon, j'en suis sûr.--Mais ne voilà-t-il pas que M. Napoléon Landais écrit à la Gazette qu'il n'est pas mort le moins du monde et se porte au contraire à ravir. On peut s'en assurer chez M. Napoléon Landais lui-même-, qui se fera un plaisir de se faire voir en bonne santé et de se tenir à la disposition des personnes qui ignoraient l'existence de M. Napoléon Landais, même de son vivant.--Eh! que me fait M. Landais? qu'il vive ou qu'il soit mort, si bon lui semble!--Niais que vous êtes! ne voyez-vous pas le fin mot de cette inhumation et de cette réclamation de l'inhumé? M. Napoléon Landais s'est jadis rendu coupable d'un dictionnaire français enterré depuis longtemps. Le billet de faire part de la mort de M. Landais est une réclame pour le dictionnaire: «Nous avons la douleur d'annoncer la fin prématurée; de M. Napoléon Landais, auteur du fameux Dictionnaire de la langue française...» Cela fait bien, cela excite l'intérêt; et ainsi, en tuant l'un, on a voulu ressusciter l'autre; mais le dictionnaire est plus tenace que l'auteur; il n'en reviendra pas.

--La querelle de MM. Alexandre Dum... et J. J. a encore quelque peu occupé les oisifs. Suivant les uns, M. J. J. a répondu aux témoins envoyés par M. Alexandre Dum...: «Je me battrais bien volontiers, mais ma femme ne veut pas!»

Suivant d'autres, il aurait dit: «Vous prétendez que je dois une réparation à M. Dum...; supposez que je lui doive vingt mille francs, et que je ne les aie pas dans ma poche, est-ce que je pourrais les lui rendre?»

D'autre part, M. Dum... agitait son tomahaw d'un air massacrant, cherchant partout, dit-on, quelque petit blanc de feuilletoniste pour le dévorer. Quelqu'un lui dit: «Mais, mon cher, si vous voulez tuer tous eux qui trouvent votre comédie mauvaise, vous referez la saint-Barthélémy.»

-On s'étonnait chez madame de C*** de ce que M. Alexandre Dum... avait choisi un duc de Guiche pour témoin.--Pourquoi pas en effet le duc Brunswick ou le duc d'Amcet-Bourgeois?

En définitive, l'affaire a été ce qu'elle devait être raisonnablement: les deux adversaires, blessés et enterrés l'un par la plume de l'autre, ont répandu des flots d'encre, et y ont lavé leur injure.