Modes.--Bijouterie.
Les armoiries ont reparu depuis quelque temps sur les panneaux de voiture et sur les cartes de visite. On aime les titres, tout en ayant l'air de les dédaigner, et le peuple le plus frivole de la terre partage cette faiblesse avec d'autres nations et même avec les plus sérieuses du monde, les Américains! Ces derniers n'ont pas de titres, mais, entendez-les, ils pourraient tous en avoir; leur grand-père, aïeul, était comte, baron, etc.
On aime les titres, on s'en fait gloire, et maintenant on s'en pare plus que jamais. Les femmes de l'aristocratie ne pouvant avoir des robes de velours, de gaze ou de satin, faites d'une manière qui établisse ligne ligne de démarcation entre elles et les bourgeoises, se font faire des bijoux, que nous nommerons armories.
Ainsi ce peigne, d'un travail élégant, est armorié de deux écussons accolés; il réunit deux noblesses: c'est un peigne de mariage.
Dans un bal, lorsqu'on verra ce bracelet au bras d'une dame, on saura du suite quel litre donner à la femme qui le porte, car la couronne de baron s'y montre, malgré toutes les coquetteries dont l'orfèvre a brodé le thème.
Ici, c'est un lion passant; il est entouré de petits détails d'un joli travail. Nous supposons, par la grande simplicité de cette épingle, que la pensée de la maison Morel, de laquelle sortent tous ces charmants bijoux, a été d'y attacher à volonté des ornements qui garnissent le devant du corsage.
La couronne de marquis, plus élégante de forme que celle de baron, offrait un champ plus vaste aux ornements; aussi nous n'hésiterons pas à proclamer ce bracelet supérieur en tous points.
Le porte-cigare est devenu indispensable: il remplace la bonbonnière de nos grands-pères. Est-ce un tort? Je dirai oui, car la bonbonnière prouvait des habitudes de société et des mœurs élégantes, et le cigare prouve le contraire.
Nous serons plus indulgents pour la tête de cravache, parce que nous n'avons pas à ce sujet de comparaison fielleuse à faire. En tous temps, il y a eu des Nemrods de bonne compagnie et de brillants cavaliers. Cette tête de cravache nous montre qu'aujourd'hui le luxe des détails n'est point négligé; la tête de chien qui la termine est la vraie armoirie du chasseur.
Nous finirons en faisant remarquer la grande simplicité de l'épingle, ce qui nous semble de fort bon goût et en parfaite harmonie avec les costumes de notre époque.
Bijouterie.--Epingles, Porte-Cigare et Cravache.
Caricature.--Un garde national contrarié.