Modes.

Ordinairement c'est de Paris que datent les nouvelles de la mode; pour quelque temps ce sera le contraire; la légère déesse s'est réfugiée aux champs avec la société parisienne. Qu'aurait-elle fait dans notre ville désertée, abandonnée de tous? La voilà donc parcourant le monde, emportant à l'étranger les élégances si simples, ou plutôt les simplicités si élégantes de Paris, créées dans les salons d'Alexandrine, de Beaudrant, en un mot chez toutes les sommités qu'elle protège et auxquelles elle a dévoilé les charmants secrets de la parure.

On fait beaucoup de robes en mousseline de soie rayée, ou à carreaux écossais, pour les toilettes de dîner et petites soirées; elles sont garnies souvent de deux biais découpés à grandes dents arrondies, au bord desquelles est froncé un ruban numéro neuf coupé par la moitié. On en fait encore de très-jolis qui ont un seul grand volant également à dents arrondies bordées de trois ou cinq rangs de petits velours numéro un. Le même nombre de velours est posé alors droit à la tête de ce volant.--Les corsages sont décolletés, avec berthe d'étoffe bordée de plusieurs rangs de velours. Cette berthe se supprime à volonté pour être remplacée par un canezou de mousseline brodée; il se fait aussi des corsages froncés demi-montants, à revers ouvert devant. Les manches courtes, les manches demi-longues, à la religieuse, ou les manches justes ne dépassant le coude que de deux doigts; sous ces manches passe une manche blanche fermée au poignet par un entre-deux et deux rangs de dentelle froncée au bord. Ces trois façons sont également en faveur.

Sur les robes d'organdi à raies ombrées on pose deux volants festonnés ou bordés d'une petite dentelle tournant autour d'une dent arrondie. Le corsage est froncé et à revers dentelé comme les volants; c'est la toilette représentée ici.

A la campagne, en voyage, au bord de la mer, on trouvera charmants les nouveaux paletots d'été en soie, garnis de dentelles noires ou d'effilés. Ils sont presque tous en étoffé glacée.

Mais pour qu'on ne s'imagine pas que les Parisiennes ne pensent qu'à la toilette, défaut dont on les accuse très-souvent, nous dirons les travaux dont elles s'occupent pendant les longues heures d'une journée d'été à la campagne: d'abord, on brode beaucoup les taies d'oreiller aux quatre coins, comme un mouchoir; cette broderie se fait au plumetis, au passé ou au point de chaînette; ensuite, on brode des housses de meubles, qui sont en batiste de la couleur du meuble; la broderie est blanche, au plumetis, au crochet et même en soutache. Ces housses se bordent avec une petite dentelle, ou, ce qui est mieux encore, avec un large feston double. La tapisserie est toujours en grande faveur; les carreaux ne se mettent plus sous les pieds: il faut un oreiller en tapisserie, en drap ou velours brode soie et or; la doublure doit rappeler la couleur du meuble de l'appartement. Aux incorrigibles qui veulent encore s'occuper de toilette, nous conseillerons les larges festons des volants de robes; c'est d'ailleurs un ouvrage très-facile et très-prompt.