Histoire de la Semaine.
Portrait du vice-amiral
Lalande.
Nous avons, la semaine dernière, annoncé la publication de la Note de M. le prince de Joinville sur l'état des forces navales de la France. Ce n'était, il y a huit jours, qu'un document remarquable, plein de reproches fondés et surtout de conseils utiles; aujourd'hui cet écrit est devenu un événement par l'émoi qu'en a ressenti le cabinet; la colère qu'ont témoignés nos feuilles étrangères les mieux disposées d'ordinaire pour les ministres, et par la leçon que des journaux français qui reçoivent leurs confidences les plus intimes ont été chargés de faire au jeune amiral. Le Morning Chronicle ne trouve pas plus de «sagesse que de dignité et de noblesse dans cette brochure de boucanier.» L'Observateur de Bruxelles y cherche vainement «l'acte d'un bon citoyen et n'y voit qu'une démarche propre à jeter une espèce de froideur entre le prince de Joinville et ses frères, et à mécontenter le duc de Nemours, qui a horreur de la publicité, que son frère vient de rechercher avec autant d'éclat que de succès.» La presse ministérielle française, dans ses reproches, brave un peu moins l'honnêteté, mais néanmoins il est facile de voir que, sans sa dignité de prince, le jeune marin eût été traité comme le caporal Bach. Il a dû se rendre au château de Compiègne.
Presque au même moment où paraissait cette brochure qui renferme un éloge si fier, si national, si senti de l'escadre que la France avait en 1840 dans la Méditerranée, des matelots exercés qui la montaient, de leur chef habile et actif, à ce même moment, en quelque sorte, la mort enlevait ce regrettable amiral, la tombe se refermait sur ses restes, et la marine française avait à ajouter sur ses tables funéraires chargées, depuis quelques années, de noms si glorieux et si prématurément inscrits, aux noms de l'habile de Rigny, de l'intrépide Gallois, du savant Dumont d'Urville, le nom de Lalande.
Il était né au Mans le 13 janvier 1787. A seize ans à peine, en 1803, il entra dans la marine en qualité de mousse. La rupture de la paix d'Amiens recommençait pour la France la lutte maritime soutenue depuis près d'un siècle et demi, en même temps que nous avions à lutter sur les champs de bataille contre l'Europe continentale. Le jeune marin se fit promptement remarquer, obtint des grades par ses bons services, et se vit toujours confier des postes et des missions supérieurs à ses grades.
Parvenu à celui d'enseigne de vaisseau, il se distingua dans le combat acharné à la suite duquel les frégates l'Italienne, la Calypso et la Cybèle, capitaines Jurien, Jacob et Cocault, attaqués le 24 février 1809 dans la rade des Sables-d'Olonne, forcèrent à la retraite une division anglaise composée de trois vaisseaux, deux frégates et une corvette aux ordres du vice-amiral Stepford.
En 1814, se trouvant aux Antilles, il prit part aux divers engagements, et se fit de nouveau remarquer par un sang-froid qui s'alliait en lui à la plus brillante valeur. La paix ne découragea point son ardeur, et on le vit en déployer autant pour la protection de notre pavillon sur toutes les mers, qu'il en avait montré au jour du combat pour sa gloire. De 1822 à 1836, il s'éleva du grade de capitaine de frégate à celui de contre-amiral. Chaque avancement fut le prix de signalés services. En 1837, il fut nommé commandant de l'escadre d'Afrique, et fut mandé devant Tunis pour y faire respecter le drapeau de la France. En 1838, il fut nommé commandant de l'escadre de la Méditerranée; et, en 1840, il avait réuni autour de lui vingt vaisseaux, quand il reçut l'ordre douloureux de quitter ces eaux, où sa présence seule eût empêché la catastrophe de Syrie. En 1844, le département du Finistère l'envoya prendre place à la chambre des députés. L'autorité de sa parole était immense dans toutes les questions maritimes, et sa réserve habituelle ajoutait encore au poids de ses observations quand on y entrevoyait la critique d'une mesure proposée. Élevé au grade de vice-amiral en 1843, il fut, presque à la même époque, exposé aux redoublements acharnés de la maladie dont il avait ressenti, il y a vingt-cinq ans, les premières atteintes, et qui l'a conduit au tombeau après une année entière de souffrances.
Portrait du Prince de Joinville.
Pendant que nous avions à rendre les derniers devoirs à un des hommes les plus braves et les plus prudents de notre armée de mer, la nouvelle est venue que l'armée d'Afrique avait à déplorer la mort d'un chef d'escadron et d'un certain nombre de soldats qu'un courage aventureux a engagés avec des précautions insuffisantes dans une partie non explorée de la province de Constantine. M. le duc d'Aumale s'est trouvé lui-même, pendant quelques instants, prisonnier, et n'a dû la vie qu'au sacrifice qu'un généreux commandant a fait de la sienne pour dégager le prince.
La chambre des députés a enfin, dans sa séance du samedi 18, terminé la discussion du projet sur la réforme des prisons, et voté au scrutin sur l'ensemble de cette loi, qui a réuni 234 voix sur 359 votants. Du jour de sa présentation à celui du scrutin, elle a subi de bien nombreuses et de bien profondes modifications, ce qui ne lui a rien fait gagner, on le comprend, en unité et en ensemble, quel que soit d'ailleurs le mérite des changements introduits. De toutes les peines que prononce notre code pénal, il en est une seule que l'on n'a pas songé à appliquer: c'est la peine de la déportation. En vérité, à voir ce qui se passe dans les colonies pénales de l'Angleterre, et le regret où en est cette puissance de ne pouvoir renoncer du jour au lendemain à des établissements qui lui ont été aussi dispendieux à fonder, et qu'elle n'est pas en mesure de remplacer immédiatement par autre chose, on devait être peu porté à présumer que nous en viendrions à vouloir entrer dans la voie où nos voisins se désespèrent d'être engagés, et à restaurer une peine qui n'a été appliquée que dans les mauvais jours de notre histoire. Malgré tout, on s'est amusé à écrire, par amendement dans la loi nouvelle, la peine de la transportation, qui n'est pas écrite dans le Dictionnaire de l'Académie, et dont le sens vrai ne sera jamais, nous l'espérons bien, déterminé et défini par l'application. C'est tout aussi menaçant que l'est aujourd'hui la déportation; c'est plus neuf, et ce sera tout aussi inoffensif. Ce projet de loi, si longuement discuté, n'aboutira pas en définitive, et c'est la conviction où était la Chambre de son impossibilité qui lui a valu bon nombre de boules blanches. Du moment qu'on a eu la certitude que le résultat indigeste de cet interminable débat ne pourrait jamais prendre place dans nos codes, sur les bancs du centre comme sur ceux de l'opposition, beaucoup d'adversaires du projet n'ont plus vu d'inconvénient à donner au cabinet et à la commission la satisfaction de leur adhésion apparente. Pour nous, cependant, nous voyons quelque chose de bien grave dans la déclaration solennelle qui a été faite par le ministère, par la majorité, par le scrutin, que la détention cellulaire aggravait la punition à ce point que sa durée devrait être, dans ce système abrégée d'un cinquième. Vous avez tous reconnu et proclamé cela, et vous avez aujourd'hui à Tours, à Bordeaux, des prisonniers qui subissent cellulairement le temps d'emprisonnement ordinaire auquel ils ont été condamnes. C'est donc une aggravation de leur sort que l'administration s'est permise: elle vient de l'avouer, et, ce qui est bien grave encore, c'est quelle ne va pas être en mesure de la faire cesser, comme elle croyait le pouvoir quand elle a fait cet aveu. La réduction du cinquième du temps reconnue indispensable par le nouveau projet tombe comme lui; il ne demeurera donc de tout cela qu'une souveraine injustice, reconnue telle par ses auteurs, confessée, mais continuée.
La précédente législature a voté une loi pour l'établissement d'une ligne de fer de Montpellier à Nîmes. Acquisition de terrains, travaux d'art et de terrassement, pose de la voie de fer, l'État avait tout fait; il s'était même pourvu d'une partie du matériel roulant. Il n'y avait plus qu'à lancer une locomotive quand on s'est dit; Mais qui exploitera? Sera-ce l'État? Sera-ce une compagnie? Le gouvernement et la commission de la Chambre s'étaient prononcés pour l'exploitation par une compagnie. Un projet de bail a été dressé, il fixe le maximum de la durée de la jouissance à douze ans, et détermine le minimum du prix de fermage à cinq pour cent de la dépense des rails évaluée à cinq millions. M. Boissy-d'Anglas avait présenté un amendement tendant à attribuer à l'État l'exploitation du chemin jusqu'en 1849. M. Berryer l'a appuyé avec toute la précision, la netteté, la sûreté de raisonnements qui distinguent l'éminent orateur. La Chambre en a décidé autrement; elle s'en est tenue à l'exploitation par les compagnies, malgré les raisons graves et particulières qui, en cette occasion, semblaient devoir faire donner la préférence à l'exploitation par l'État. Cependant les députés partisans exclusifs de l'exploitation par les compagnies ne devraient pas perdre de vue que chacune des lois de concession de chemins de fer renferme un article qui donne à l'État la faculté de racheter la concession elle-même. Pour que l'État sache, la convenance d'user de cette faculté se présentant, s'il serait en mesure de faire face aux devoirs qu'elle lui imposerait, il faut que ses agents aient pu fonctionner sur un chemin et en diriger l'exploitation, autrement on demeurerait dans l'inconnu, et la faculté de rachat deviendrait illusoire ou bien périlleuse. La Chambre a-t-elle pensé que la ligne de Montpellier à Nîmes était trop peu importante pour mettre l'État à même de faire une épreuve sérieuse et de nature à l'éclairer complètement? Nous voudrions bien que c'eût été là le seul et déterminant motif de son vote.
La Chambre des pairs a continué la discussion de la loi sur l'enseignement secondaire. La semaine dernière, M. Martin (du Nord) avait dit que les jésuites et leur enseignement seraient peut-être moins hostiles si on les laissait s'établir en France, qu'en les refoulant à nos frontières. Cette semaine, M. Guizot, à son tour, a émis la pensée que beaucoup de préventions disparaîtraient, beaucoup de difficultés seraient résolues, si le cabinet comptait un prélat parmi ses membres, et si la Chambre avait encore des évêques sur ses bancs. Le langage de M. le garde des sceaux, celui de M. le ministre des affaires étrangères, ont été relevés avec vivacité à la tribune du Luxembourg. En dehors de cette Chambre ils ont également produit beaucoup d'effet: mais cet effet doit donner une certitude plus complète encore que la Chambre des députés ne sera saisie que le plus tard qu'on pourra d'une question qu'on a déjà cependant rendue plus irritante par les hésitations et les délais.
Les nouvelles d'Haïti ne nous sont venues cette semaine que par la voie de l'Angleterre. Elles étaient peu concordantes, mais cependant, en général, très-défavorables à la cause des mulâtres. On a annoncé, démenti, puis répandu de nouveau le bruit de la mort du général-président Hérard.
Un traité, qui semble devoir trancher définitivement une question dont la solution a été longtemps différée, vient d'être conclu entre le Texas et les États-Unis. Il est convenu, par ce traité, que le Texas sera annexé au territoire de l'Union, et nommera un député ou représentant au congrès. Les États-Unis se chargent de payer les dettes du Texas jusqu'à concurrence de la valeur des terres situées dans te Texas, qui seront mises en vente. Le traité ne parle point de l'esclavage. Ce point sera sujet à discussion entre les États à esclaves et ceux qui n'en ont pas, dans l'examen que le sénat a présentement à en faire pour la ratification qui devra être donnée dans les trente jours de la communication du traité à cette assemblée. L'Angleterre pourra bien, elle, ne pas se contenter d'un délai aussi court pour se résigner à voir cet arrangement d'un bon œil. Ses démarches auprès du Texas n'ont pas été plus secrètes qu'heureuses. Elle ne cherchera probablement pas à dissimuler davantage son dépit, mais ce sera probablement aussi sans plus de profit. Quant à la France, qui a reconnu l'indépendance du Texas, elle ne pouvait élever des objections contre l'annexation que dans le cas où elle s'offrirait à préserver cet État de la guerre dont le menace le Mexique, qui le confine, et contre lequel il n'est pas en état de lutter. Nos griefs contre Santa Anna sont grands sans doute; mais rien n'annonce en ce moment que nos escadres soient armées en guerre.--Les négociations entamées entre le ministre américain et le chargé spécial de l'Angleterre, M. Pakenkam, sur la question concernant le territoire de l'Orégon, sont suspendues; M. Pakenkam attend de nouvelles instructions de son gouvernement.
La cour de Dublin a remis à trois mois le prononcé du jugement contre O'Connell. Cette remise est considérée comme un ajournement indéfini; car on peut, dans trois mois, demander de nouveau à entamer des plaidoiries; et, en supposant que la cour s'y refuse, il resterait encore aux défenseurs des accusés la faculté de former une opposition au jugement, et de plaider sur cette opposition. Il est évident que l'embarras seul empêche sir Robert Peel de déclarer franchement qu'il renonce à toutes poursuites.--M. Hume avait déposé sur le bureau de la chambre des communes une motion pour la suppression, dans l'intérêt de l'Irlande et de l'Angleterre elle-même, de la charge de lord-lieutenant d'Irlande. Après un discours dans lequel le ministre n'a pas combattu cette proposition d'une manière absolue, son auteur l'a retirée sur l'observation faite par M. Peel qu'il aurait à s'occuper de cette question, et qu'un vote de la Chambre, pour ou contre, pourrait lui rendre la solution plus difficile.--Les négociations diplomatiques entre les États Unis et l'Angleterre à l'occasion du Texas viennent de donner lieu à une motion du même genre de la part de M. Hume, qui a encore eu à se contenter de la même réponse.--Dans la chambre des lords, l'affaire du Maltais que le consul anglais avait livré à la justice de Tunis, malgré les réclamations des consuls des autres nations, et en violation des franchises accordées aux étrangers, a donné lieu à des interpellations de la part de lord Beaumont. Mais, bien entendu, elles n'avaient pas pour but de blâmer l'étrange conduite du consul anglais que nous avons précédemment exposée. C'est au contraire la fermeté du consul général de France, lequel a montré une sollicitude si active et si éclairée pour ne pas laisser établir un précédent, menaçant dans l'avenir la sûreté de tous les chrétiens, c'est M. de Lagau qu'on accuse. Lord Aberdeen, bien qu'avec plus de réserve, a jeté aussi quelque blâme sur la conduite de notre agent; mais il a fait observer que cette affaire devait plutôt être traitée par correspondance diplomatique entre les deux puissances qu'à la tribune de l'une d'elles. Il a promis le dépôt sur le bureau de la Chambre des dépêches échangées à cette occasion avec le cabinet des Tuileries. Le débat ne s'est pas prolongé davantage.--Des troubles ont éclaté dans l'île de Guernesey. Dans la journée du dimanche 19, on y a transporté 4 à 500 hommes de l'île de Wright.
En Espagne, les deux reines, l'infante et Narvaez, après nous avoir fait savoir, par le télégraphe, qu'ils vont prendre les eaux de Caldas en Catalogne, nous donnent aujourd'hui l'assurance que c'est bien uniquement pour la santé de la jeune Isabelle, et non pour la faire se rencontrer avec le fils de don Carlos dans une vue d'union matrimoniale et de fusion politique. Pendant cette absence, comme on suppose trop de force aux progressistes, dans les cortès actuelles, pour songer à les réunir, on se préparera à des élections nouvelles qu'une dissolution ne tardera pas à nécessiter. On espère que la nouvelle Chambre sera d'assez bonne composition pour consentir à donner au ministère un blanc-seing pour gouverner sans elle et à se laisser congédier. Cela fait, si les choses se passent ainsi, il faudra convenir que l'Espagne aura bien profité des leçons que Louis XVIII donnait à Ferdinand VII, par la main de son secrétaire Paul Louis Courier, sur le gouvernement représentatif et la manière de s'en servir commodément.--M. Gonzalès-Bavo a reçu, pour consolation du portefeuille qui lui est tombé des mains, l'ambassade de Lisbonne.
L'attention se porte sur le Maroc. On a menacé, à Tanger, les Européens de la prochaine arrivée des Kabyles de l'intérieur. Le corps consulaire a écrit au pacha pour protester d'avance contre cette infraction aux ordres avoués de l'empereur. Des mesures ont été immédiatement prises pour appeler en vue de la côte des bâtiments anglais et un bâtiment français. On s'attend à une réponse négative de la part de l'empereur à l'ultimatum espagnol. Dans ce cas, le consul général de cette nation amènera son pavillon et s'embarquera, si toutefois il peut le faire.
Le canton du Valais est divisé en deux partis: celui de la Vieille Suisse et celui de la Suisse Nouvelle. Craignant de ne pouvoir maintenir la paix entre eux, le gouvernement de ce canton s'était adressé au vorort, dont le siège, cette année, est Lucerne, pour demander son intervention. Lucerne, qui penche pour la Vieille Suisse, a ordonné à des troupes fédérales de se rendre dans le canton qui en réclamait; mais les cantons libéraux se sont opposés à cette mesure. Celui de Vaud avait été désigné pour fournir un contingent d'infanterie; son conseil d'État a décliné la compétence du vorort et repoussé cette demande de troupes jusqu'à ce qu'il en fût décidé par une diète extraordinaire. En attendant, la guerre civile a éclaté en Valais. La Vieille Suisse s'est emparée de Sion. La Jeune Suisse se lève en masse: chaque parti a des pièces de canon; toute la population prend part à cette lutte. Des prêtres marchent en tête des colonnes improvisées.
La ville de Geseeke, près de Paderhorn, en Prusse, a été le théâtre d'un événement déplorable. Le 5 de ce mois, vers neuf heures, la populace se réunit, s'arma d'une grande quantité de pierres, et les lança contre les maisons habitées par les juifs; toutes celles de ces maisons qui étaient en bois ont été démolies, et les autres fortement endommagées. Une seule des maisons des Israélites a été ménagée par les perturbateurs, parce que parmi ses habitants se trouvait une femme nouvellement accouchée. Par suite de ces actes de vandalisme, des familles entières, des femmes, des vieillards, des enfants, se trouvent sans abri. Heureusement le peuple n'a commis aucun attentat contre les personnes. Voici ce qui a excité sa fureur contre les Israélites: dans la matinée, un prêtre catholique reçut par la poste une lettre anonyme portant le timbre de Paderhorn, et qui contenait les insultes les plus grossières contre le culte catholique et contre tout ce qui est sacré aux yeux de ceux qui le professent. Le prêtre communiqua cette lettre à quelques-uns de ses amis, qui en parlèrent à d'autres personnes, de sorte que peu à peu le contenu de la lettre reçut une grande publicité, bientôt le bruit courut que c'étaient les juifs de Geseeke qui auraient fait écrire cette missive. La populace devint furieuse, elle résolut de se venger sur les juifs, et elle commit les dévastations que nous avons rapportées. Un grand nombre d'arrestations ont été faites, et la justice informe.
Un épouvantable accident est arrivé sur le chemin de fer de Bruxelles à Anvers. Une partie des voitures composant un convoi est sortie des rails en arrivant au Vieux-Dieu. Plusieurs wagons ont été brisés; trois personnes ont expiré dans les vingt-quatre heures. Le nombre des blessés et la gravité des blessures ne permettaient guère d'espérer que l'on ne comptât pas bientôt un plus grand nombre de victimes.
Le général Sainte-Aldegonde, l'un des pairs éliminés en 1830, vient de mourir à l'âge de quatre-vingt-quatre ans.--M. le lieutenant-général Durocheret, directeur du personnel au ministère de la guerre, a été enlevé subitement dans un âge bien moins avancé.