Histoire de la Semaine.

L'histoire de la semaine ne découvre à l'intérieur aucun fait de quelque importance. Dans les départements, les nouvellistes vivent sur les événements locaux; à Rouen, on va visiter les ruines qu'a faites un incendie considérable, qui, comme tous ceux qui éclatent dans cette ville aux rues étroites et aux maisons vermoulues, a menacé de réduire tout un quartier en cendres; à Saint-Etienne, on suit avec sollicitude l'enquête commencée sur un accident arrivé sur le chemin de fer et causé par une malveillance qui pouvait faire de nombreuses victimes. A Paris, on regarde le télégraphe se mouvoir et on lit avec curiosité les comptes-rendus des séances législatives de Madrid, d'Athènes et de Bruxelles, en attendant qu'on puisse assister à celles du palais Bourbon.

M. Nothomb, ministre de l'intérieur,
en Belgique.

A Bruxelles donc, dans la Chambre des Députés, la question des rapports commerciaux entre la France et la Belgique a été soulevée par M. Castiau, un des nouveaux députés du Hainaut. Il a fait ressortir ce qu'il y avait eu d'impolitique et d'injuste de gratifier l'Allemagne d'avantages dont la France avait payé assez chèrement la jouissance par les concessions qu'elle avait faites, pour qu'on ne les transportât pas à une autre nation sans compensation aucune, sans espoir même d'en obtenir, à titre purement gratuit et uniquement, en quelque sorte, pour donner à la France le droit d'accuser la diplomatie belge de déloyauté et de duplicité. Nous n'aggravons ni n'affaiblissons le reproche: nous reproduisons les termes mêmes dans lesquels il a été formulé. Le ministre de l'intérieur, M. Nothomb, a cherché à y répondre; mais ce ministre, dont nous ne contestons pas l'habileté, cet orateur dont nous reconnaissons le talent, n'est pas arrivé à justifier la mesure incriminée. Le dialogue qui s'est engagé entre M. Castiau et lui à la tribune a même prouvé que ce n'était pas la justesse du reproche que M. Nothomb espérait combattre avec succès, mais plutôt son opportunité. «Vos paroles sont imprudentes, a dit M. le ministre de l'intérieur. --Il n'y a jamais d'imprudence à dire la vérité.--Si fait,» a répliqué M. Nothomb, dont l'aveu est bon à enregistrer.

État actuel des bâtiments de la fabrique incendiée à
Rouen, le mardi 28 novembre.

A Madrid, l'intrigue se complique de plus en plus, et il est toujours difficile de bien comprendre les dépêches télégraphiques avant que les correspondances et les journaux en soient venus donner le commentaire. M. Gonzalès Bravo a rempli la mission que la reine lui avait confiée de composer un cabinet. Le général Mazarredo, le marquis de Pena-Florida, M. Mayans et M. Portillo ont été nommés ministres de la guerre, de l'intérieur, de la justice et de la marine. Tous sont à la dévotion du général Narvaez. Il n'a pas encore été disposé du portefeuille des finances. Le jury a fort bien senti que la lutte ne pouvait être entre un journal et M. Olozaga, et le Heraldo contre lequel l'ex-Ministre avait porté plainte le premier jour où la fable des violences qu'il avait exercées contre la reine fut mise un circulation, le Heraldo n'a pas été mis en accusation, parce que l'accusation a été reproduite partout et doit se juger ailleurs qu'en Cour d'assises. Les explications de M. Olozaga ont produit beaucoup d'impression sur la Chambre; aussi a-t-elle, pour l'élection des deux vice-présidents du congrès appelés à remplacer MM. Gonzalès Bravo et Mazarredo, devenus ministres, donné la majorité aux amis du ministre révoqué; MM. Madoz et Canica ont été nommés, le premier par 70 voix contre 75, le second par 77 voix contre 73. C'est après ces résultats de scrutin que le télégraphe nous a appris qu'une proposition de mise en accusation de M. Olozaga, présentée par sept députés, avait été prise en considération par 81 voix contre 66. Il y a dans ce déplacement apparent et brusque de la majorité quelque chose d'inexplicable avant que les termes de la proposition nous soient connus, et qu'on nous ait dit si nul progressiste n'a voulu on votant pour sa prise en considération, amener l'intrigue à l'épreuve d'un débat public. L'émotion populaire a été vive à Madrid, et des coups de feu ont été tirés par la troupe sur le peuple. Il nous paraît difficile de croire au bruit qu'on a fait courir à Paris des préparatifs de départ de la reine Christine pour l'Espagne. Personne ne doit être tenté d'y aller en ce moment. Puisse la crise actuelle ne pas nécessiter au contraire dans la Péninsule des émigrations nouvelles!

--A Athènes l'assemblée nationale se livre à la vérification des pouvoirs. Après cette opération, elle s'occupera de la Constitution. On entrevoit un germe de division. Une fraction extrême, mais en faible minorité, demande le système d'une Chambre unique. La majorité, à la vérité, est bien prononcée pour le système de deux Chambres; mais elle se subdivise elle-même en une fraction qui vont abandonner au roi la nomination des sénateurs et c'est la plus faible; une autre qui voudrait la réserver à la nation ou à la Chambre des Députés, et une troisième qui veut y faire participer tout à la fois, et pour moitié, le roi et la nation. Les ambassadeurs étrangers ont déclaré ne vouloir se mêler en rien des affaires intérieures.

--Le congrès des États-Unis a dû ouvrir sa session le 4 décembre. On dit que le président Tyler, voulant répondre par un coup d'État à certaines intrigues de l'Angleterre, aura proposé dans son message d'admettre le Texas dans l'Union américaine. Ce bruit a acquis une assez grande consistance. Toutefois, il règne depuis quelque temps une si grande incertitude dans toutes les nouvelles qui nous viennent d'Amérique, qu'il est prudent d'attendre des faits positifs. Il est constant du reste que le Texas, le territoire d'Orégon, l'esclavage, le tarif et le droit de visite paraissent devoir être longtemps encore des causes permanentes d'hostilité entre les deux nations.--La Gazette des Postes de Francfort nous a appris par sa correspondance ce Saint-Pétersbourg que, dans les premiers jours de septembre, un combat sanglant a eu lieu entre les Avares et les troupes russes. Les Avares habitent la partie septentrionale du Lesgnistan. Ils avaient attaqué un village ami. Le colonel Weselowski se rendit immédiatement sur les lieux; mais l'ennemi comptait de huit à dix mille hommes. Les Russes étaient inférieurs en nombre; cependant ils se battirent avec courage. Ils ont perdu mille hommes; on croit même que le colonel est resté sur le champ de bataille. La Gazette d'Augsbourg parle également d'un rude échec que les Russes auraient éprouvé dans le Daghestan, où une division russe aurait été attaquée à l'improviste et mise un déroute par les montagnards circassiens.--A la Nouvelle-Zélande des collisions sanglantes ont eu lieu entre les Anglais et les naturels de Cloudy-Bay. Des nouvelles récentes annoncent que la plupart des principaux résidents anglais ont trouvé la mort dans les combats successifs qu'ils ont eus à soutenir contre les insulaires.--A la Havane a éclaté également une révolte d'un certain nombre de nègres. Des lanciers espagnols et des colons ont marché contre eux. Les révoltés ont eu une cinquantaine de morts; on leur a fait soixante-sept prisonniers; le reste a pris la fuite. Ces soulèvements deviennent de plus en plus fréquents, et demandent qu'on y réfléchisse. Beaucoup de lettres on été publiées cette semaine à l'occasion du séjour à Londres de M. le duc de Bordeaux et de ses réceptions. On a vu paraître les épîtres de ceux qui croyaient avoir à expliquer pourquoi ils avaient tardé à s'y rendre, et de ceux qui ne s'y rendent pas du tout. Ou a lu aussi une lettre du prince, portant pour suscription à M. de Chateaubriand mais qui, bien plus probablement, était adressée à la France. C'est toutefois Chateaubriand qui y a répondu, et, comme toujours, il a parlé de son pays en homme qui a concouru à sa gloire, et de la liberté en écrivain qui a su parfois la servir. Cette correspondance demeurera comme document historique. On annonce du reste que le ministère anglais aurait fait signifier à M. le duc de Bordeaux l'ordre de quitter l'Angleterre. N'oublions pas une lettre adressée par l'organe du Sun aux partisans du duc de Bordeaux, et renfermant un défi en forme que leur adresse M. le comte Grignan de Labarre. «Vous croyez, leur dit-il, rendre hommage au toi de France dans la personne du petit-fils de Charles X; eh bien! vous êtes dans l'erreur. Le fils de l'infortuné Louis XVI est vivant, il est maintenant en prison pour dettes: c'est M. le duc de Normandie, expulsé de France au moment où il allait démontrer ses droits, reconnus par le duc de Berri lui-même au moment de sa mort.» En conséquence M. le comte de Grignan de Labarre propose aux chefs de la noblesse française réunis en ce moment à Londres de se former en cour d'enquête sous la présidence de M. le duc de Bordeaux, afin de résoudre la question depuis si longtemps pendante de l'existence du dauphin de France, «S'il ne s'agît, dit-il, que d'une imposture grossière, comme on a osé le soutenir, elle sera solennellement confondue. Si le duc de Normandie est réellement ce qu'il prétend être, le duc de Bordeaux est trop loyal pour ne pas rendre lui-même hommage à son souverain légitime.» Le défi, comme on le voit, est nettement posé; mais nous n'avons pas appris encore qu'il ait été accepté. Un certain nombre de lecteurs anglais paraissent cependant l'avoir pris au sérieux.--Cela a fait presque autant de bruit à Londres qu'une explosion qui a eu lieu dans le quartier de Clerkenwell, par suite de fuites survenues à des conduits de gaz traversant un égout. Au dire du Times, plus du quarante maisons auraient sérieusement souffert; des façades entières auraient été ébranlées, des marchandises, des meubles déplacés, brisés et jetés çà et là; d'énormes grilles de fer lancées à plus du trente mètres; des pavés, des dalles en quelque sorte déracinés et projetés au loin à des distances considérables; mais, parmi bonheur providentiel, personne n'a péri au milieu de ce désastre, qui un instant a pu faire croire à une secousse volcanique. L'enquête faite à ce sujet établit que l'explosion a eu lieu dans un grand égout commun, et qu'elle a été déterminée par un morceau de papier allumé qu'un fumeur avait laissé tomber par la grille de l'égout.

O'Connell a obtenu, ce qui était si important pour lui, de n'être jugé que par le jury de 1844, dont la liste est dressée sous l'active surveillance des repealers. En attendant le jour de sa comparution, il est allé présider à Limerick un grand banquet en l'honneur de M. O'Brien, qui s'est rallié à la cause du rappel. Le libérateur a déclaré

M. Tyrrell, coaccusé d'O'Connell,
décédé.
qu'on lui avait offert de renoncer aux poursuites ou de ne pas faire exécuter la condamnation qui pourrait être prononcée, s'il voulait abandonner le rappel. «Ai-je besoin de dire, s'est-il écrié, que j'ai repoussé cette proposition? Non, non, tant qu'il me restera un souffle de vie, je ne transigerai pas sur la cause du repeal. Tant que je vivrai, je soutiendrai que l'Irlande a le droit d'avoir son Parlement; et si l'on me jette en prison, eh bien! j'aurai encore ma plume pour communiquer mes pensées à mes concitoyens..... Malgré l'intervention et les préventions officielles, la paix subsiste; la paix donc, voilà mon ordre! la paix, voilà ma prière! la paix toujours, et l'Irlande sera libre.»--La mort vient de frapper un des coïnculpés du grand agitateur. Le révérend M. Tyrrell, prêtre de l'Église catholique d'Irlande, renvoyé, ainsi qu'O'Connell, devant le jury, a été enlevé à ses paroissiens et à ses juges. C'était un nomme qu'entourait l'estime publique, et dont la présence dans l'association avait dû attirer bon nombre d'adhésions. Son portrait est donné par plusieurs feuilles anglaises d'après lesquelles nous le reproduisons.

On a dressé l'état civil des souverains de l'Europe et fixé l'âge qu'ils auront au 1er janvier prochain. Le roi de Suède aura 80 ans; le pape, 78 ans, le roi des Français, 70 ans; le roi de Wurtemberg, 62 ans; le roi de Bavière, 57 ans; le roi de Danemark, 57 ans; le roi des Belges, 51 ans; l'empereur d'Autriche, 50 ans; le roi de Prusse, 50 ans; l'empereur de Russie, 47 ans; le roi de Saxe, 16 ans; le roi de Sardaigne, 15 ans; le roi de Naples, 31 ans; le roi des Grecs, 26 ans; la reine de Portugal, 25 ans; la reine d'Angleterre, 21 ans; le sultan. 20 ans; enfin Isabelle d'Espagne, 13 ans.--Les reliques de Charlemagne, qui comptent à peu près autant de siècles que l'innocente Isabelle a d'années, et que nous avions dit avoir été égarées et retrouvées dans la cathédrale d'Aix-la-Chapelle, donnent lieu aujourd'hui à une réclamation rectificative qui n'est pas sans intérêt. Suivant cette, version nouvelle, ces reliques n'ont jamais été égarées dans la basilique, qui les honore comme celles d'un fondateur et d'un saint. On a toujours su qu'elles étaient conservées dans la grande châsse d'argent doré qui a été évidemment faite pour les recevoir, et que la tradition attribue, sans que l'archéologie s'y oppose, à Frédéric Barberousse, le grand admirateur de Charlemagne et le grand bienfaiteur de sa basilique. Il ne s'agissait donc nullement de trouver l'auguste dépouille, mais de constater son état et d'étudier sur toutes ses faces le monument qui la protégeait, admirable morceau d'orfèvrerie romane couvert de bas-reliefs, de gravures, d'émaux et d'inscriptions dont une partie reste habituellement cachée contre la muraille. M. Arthur Martin, l'auteur, avec M. Cabier, de la Monographie de Bourges, se proposant de faire connaître par une nouvelle publication le trésor d'Aix-la-Chapelle, obtint sans peine de la bienveillance du chapitre la faveur insigne de faire descendre la pesante châsse du lieu élevé on elle était placée, et le privilège plus grand encore de la faire ouvrir. Il fallut quelques heures de recherches pour découvrir, pour trouver le système de sa construction: on reconnut enfin les joints des portes sous les plaques de métal qui couvrent les versants du toit, et l'on n'eut plus que quelques clous à enlever pour découvrir l'intérieur. Il ne renfermait qu'un seul corps, bien que, d'après la tradition et les historiens du quinzième siècle, Frédéric eût enseveli les reliques de saint Léopard avec celles de Charlemagne. Le squelette était à peu près entier, et les ossements qui manquaient étaient précisément ceux une l'on vénère à part depuis plusieurs siècles dans la même église. On sait en effet que le chapitre et la ville d'Aix-la-Chapelle ont toujours été tellement jaloux de leur possession, qu'ils en ont refusé des parcelles et à des rois de France et à des empereurs. Ces ossements supposent une stature élevée: la fémur est de 52 centimètres.--Auprès des ossements se trouvaient une feuille de parchemin et deux riches étoffes. A la vue du parchemin, l'on avait espéré rencontrer quelque précieux document historique; mais cette pièce n'était datée que de la fin du quinzième siècle, et constatait seulement que les os de l'avant-bras avait été extrait de la châsse par le chapitre pour être offert à la vénération publique dans un bras d'argent doré donné par Louis XI. L'une des étoffes, tissue en soie, semblait appartenir au quinzième siècle; l'autre, de soie et de fil, présentait dans toute sa pompe l'ornementation du douzième. Un circonstance de grand intérêt pour l'archéologie fut la découverte, sur cette dernière étoffe, d'une inscription grecque faisant partie du tissu. Ou a su par là que ce magnifique travail, que l'on eut pu croire un produit de la fusion du byzantin, du latin et de l'arabe, qui s'opérait en Sicile et dans la grande Grèce à la fin du douzième siècle, provenait directement des manufactures impériales de Constantinople. Les deux étoffes, après avoir été calquées, ont de nouveau recouvert la dépouille du grand homme; un nouveau procès-verbal a été déposé à côté de celui du quinzième siècle, et la châsse, refermée, a repris sa place accoutumée sur le haut rayon où les innombrables visiteurs du trésor devront, comme auparavant, se contenter d'entrevoir une partie de ses merveilles.--Nous avions promis de faire connaître le jugement qui serait définitivement porté sur le cœur trouvé à la Sainte-Chapelle. Mais la discussion s'est, cette semaine, continuée entre M. Taylor et M. Letronne, l'un plaidant pour saint Louis, l'autre contre, et elle ne paraît pas toucher encore à sa conclusion.--On a placé au Louvre, au milieu de la salle dite de Henri IV, contenant les agates, les émaux, les vases précieux, etc., sur un piédestal en marbre vert, un grand bassin entièrement couvert de ciselures représentant une multitude de sujets et timbré aux armes fleurdelisées. C'est le bassin qui était à la Sainte-Chapelle de Vincennes, et qui a servi aux baptêmes de Philippe Auguste et du comte de Paris.--De glorieux restes encore plus dignes de nos respects, ce sont les vieux soldats qui forment l'effectif du l'hôtel royal des Invalides. On vient de publier un état de ces braves dans lequel on trouve 11 chevaliers de Saint-Louis, 208 membres de la Légion-d'Honneur, 10 militaires privés des deux jambes, 5 de deux bras, 180 aveugles, 365 privés d'une jambe, 255 d'un bras, 151 affligés de blessures diverses. Il y a dans le nombre 667 vieillards âgés de plus de soixante-dix ans.

Les journaux allemands ont eu cette semaine une annonce qui a obtenu un grand succès et une large publicité. Ils nous ont appris qu'un souper à la viande de cheval, qui a eu lieu le 17 novembre à Koenigbade, près de Stuttgard, avait réuni plus de cent cinquante personnes de toutes les conditions de la ville et des environs. Le service consistait en potage au riz, en viande salée et en cheval à la mode. Tous les convives oui été d'accord sur ce point, que la viande était non seulement tendre et d'un goût agréable, mais qu'on ne pouvait la distinguer du bœuf, et que la soupe au bouillon de cheval était agréable et sans aucun goût particulier. Ce qui prouve que le préjugé contre ces mets était très-faible et qu'il a disparu promptement, c'est que tous les plats n'ont pas tardé à être consommés, et qu'il a fallu en préparer d'autres pour les convives retardataires. On a aussi exprimé le désir de se réunir prochainement pour un autre repas du même genre.--De leur côté, tous les journaux de Paris ont reçu, avec invitation de l'insérer, la note suivante: «Un ancien officier, qui a été sept fois maire d'une grande commune, se trouvant, à défaut de fortune, dans l'impossibilité de tirer parti d'un immeuble qui, dans d'autres mains, pourrait être l'origine d'une fortune colossale, désirerait aliéner les belles ruines de l'antique château de la Perrière, situé sur la rive gauche de la rivière de Bram, dans la commune d'Oradour-Saint-Genest, à dix kilomètres de la ville du Dorat, arrondissement de Bellac. Au seizème siècle, sous le règne de François Ier, et du temps du chevalier Bayard, ce château, d'après la tradition, appartenait au connétable de Bourbon, comte de la Marche, qui y faisait battre monnaie. Il y a, assure-t-on, à la suite des caves, de vastes souterrains dans lesquels le prince avait déposé d'immenses trésors; on porte sans y comprendre les objets d'art et d'antiquité, à plus de quatre-vingt millions les valeurs contenues dans des tonnes qui furent aperçues, par un effet du hasard, il y a environ cent vingt-cinq ans, à travers une énorme grille de fer, laquelle ne put être enlevée, parce que la mauvaise qualité de l'air empêcha de conserver la lumière; ce qui fit dire aux crédules villageois qui se trouvaient là: «que le diable s'était emparé du trésor, et qu'il fallait y renoncer.» Tout cela est raconté journellement par les vieux habitants du voisinage qui l'avaient entendu dire à leurs pères.--Actuellement les fouilles et les recherches pourraient être faites avantageusement par une société ou un homme riche.--Le propriétaire, n'étant pas en position d'en faire les frais, offre de vendre le fonds moyennant cinquante mille francs et la centième partie de ce qui aura été trouvé. S'adresser, franco, à Me Lesterpt, notaire à Darnac (Haute-Vienne). MM. les directeurs des journaux, de toutes les opinions, sont priés de vouloir bien reproduire, gratuitement, l'article ci-dessus, et lui donner la plus grande publicité. Ceux qui auront cette obligeance feront une bonne œuvre, car il est de l'intérêt public que des capitaux considérables ne demeurent pas plus longtemps enfouis.» C'est donc une bonne œuvre que nous venons de faire, et qui nous donne au prix Monthyon des droits sans partage, les journalistes quotidiens ayant probablement voulu faire leur profit particulier d'un avis aussi important.

M. Feuillet, membre libre de l'Académie des Sciences morales et publiques, et conservateur de la Bibliothèque de l'Institut, vient de mourir à l'âge de soixante-quinze ans. C'était un homme d'une instruction étendue, qui s'était concilié l'affection et l'estime de tous les savants, avec lesquels il était depuis si longtemps en rapports quotidiens.--Nous avons lu dans plusieurs feuilles qu'un neveu de Lavoisier, une des gloires de la France, venait de mourir à Bicètre. On ne nous a pas dit s'il fallait le reprocher au pays, et si c'était un injuste abandon qui avait fait franchir à ce malheureux la porte de ce triste séjour.

L'album et le keepsake triomphent; le renouvellement de l'année est la saison de leurs victoires et conquêtes. Dans quinze jours, le boudoir et le salon étaleront leur récolte de keepsakes et d'albums pour 1844 négligemment abandonnés sur le marbre de la cheminée, sur la table de palissandre, sur l'acajou, sur le velours: agréables refuges pour le désœuvrement de la soirée, jouets brillants qui empêchent la satiété et l'ennui; les charmantes fantaisies de Grandville et de Tony Jobannot, les douces romances de Loïsa Puget et de Labarre sont d'un merveilleux secours pour rompre la monotonie d'un long tête-à-tête, ou ranimer une conversation qui se meurt d'inanition.--Vous êtes à bout de paroles, vous vous sentez la bouche sèche et le cerveau malade; cette crise de nerfs qui s'appelle un bâillement vous saisit à la mâchoire et à la gorge; que devenir et que faire? Si vous restez court, vous passez pour un sot, et pour un manant si vous cédez à la crise nerveuse: l'album et le keepsake viennent heureusement à votre aide et vous sauvent de ce double affront. Oh! quel charmant livre! dites-vous en vous levant; quel délicieux recueil de romances! Et vous allez droit au bienheureux spécifique; tandis que vous en parcourez les pages une à une, vous reprenez haleine, la salive vous revient, et, si peu que vous soyez un bâilleur exercé vous glissez adroitement votre bâillement entre deux feuillets.--Il ne faut donc pas s'étonner du grand nombre de keepsakes et d'albums que le 1er de l'an consomme; l'étrenne, comme on voit, en est utile et agréable.--A tout commencement d'année, on doit s'attendre à être visité, pendant douze mois, par une quantité d'ennuyés, d'ennuyeux et de niais; il est sage de se précautionner et de faire ses provisions: l'album distrait ces gens-là, et le keepsake leur donne une contenance.

L'occasion est bonne: je pourrais vous recommander des albums et des keepsakes par douzaines; il en pleut de toutes les couleurs, tous plus ou moins satinés, veloutés, illustrés et dorés sur tranche; mais dans cette multitude, j'ai une préférence que je vais vous confier ingénument; de tous ces albums, c'est l'album de Frédéric Bérat que j'aime le mieux; ma première raison, c'est que Frédéric Bérat est mon ami; vous me pourriez dispenser d'en donner une autre, mais je suis homme de conscience: si Frédéric Bérat n'était qu'un bon compagnon, je le darderais pour moi seul; mais vraiment il a du goût, de l'esprit, du cœur, et je suis assez généreux pour vous en faire part. Prenez donc le nouvel album de Bérat, prenez-le, croyez-moi: vous y trouverez tout ce que je vous annonce là, de tendres mélodies, des chants naïfs et spirituels. Frédéric Bérat n'est pas de ces gens qui font grand étalage d'une science souvent stérile; il chante avec ses émotions, et aussi émeut-il souvent ou fait-il sourire. Poète et compositeur tout à la fois, Bérat écrit la rime et la note de la même plume; de tous ses gracieux enfants, lui seul est le père, musique et paroles.--Mais quelle simplicité de vous parler ainsi de Frédéric Bérat! comme si vous ne connaissiez pas mieux que moi l'auteur de la douce romance: Je vais revoir ma Normandie! qu'on a tant chantée et que vous chantez peut-être encore au moment où je vous parle. Heureux Bérat! qui se recommande si bien lui-même!

Nous représentons, page 211, des demoiselles qui ne se contenteraient certainement pas d'une romance de Bérat pour leurs épaves du jour de l'an: ce sont ces demoiselles de l'Opéra, surtout ces demoiselles de la danse, espèce médiocrement bucolique de sa nature, et fort peu disposée à regretter le lait pur, le simple galoubet et les pâturages de sa Normandie. Le cachemire, entre nous, le divan aux moelleux coussins, et le Champagne glacé, leur semblent d'une qualité préférable. Amaryllis et Tityre n'ont pas élu domicile dans les coulisses de l'Académie royale de Musique, et ne font pas encore partie du corps des ballets.

Que viendraient-ils chercher, je vous le demande, l'un avec sa blanche brebis, l'autre avec sa flûte champêtre, au milieu de ces jambes légères et de ces cœurs fragiles? Figurez-vous Mélibée entrant au foyer de la danse, dans ce foyer tout plein de sourires faciles, de regards indulgents, de pieds mutins et de mains étourdies, dans ce damné foyer que vous avez là sous les yeux.

La toile vient de se baisser; nous sommes au moment de l'entr'acte. C'est l'heure où le lion se met en chasse; s'élançant de l'orchestre et de l'avant-scène dans les coulisses, il y rôde un instant, flaire à droite et à gauche, et gagne le loyer de la danse; le foyer de la danse est son antre préféré. Là, le lion secoue fièrement sa crinière, aiguise ses griffes, se met en arrêt et attend sa proie.

En ce moment le lion, ainsi que vous le pouvez voir, est dans son quart d'heure de repos et d'humanité; il ne mord pas, il roucoule comme s'il était une modeste colombe.--Sur le premier plan, vous voyez un lion d'un âge mûr, dans l'altitude mélancolique du bipède qui se sent devenir vieux; plus loin, trois lionceaux debout, se confondant en douceurs et en politesses pour une des gazelles de l'endroit; ce sont des lions à peine émancipés, des lions à leur premier coup de dent, si j'en crois leur mine respectueuse et guindée; la gazelle s'en aperçoit et les écoute d'un air légèrement maussade; la gazelle n'aime pas les lions conscrits. Parlez-moi du lion qui est là-bas, assis négligemment sur un canapé, les pattes croisées; celui-là est un beau jeune lion rompu aux armes; j'en atteste cet air penché, ce sourire satisfait et victorieux. Cependant, au fond de l'autre, lion et gazelles se cherchent et se confondent; c'est un bruit mêlé de rugissements et de soupirs. Les propos y sont lestes comme cette péri, cette sylphide ou cette wili au jupon court qui s'élance, bondit, et provoque le parquet de son pied agaçant... mais, hélas! le foyer des danseuses a beaucoup dégénéré depuis que le prince russe y est devenu rare, et que l'ambassadeur a fait place au commis banquier et au maître clerc!

Passons de l'entrechat au poignard, de Terpsychore à Melpomène (vieux style). Or, Melpomène est un peu consolée; après six semaines d'abandon, elle a retrouvé sa chère Rachel, son trésor, son orgueil. Qu'étiez-vous devenue, ô Roxane? Pourquoi nous délaisser, Hermione? Sans vous, Camille, que faire? Chimène, si vous nous quittez ainsi, que dira Rodrigue?

N'accusez ni Roxane, ni Hermione, ni Camille, ni Chimène de désertion et d'infidélité; le mal les avait vaincues. Au lieu du diadème d'or et du manteau de pourpre, ces belles reines, ces princesses passionnées avaient pris la camisole et le bonnet de malade; Curiace et Bajazet, Rodrigue et Pyrrhus ne les visitaient plus que sous un habit de médecin. Adieu, jalousies et tendres fureurs! adieu, rimes brûlantes! Phèdre, voyons votre pouls! Eryphile, suivez cette ordonnance! qu'on apprête cette tisane pour Esther!

Mais enfin voici mademoiselle Rachel debout, grâce au ciel! Après cette longue maladie, il était prudent de ne pas se jeter, pour premier essai, dans l'emportement des ardeurs tragiques; ainsi mademoiselle Rachel a commencé par la douce et simple Monime: Phèdre, Roxane, Hermione, exigent toute la vigueur d'un talent plein de santé; Monime convient à une convalescente: c'est la continuation d'un régime adoucissant.

Elle s'est donc montrée un peu pâle encore, un peu chancelante; on a pu entrevoir les traces de la souffrance au milieu même des plus heureux élans de son inspiration; le parterre s'est ému de cette pâleur et de cette faiblesse de Monime; que pouvait-il faire? Lui administrer le seul spécifique qu'il possède, les vivât, et les applaudissements, et il ne s'en est point montré avare. Mademoiselle Rachel aura bientôt recouvré la force et la santé, si toutefois les bravos sont un remède souverain.

A peine est-elle revenue, que les poètes se tournent vers elle comme vers leur unique espoir et leur refuge; plus d'un frappe à sa porte, une tragédie à la main: mademoiselle Rachel leur sourit et les accueille, mais elle, n'a encore choisi personne; les tragédies infortunées attendent sur le seuil qu'elle dise à l'une ou l'autre: «C'est toi que je préfère!» Cependant, le bruit court que la jeune souveraine commence à ressentir une curiosité et un penchant secret pour une certaine Catherine II, que le comité du Théâtre-Français vient de recevoir avec tous les honneurs dus à une impératrice de toutes les Russies, et à une telle, impératrice. L'auteur est M. Romand, à qui la scène française doit déjà un drame plein d'imagination et d'intérêt, le Bourgeois de Gand; le talent du poète et le nom de l'héroïne expliquent aisément le désir qu'éprouve, dit-on, mademoiselle Rache! de se mesurer avec Catherine et l'empire russe. Aux grands talents, les hautes entreprises!

On avait annoncé que les Bâtons Flottants ne se hasarderaient pas sur l'océan du parterre. L'auteur, blessé de l'indiscrétion qui avait prématurément livré son nom au vent et à l'orage, avait fièrement retiré ses Bâtons, voilà du moins ce qu'on racontait; mais M. Liadières a démenti ce bruit par une lettre catégorique. Les Bâtons ne sont pas retirés, ils ne sont qu'ajournés; M. Liadières attend que la grande rumeur qui s'est faite à propos de... bâtons soit un peu apaisée; il désire que sa comédie fasse son entrée en public avec modestie et en temps utile. Ces éloges prématurés, cette admiration imprudemment proclamée, ont inquiété M. Liadières; il veut donner à sa comédie le temps de faire oublier, par quelques mois d'abstinence et de retraite, cette ovation de prôneurs, qui pourraient bien, à l'heure qu'il est, compromettre le succès réel, celui que M. Liadières compte demander définitivement au public, son juge naturel. Jusque-là les Bâtons de M. Liadières continueront à flotter entre l'arrêt admiratif du comité de lecture et l'arrêt que tôt ou tard le parterre doit rendre.

A défaut de M. Liadières, on nous donnera M. Bayard et son Ménage parisien; M. Bayard n'était connu jusqu'ici que par une veine féconde de vaudevilliste; le théâtre du Palais-Royal et le Gymnase attestent, depuis vingt ans, que si M. Scribe pouvait avoir un rival, c'est dans M. Bayard qu'il le trouverait; mais on se lasse de tout: l'auteur du Gamin de Paris s'est donc lassé de moduler depuis si longtemps le même air sur ses légers pipeaux. Paulo majora canamus, s'est-il écrié un matin en s'éveillant; et quelques mois après, il offrait à MM. les comédiens du roi une comédie en cinq actes et en vers, ni plus ni moins, le Ménage parisien! Avant un mois, nous saurons si M. Bayard a fait sagement de quitter pour la comédie le vaudeville, ses premières et longues amours, et si ce divorce a produit un bon ménage.

Les pèlerins de Belgrave-square sont définitivement revenus au bercail; les dernières nouvelles d'Angleterre annoncent que M. le duc de Bordeaux lui-même ne tardera pas à quitter Londres; M. Berner a donné le signal de la rentrée en France, puis, après M. Berryer, M. de Chateaubriand; les autres devaient naturellement suivre ces deux noms fameux, pour le retour comme au départ. Parmi les revenants, on cite M. le marquis de P....., qui passe pour un des fidèles de la petite cour de Belgrave-square; cependant il ne faudrait pas trop s'y fier. M. le marquis, si l'on en croit les langues indiscrètes, ressemble à la chauve-souris de la fable, oiseau ou souris, suivant les circonstances, tenant pour le roi ou la ligue. Voici un trait à l'appui de cette ressemblance.

On raconte qu'en effet M. le marquis s'est rendu à Londres il y a quelque temps; à peine arrivé, il sollicita la faveur d'être présenté à M. le duc de Bordeaux; son désir fut bientôt satisfait: dès le lendemain, M. le marquis eut l'honneur de saluer le prince et de lui offrir son dévouement et sa fidélité. Jusque-là, rien de mieux; mais nous n'avons vu que la souris; voici l'oiseau qui déploie ses ailes.

En sortant de Belgrave-square M. le marquis s'inscrivit à l'hôtel de M. le comte de Saint-Aulaire, ambassadeur de S. M. Louis-Philippe. Le lendemain, il rendit visite à Son Excellence, et la pria de vouloir bien le présenter à M. le duc de Nemours, alors en Angleterre. M. de Saint-Aulaire, assure-t-on, exprima au marquis son étonnement de le voir aller ainsi le même jour de la branche aînée à la branche cadette. Le marquis répondit ingénument qu'il croyait prudent de se préparer à tout événement; M. le marquis de P.... est de l'espèce de ces oiseaux sauteurs qui voltigent de branche en branche.

Au besoin il remplirait l'emploi d'acropédestre au profit de M. de Bordeaux ou de M. de Nemours, selon la couleur du ciel blanc ou tricolore; mais je doute, tout souple et tout agile qu'il est, que notre marquis pût en remontrer à l'acropédestre dont je vous offre ici l'image dessinée d'après nature; le modèle fait ses merveilleux exercices au Cirque-Olympique.

L'Acropédestre.

Jusqu'ici on a cru que les pieds étaient faits pour marcher, et pas pour autre chose; erreur! Les pieds sont destinés à jouer à la balle, au bilboquet et autres fantaisies. M. Ducornet avait déjà attaqué les mains dans leur amour-propre et dans leur position sociale, en peignant avec son pied. Chaque salon nous offre tableau du pied de M. Ducornet. M. Richard, l'acropédestre, ne fera pas moins de tort à la réputation des mains que M. Ducornet. Quand on a vu M. Richard, on prend ses mains et ses bras en pitié, et l'on se dit: «A quoi cela sert-il?»

M. Richard se couche sur un canapé, les jambes en l'air; après quoi, il prend dans ses pieds un long balancier d'une pesanteur de quarante livres. Vous avez vu des jongleurs indiens faisant pirouetter avec leurs mains de petits bâtons blancs autour de leur tête; avec leurs mains? la belle affaire! c'est avec ses pieds que M. Richard fait aller et venir son pesant balancier, comme une plume légère; il tourne, il glisse, il s'envole, il retombe; il voltige dans tous les sens, il exécute mille évolutions capricieuses; puis, tout à coup, l'acropédestre, le retenant dans la paume de son talon, lui imprime un mouvement de rotation prodigieux; le plus habile bâtonniste n'en ferait pas autant avec ses mains; cela n'empêche pas M. Richard de marcher sur ses pieds une minute après, comme vous et moi; d'où il est tout simple de conclure que les mains sont une superfluité, et qu'on ferait bien de les supprimer à l'avenir. Quelle économie de paires de gants.

Foyer de la danse, à l'Opéra.

Madame de B... est revenue de son voyage d'Italie; elle a passé six mois à Florence; la fashion parisienne est ravie du retour de madame de B..., et la fashion a raison: madame de B... est une des plus jolies et des plus spirituelles femmes de Paris. Aussi son salon est-il des plus recherchés; on se dispute le plaisir d'y être admis; c'est à qui pourra y entrer; et une fois entré, on a de la peine à sortir: madame de B... est si aimable! Elle aime tout le monde, y compris elle-même; il est si naturel de commencer par soi! Un jour, madame de B... se mirait dans sa psyché avec une complaisance toute affectueuse; quelqu'un qui s'était glissé là, sans en être vu, l'entendit s'écrier; «Ma foi, je m'épouserais volontiers!»

Il y a eu, l'autre jour, un magnifique dîner chez M. Salvi, ténor du Théâtre-Italien; la littérature et les arts s'y sont mesurés la fourchette à la main; le dîner a eu la durée d'un opéra en cinq actes; les duos de champagne, les quatuors de truffes, les chœurs de romance et de johannisberg se sont succédé dans un accord partait; Meyer-Beer et Donizetti, placés face à face, conduisaient l'orchestre.