Bulletin bibliographique.

Hegel et la Philosophie allemande, ou Exposé et Examen critique des principaux systèmes de la Philosophie allemande depuis Kant, et spécialement de celui de Hegel; par A. Ott, docteur en droit, 1 vol. in-8.--Paris, 1844. Joubert, 7 fr.

Si nous en croyons M. Ott, la philosophie allemande ne tend à prendre en France une autorité de plus en plus grande que parce qu'elle y est très-imparfaitement connue. Que l'enveloppe mystérieuse qui la dérobe encore aux regards de la plus grande partie de ses concitoyens soit levée, le prestige dont elle est environnée tombera bien vite, et chacun appréciera à leur juste valeur ces idées que tant de personnes prônent sans les avoir suffisamment étudiées. Aussi l'ouvrage qu'il vient de publier a-t-il pour but d'en donner une notion plus véritable, et de mettre le public français à même de les juger en pleine connaissance de cause.

«Notre intention, dit-il, n'est donc pas de propager parmi nous la philosophie allemande, mais seulement de la faire connaître. Nous ne voulons nullement ravaler les travaux scientifiques de l'Allemagne, ni méconnaître la puissance de ses penseurs; mais autre chose est d'admirer la hardiesse d'un système, l'effort intellectuel qui l'a engendré, l'enchaînement rigoureux dont il se compose; autre chose est d'en accepter le point de départ, la méthode et les résultats. La philosophie allemande n'est pas un fait isolé dans l'histoire moderne; elle est l'expression de l'esprit même du peuple allemand, de ses croyances religieuses, de ses tendances morales. Ces tendances ne sont pas celles de la France. La France est une nation catholique; chez elle prédominent les sentiments d'unité, les idées sociales. Dans les croyances françaises, l'individu est subordonné à la société; le mot n'est qu'un point de la circonférence; la raison de chacun doit se soumettre à la raison de tous. L'Allemagne, au contraire, est la patrie du protestantisme, de l'esprit de division et de séparation; chez elle le moi s'est fait centre, la raison individuelle ne reconnaît aucune autorité supérieure, le point de vue individuel domine le point de vue social. A ces deux tendances répondent deux philosophies, mais deux philosophies opposées, contradictoires que jamais on ne parviendra à concilier. Or, c'est à l'avenir de décider quelle tendance prévaudra de la tendance française on de la tendance allemande. Ce sera l'une ou l'autre, mais certainement pas toutes les deux. Pour nous, qui croyons notre pairie dans la bonne voie, nous lui souhaitons d'y persister et de rester fidèle à sa tradition, dont l'abandon serait une renonciation au principe même de sa nationalité.»

M. Ott nous a fait connaître lui-même le but et reprit de son ouvrage; disons maintenant quelle méthode il a suivie pour initier ses lecteurs à la philosophie allemande. Selon lui, il ne devait pas écrire une histoire de cette philosophie, et analyser avec le même soin tous les systèmes qui ont paru depuis Kant. La plupart de ces systèmes, après avoir brillé un moment, ont disparu, et n'offrent plus aujourd'hui qu'un intérêt purement historique. Les maîtres de la philosophie allemande, ceux qui l'ont conduite au point où elle se trouve, sont en petit nombre: c'est Kant, Fichte, Schelling et Hegel. «Or, dit encore M. Ott, la valeur personnelle de ces hommes était mise de côté, leurs doctrines n'ont plus, à l'époque actuelle, une importance égalé. De Kant et de Fichte, il n'est resté que les principes généraux, les données qui ont servi à leurs successeurs. Schelling a soumis son système à une refonte complète. Hegel est le seul qui soit debout aujourd'hui; il est le seul aussi dont l'école manifeste encore de la vie et de l'activité, et dont les idées exercent une influence directe sur le mouvement actuel de la philosophie. C'est donc le système de Hegel qui forme le sujet principal de notre travail.» L'ouvrage de M. Ott se divise en trois parties, précédées d'une introduction, et suivies d'une conclusion.

Dans l'introduction, M. Ott expose d'abord la partie substantielle des doctrines de Kant, de Fichte et de Schelling, ce qui est, est resté dans la philosophie allemande; puis il examine l'ensemble des principes de Hegel de manière à donner en même temps une idée générale du système, et à préparer le lecteur à l'analyse proprement dite des ouvrages de l'auteur.

Cette analyse forme les trois parties du livre, qui ont pour titres; La Logique, la Philosophie de la Nature et la Philosophie de l'Esprit. M. Ott suit ainsi l'ordre et les divisions adoptées par Hegel dans son Encyclopédie.

La conclusion est intitulée: État présent de la Philosophie en Allemagne. Après avoir affirmé que le système de Hegel, qu'il vient d'analyser, a clos la série des doctrines philosophiques engendrées par le protestantisme allemand, M. Ott se demande quel est le fruit de cette science tant vantée, quel est le résultat on a abouti ce développement qui a trouvé de si nombreux admirateurs. Dans son opinion, et sa conclusion n'a d'autre but que de prouver qu'il a raison de penser ainsi, «Ce résultat est la confusion universelle. Toutes les théories, toutes les doctrines, tous les systèmes qui, depuis Kant, se sont élevés en Allemagne, se sont mêlés et amalgamés dans une logomachie sans nom. Les idées ont perdu leur valeur, les mots ont perdu leur sens; on se parle sans s'entendre, et c'est en vain que chacun espère faire taire les autres en criant plus fort qu'eux. Toutes choses sont remises en question; partout est la discussion et la controverse, et des brochures innombrables alimentent sans cesse cette ardeur de disputer qui s'est emparée de tous. De ce choc des opinions contradictoires, il résulté que nulle conviction générale ne peut se fonder, et qu'il ne reste en partage au public que le doute et l'incertitude. Telle est, dit M. Ott en terminant, la situation que la philosophie protestante a faite de l'Allemagne savante. Il suffira de la connaître et d'en apprécier les causes, pour repousser les idées qui l'ont produite, idées étrangères, dont l'importation dans notre patrie procurerait aussi peu de profit que d'honneur.»

Histoire des Peuples du Nord, par Henry Wheaton, membre correspondant de l'Institut de France, ministre des États-Unis d'Amérique près la cour de Prusse; traduit de l'Anglais par Paul Guillot, avocat à la cour royale de Paris. 1 vol. in-8, LXI et 583 p., augmenté de cartes, inscriptions et alphabet runiques.--Paris, 1844. Marc-Aurel et Hachette. 11 fr.

La littérature du Nord n'a pas été sans participer au mouvement que le dix-neuvième siècle a imprimé aux études historiques. De grands et importants travaux ont été entrepris, et se continuent chaque jour pour nous révéler les annales d'une contrée dont les habitants occupent, par leurs conquêtes et leurs expéditions aventureuses, une si grande place dans l'histoire du moyeu âge. Il nous suffira, dès à présent, de citer les remarquables travaux de Gejer, de Rask, de Rafu, de Müller, de Finn-Magnussen, et d'autres encore dont la science et le zèle infatigable ont tant contribué à faire connaître à l'Europe les faits et gestes des nations Scandinaves.

Jusqu'ici, cependant, nous devons dire que la France était restée un peu en dehors du mouvement général. Les ouvrages publiés sur le Nord se bornaient, à très-peu d'exceptions près, à des écrits de touristes qu'on pouvait considérer comme d'agréables impressions de voyage, mais auxquels on ne pouvait accorder la confiance que doit commander toute œuvre scientifique. C'est dire assez que nous ne devons point ranger dans cette catégorie l'Histoire des Peuples du Nord que vient de publier M. Wheaton. Ancien ministre des États-Unis à Copenhague, nul n'était mieux placé que lui pour puiser aux sources officielles, et s'éclairer par ce contact des savants, qui, les premiers, avaient mis en lumière les titres jusqu'alors égarés on enfouis dans l'histoire Scandinave.

L'ouvrage de M. Wheaton comprend l'histoire des Danois et des Normands, depuis les temps les plus reculés jusqu'à la conquête de l'Angleterre par Guillaume de Normandie, et du royaume des Deux-Siciles par le fils des Tancrède de Hauteville.

Tout ce qui intéresse la vie des peuples du Nord pendant cette longue période de temps se trouve consigné dans le livre de M, Wheaton, et nous devons avouer que ce n'était pas une tâche toujours facile de mettre un peu d'ordre et de clarté dans le récit d'événements où tant de peuples, les Danois, les Norvégiens, les Islandais, les Suédois, les Anglo-Saxons, etc., sont toujours en contact, de faire la part de l'histoire et celle des traditions mythologiques qui ont régné en Scandinavie après même l'introduction du christianisme. L'auteur a porté beaucoup de méthode dans cette partie du son œuvre; l'étude approfondie qu'il a faite des matériaux indigènes lui a permis d'aborder plusieurs points de critique historique, et parfois de les décider.

L'histoire des races du Nord a pour les hommes sérieux un intérêt d'autant plus vif, qu'elles se trouvent mêlées à tous les grands événements de cette époque, en contact avec tous les empires. Tantôt vainqueurs, tantôt vaincus dans leurs guerres avec la France et l'Angleterre, jusqu'au moment où Rollo se fut fait donner le duché de Normandie, et où Guillaume le Bâtard se rendit maître de l'Angleterre; conquérants dans le royaume des Deux-Siciles, gardes du corps à Constantinople, pirates ou aventuriers sur toutes les mers, on trouve partout des traces de leur passage. Doit-on s'étonner après cela que les Scandinaves, en rapports continuels pendant plusieurs siècles avec les peuples de l'Europe centrale et méridionale, leur aient communiqué une partie de leurs mœurs, de leurs usages, de leurs lois, quelquefois même aient influé sur leur idiome. L'Angleterre, notamment, conserve même aujourd'hui les traces de sa fusion avec la race normande.

Ce qui augmente encore l'intérêt de ce livre, c'est qu'aux travaux de M. Wheaton sont venus s'ajouter les travaux personnels du traducteur, M. Paul Guillot, qui déjà, il y a quelques années, a fait connaître au public français l'ouvrage remarquable de John Allen sur la Prérogative royale en Angleterre. Une introduction qui donne l'exposé de la mythologie Scandinave; des tableaux chronologiques, un alphabet runique, des fragments de poésie oh des plus beaux chants des Skaldes, fragments précieux pour l'histoire, en ce qu'ils constituaient souvent les seules chroniques de l'époque; la célèbre inscription runique trouvée en Amérique sur un rocher près de Rhode-Island, et qui semblerait assigner une date certaine à la découverte du Nouveau-Monde par les Européens, complètent cet ouvrage, qui devient ainsi comme un répertoire historique où peuvent puiser avec confiance tous ceux qui veulent s'instruire dans l'histoire, encore aujourd'hui trop peu connue parmi nous, des peuples de l'ancienne Scandinavie.

L.

Histoire universelle; par César Cantu; traduite par Eugène Arnoux, ancien député, et Piersilvestro Leopardi. Tome deuxième.--Paris, 1844. Firmin Didot. 1 vol. in-8. 6 francs.

Le second volume de l'Histoire universelle de César Cantu, que vient de mettre en vente la librairie Firmin Didot, est encore mieux rempli que le premier. Il comprend la Perse, la Grèce et l'Italie ancienne. M. Cantu analyse l'histoire de la Perse depuis les temps obscurs jusqu'à la mort de Darius. Puis il consacre deux chapitres à la religion des mages et à la constitution morale et publique des Perses. L'histoire de la Grèce occupe à elle seule les trois quarts du volume. Sparte et Lycurgue, Messine, Athènes et Solon, Pisistrate, les petits États, les colonies, la guerre médique, la suprématie d'Athènes, la guerre du Péloponnèse, la grandeur et la décadence d'Athènes, la suprématie de Sparte, Socrate, la retraite des dix mille, Agesilas, la Béotie et Épaminondas, les Macédoniens et Alexandre, la littérature, la philosophie, les beaux-arts et les sciences; tels sont les nombreux sujets traités ou restitués en dix-huit chapitres. Quant à l'Italie, M. Cantu ne nous en fait connaître encore que les premiers habitants, la grande Grèce, les îles et le Latium. Le second volume se termine avec la fin de l'histoire poétique de Rome. Le tome troisième paraîtra prochainement.

L'Algérie en 1844; par A. Desjobert.--Paris, 1844. Guillaumin.

M. Desjobert est infatigable: à la Question d'Alger en 1837, à l'Algérie en 1838, succède aujourd'hui l' Algérie en 1844. A en croire ses trois brochures, l'Afrique est un legs funeste que la restauration a fait à la révolution de Juillet. L'opinion publique est trompée par les particuliers et par le gouvernement. Lui montrer ses erreurs, telle est la tâche que s'impose M. Desjobert. Pour prouver à la France qu'elle est victime d'une folie, il examine la question de l'occupation d'Alger sous un certain nombre de points de vue: l'occupation, la colonisation en général, la colonisation militaire, la colonisation mixte, la colonisation civile, le commerce et la navigation, l'armée, les finances, etc., et de Cet examen, il conclut que la France ne peut pas raisonnablement sacrifier chaque année 100 millions à ce qu'il appelle l'affaire d'Afrique. Lors même qu'elle ne contiendrait pas une fonte de faits curieux, cette brochure serait recherchée et lue à cause de son excentricité; mais nous espérons qu'elle ne convaincra personne, et que le public continuera à ne pas admettre l'opinion du célèbre député de la Seine-Inférieure.

Leçons élémentaires de Botanique, fondées sur l'analyse de 50 plantes vulgaires; par M. Em. Lemaout, docteur-médecin. Chez Fortin, Masson et comp.

La botanique est la science des végétaux; mais connaître les végétaux sous tous leurs points de vue est une entreprise difficile même pour les hommes qui s'y livrent exclusivement. Il faut donc opter entre la physiologie végétale, qui s'occupe de la structure, des organes et des fonctions des plantes, et la botanique descriptive, qui énumère, classe et décrit toutes les plantes répandues à la surface du globe.

Toutefois ces deux sciences ne sont pas complètement indépendantes. Le physiologiste, témoin d'un phénomène curieux que présente une plante, veut en savoir le nom, et à son tour celui qui se bornerait à connaître les plantes par leur nom et serait tout à fait étranger à leur physiologie, serait un collecteur et non pas un botaniste. Cette nécessité de connaître deux branches de la botanique a toujours arrêté les gens du monde L'un ne s'inquiète nullement du nom et de la classification des végétaux, mais il voudrait savoir comment ils germent, vivent, respirent et se propagent; il ouvre un traite de physiologie végétale, et se limite immédiatement contre des noms latins par lesquels l'auteur désigne les plantes dont il décrit les phénomènes physiologiques. Un autre, et c'est le cas le plus habituel, se contenterait de savoir le nom des plantes qui l'entourent, il voudrait faire un herbier qui réunirait les plantes qu'il cueille dans ses promenades; mais dès les premières lignes il voit surgir une foule du noms inconnus servant à désigner les organes divers au moyen desquels on est arrivé à classer et distinguer les plantes. Il résulte de là que la plupart des personnes qui avaient entrepris cette étude se lassent de tourner dans un cercle vicieux, se découragent, se dégoûtent et déclarent n'avoir trouvé que des mots là où ils cherchaient des faits et des idées. Cette accusation est injuste. Des objets nouveaux génèrent des mots nouveaux, et l'on ne peut désigner les plantes ni leurs organes avec les mots employés dans l'usage habituel de la vie. Mais, il faut en convenir, les auteurs de traités élémentaires ne se sont peut-être pas mis assez à la place de l'homme du inonde qui ouvre pour la première fois un livre de botanique. Ils n'ont pas fait une part suffisante, à son inexpérience, et lui ont supposé une persévérance qu'un désir ardent de connaître peut seul inspirer.

Avant d'écrire son livre, M. Lemaout avait depuis longtemps enseigné la botanique, il avait été témoin des difficultés que ses élèves rencontraient à chaque pas, et s'était efforcé de les leur aplanir. Fort de son expérience, il a publié un livre réellement élémentaire. Il ne rebute pas le commençant en lui parlant de plantes inconnues, car il en a choisi cinquante qui sont tellement communes dans les jardins ou dans les champs, qu'elle ont un nom vulgaire et sont connues universellement. Ces cinquante plantes figurées dans son ouvrage forment la base du son enseignement, et sans aller en chercher d'autres. Il donne à son élève des notions sur les organes, la physiologie et la classification très suffisantes pour que celui-ci puisse ensuite pousser plus loin l'étude de la botanique, s'il en a le loisir et l'envie. Mais dût-il s'arrêter au milieu du livre, le lecteur aura des notions assez complètes sur plusieurs points de la botanique, et au bout de vingt pages, il saura si cette science est du son goût. Le livre de M. Lemaout est donc réellement un ouvrage élémentaire; c'est celui que l'on conseillera à quiconque veut entreprendre sans maître l'étude du la botanique. Il est en outre composé de manière à exciter l'attention et la curiosité du lecteur; et n'est point un traité dogmatique de la science, c'est un cours instructif où le professeur cherche toujours à instruire en amusant. Toutefois, la science qu'il enseigne est une science solide et de bon aloi, et les anecdotes dont il entremêle ses leçons ne sont point de ces historiettes puériles qui rabaissent la science aux yeux de l'homme d'intelligence, et n'ajoutent rien à son charme pour celui qui est en état de la comprendre.

Types de chaque famille et des principaux genres de Plantes croissant spontanément en France: par F. Plée.--Chez Baillière, 17, rue de l'École-de-Médecine.

Il n'est personne qui, au moins une fois en sa vie, n'ait été tente d'apprendre la botanique; mais sur tant d'appelés combien peu d'élus! Dès les premiers pas on est rebuté par une foule de mots nouveaux d'origine grecque ou latine. Sans guide, sans direction, on s'épuise en efforts superflus pour arriver au nom d'une plante. On commence par chercher celui d'une espèce avant de savoir à quelle famille elle appartient. L'ouvrage de M. Plée a pour but de faire connaître par des descriptions simples et claires et des figures admirablement dessinées et coloriées, les types de chaque famille. Quiconque aura revu sur la nature ces différents types reconnaîtra bientôt à quelle famille appartient la plante qu' il désire connaître. La famille une fois déterminée, il arrivera à connaître les genres et enfin les espèces. Alors il saisira les analogies et les affinités qui unissent entre eux les divers groupes naturels, et comprendra que l'étude de la botanique ait séduit tant d'esprits distingués. Six livraisons de l'ouvrage de M. Plée ont déjà paru; elles offrent l'analyse de la renoncule bulbeuse, de l'hellébore d'hiver, du jasmin, du lilas, de la saponaire officinale et du troène commun.--Deux livraisons paraîtront chaque mois.

C. M.

Discussion de la loi sur l'instruction secondaire, à la chambre des pairs. 2 fort vol. in-12, de 1450 pages. Prix, 7 fr. Aux bureaux du Moniteur, rue des Poitevins, 6, et chez L. Hachette, rue Pierre-Sarrazin, 12.

La discussion du projet de loi sur l'instruction secondaire a reçu, à la chambre des pairs, un développement inusité, et soulevé des questions qui ont vivement préoccupé l'opinion publique. L'importance des problèmes spéciaux relatifs à renseignement et à l'organisation de la liberté qui lui est due aurait suffi pour donner un grand attrait au débat; mais la controverse s'est prodigieusement agrandie lorsqu'on a vu une lutte ardente s'établir entre les lois nées de l'esprit de notre époque et les prétentions à tout ce qui constituait jadis les privilèges des corporations religieuses, lorsqu'on a vu le concordat, l'université, la philosophie, attaqués à outrance au nom et dans l'intérêt des jésuites. Ce combat entre l'ultramontanisme el les saines idées libérales, est un spectacle si curieux qu'il a fait bon d'en recueillir tous les détails. C'est ce que font les deux volumes que nous annonçons; ils reproduisent intégralement tout ce qui a été dit et délibéré à la chambre des pairs, depuis l'exposé des motifs jusqu'au vote du projet Ainsi resserrées, les vastes colonnes du Moniteur forment un ouvrage qu'étudieront avec fruit les publicistes, les magistrats, les membres de l'instruction publique, des deux Chambres et du clergé.

G.