II
Le train de Paris à Honfleur entrait en gare. Deux jeunes gens sautèrent lestement d'un compartiment, mais restèrent d'un commun accord auprès de la portière. Une jeune fille, tellement jolie que les voyageurs qui se bousculaient en courant vers la sortie se retournaient pour la regarder, s'apprêta à descendre à son tour. Sa jupe s'accrocha, et elle faillit tomber en sautant. Les deux jeunes gens se précipitèrent pour l'aider.
--Merci, messieurs...
Et les beaux yeux remerciaient aussi, distribuant leurs regards avec une touchante impartialité.
--Eh bien! Edmée... fit la personne d'âge respectable qui accompagnait la jeune fille.
--J'allais tomber, madame, et...
Elle n'en dit pas plus long, et, impatiente, se hâta vers la sortie.
--Qui est-elle? où va-t-elle? Je connais mon Honfleur et ses environs comme ma poche. Jamais je n'avais vu cette petite merveille...
--Suivons-la, nous finirons bien par nous renseigner. C'est une jeune fille du monde, certes, et cependant, cependant... il y a en elle un je ne sais quoi qui ne sent pas son couvent.
Celui qui parlait ainsi était un fort beau garçon qui, malgré ses vêtements bourgeois, se révélait soldat à ne s'y pas tromper. L'œil dur, la moustache provocante, les allures un peu brusques, semblaient indiquer que ce jeune officier n'avait pas le commandement fort doux. Son compagnon était beaucoup moins bel homme; ses yeux bleus étaient les yeux d'un rêveur, d'un homme d'étude probablement.
Edmée hâtait le pas. Le cou tendu, le regard ardent, elle cherchait à reconnaître parmi les personnes qui attendaient les voyageurs celle qui était venue pour elle; elle savait que de cette première rencontre dépendaient beaucoup de choses. Elle en oublia tout à fait les deux jeunes gens dont l'évidente admiration l'avait amusée pendant le voyage. Cependant l'admiration lui était nécessaire comme l'air qu'elle respirait.
Marthe Levasseur, dès qu'elle aperçut le visage de cette jeune fille tout vibrant d'émotion, ne douta pas un instant. Elle s'avança résolument, un peu pâle seulement, et dit:
--Vous vous nommez Edmée Levasseur, n'est-il pas vrai?
Edmée, très troublée, émue à en pleurer, se blottit, par un mouvement d'une grâce féline, dans les bras de son aînée.
--Ma sœur... murmura-t-elle.
Marthe embrassa la jeune fille le plus cordialement du monde. Ce baiser scellait un pacte, auquel Marthe n'avait consenti qu'après mainte révolte.
--Sais-tu que je trouve en toi une sœur adorablement jolie--tout simplement délicieuse?
--Je voudrais tant vous plaire...
--Alors, commence par me tutoyer, ma petite Edmée, puisque nous sommes sœurs.
Les deux jeunes gens avaient été témoins de cette scène, Marthe s'en aperçut. Jusque-là elle n'avait vu que sa nouvelle sœur. Son visage très pâle se colora subitement.
--Vous, Robert?... Votre mère ne vous attendait que la semaine prochaine.
--C'est une surprise que je lui fais.
--Je vous enlève alors, car vous ne trouveriez pas de voiture, et nous passons devant votre porte.
Puis, voyant qu'il regardait Edmée avec curiosité, elle dit, non sans un petit effort:
--Ma sœur, Mlle Edmée Levasseur. M. le baron d'Ancel.
Le jeune homme salua profondément.
Il y eut un peu de confusion. Il fallait s'occuper de la sous-maîtresse qui avait accompagné Edmée, et qui demandait à rentrer à Paris par le premier train. Robert déploya un zèle peut-être un peu exagéré. Enfin, il prit place dans le landau, en face des deux jeunes filles. Alors seulement il aperçut son ami qu'il avait complètement oublié, et dont il surprit un regard courroucé et envieux. Comme il passait tout près de la voiture, Robert l'appela d'un geste.
--Marthe, voulez-vous me permettre de vous présenter un camarade de collège qui vient passer son congé de convalescence à Trouville? Le capitaine Bertrand, à qui j'ai promis de le présenter à mes amis, sera une recrue précieuse pour les fêtes que vous préparez, à ce que m'a dit ma mère. Bertrand, Mlles Levasseur.
Puis le landau s'ébranla. Le capitaine resta un moment immobile, regardant les trois jeunes gens, dont les rires arrivaient jusqu'à lui. Il se sentait, méconnu, sans savoir pourquoi--car enfin, Robert l'avait présenté. Edmée, cependant, en lui rendant son salut, l'avait regardé un peu longuement. De nouveau, il lui sembla que ce regard n'avait rien à voir avec l'éducation du couvent. Après tout, elle n'avait probablement pas été élevée au couvent. C'était bien la plus jolie fille qu'il eut jamais vue, avec ses grands yeux noirs--les yeux de sa sœur au fait--sa carnation et ses cheveux de blonde! Cela faisait un contraste merveilleusement piquant. Marthe, au contraire, était franchement brune, le teint mat, les cheveux presque noirs portés en bandeaux luisants. Elle était plutôt bien que mal, cette grande jeune fille sérieuse, mais qui songerait à la regarder une seconde fois, tant qu'elle serait à côté de la petite merveille?
Lorsque Robert eut quitté les deux jeunes filles, Edmée prit la main de sa sœur.
--Que je suis contente... si vous saviez... si tu savais!
Marthe lui sourit; elle était conquise par le charme de cette enfant qui semblait lui demander son affection, réclamer sa protection, qui se faisait petite auprès d'elle, qui était vraiment touchante dans sa naïveté à demi consciente. Elle comprit vaguement que cette façon douce et charmeuse de demander aide et protection devait, auprès des hommes, être un attrait absolument irrésistible. La mère d'Edmée avait peut-être regardé son père comme Edmée la regardait. Mais cette pensée ne fit que traverser son esprit, comme une douleur lancinante fait vibrer un nerf malade. Elle se laissa aller à la joie d'avoir trouvé un être plus faible qu'elle à aimer, à dorloter, à choyer de toutes les façons. Lorsque Marthe donnait son cœur, elle ne le reprenait pas. Son premier instinct avait été de repousser la fille de l'étrangère. Elle l'avait accueillie, au contraire; maintenant elle l'avait adoptée, loyalement, absolument.
--Écoute-moi, Edmée. Dans la lettre que je t'ai écrite, je n'ai pas pu tout dire. Une tante, la sœur de ma mère, Mme Despois, qui m'a élevée, que j'aime de tout mon cœur, vit avec moi. Il te faudra faire sa conquête, car--il vaut mieux que tu le saches--elle s'est opposée de toutes ses forces à ton arrivée auprès de moi.
--C'est trop naturel. Elle ne voit en moi que la fille de ma pauvre maman. Je ferai ce que je pourrai pour que, bientôt, elle ne voie en moi que ta sœur.
--Comme tu es raisonnable et sensée! s'écria Marthe avec admiration.
Edmée se mit à rire d'un joli rire perlé.
--C'est élémentaire. En se faisant aimer on obtient tout ce que l'on veut.
Cette profession de foi fit ouvrir de grands yeux à la sœur aînée. Mais ce fut dit si simplement, comme si la chose ne pouvait admettre discussion, ce fut suivi d'un si joli bavardage sur la beauté du pays, sur les joies qu'elle se promettait en pleine campagne,--elle qui ne connaissait, en fait de verdure, que celle du bois de Boulogne--que Marthe oublia bientôt l'impression reçue. Lorsque la voiture s'engagea dans l'avenue merveilleuse menant au château, que l'on n'apercevait pas encore, Edmée devint presque songeuse:
--Et c'est à toi, tout cela, ces bois immenses?
--Mais oui, dit en souriant Marthe, on peut se promener des heures dans la propriété; pour prendre de l'exercice, on n'a guère besoin d'en sortir.
--Alors, tu es très, très riche?
--Pas extraordinairement. Les propriétés comme celles-ci coûtent cher, quoique je ne me donne pas grand'peine pour l'entretenir, comme tu vois, j'aime mieux les bois qu'un parc--et ne rapportent guère. C'est un luxe de sauvage fort à mon goût. La fortune de mon... de notre père a été partagée en deux. Cette propriété me vient de ma mère. D'après ce que j'ai cru comprendre, tu dois être plutôt plus riche que moi.
--C'est possible. Papa a spéculé avec de l'argent de maman et l'a décuplé, à ce que mon tuteur m'a dit. En tout cas, nous ne mourrons de faim ni l'une ni l'autre. Ce doit être horrible d'être pauvre.
--Qui sait? Gagner ma vie ne m'aurait pas fait peur, du moins je l'espère.
Edmée eut un frisson d'horreur. Gagner sa vie, travailler comme les malheureuses sous-maîtresses de la pension qu'elle venait de quitter! Ce petit animal de luxe en eût été bien incapable.
La voiture s'engagea à gauche dans une nouvelle avenue plus large que la première, ombragée de grands hêtres. Tout d'un coup on découvrit la masse grise du château, adossée à la forêt, avec sa large pelouse égayée de corbeilles de fleurs, semée de quelques arbres seulement, et d'où la vue s'étendait au loin.
--Mais... c'est que c'est très imposant, on dirait un château de roman. Est-ce que, par hasard, il y aurait des revenants?
Tout d'un coup, Marthe songea un peu tristement que le revenant qui allait hanter le château, c'était le passé, sous la forme d'Edmée, la fille de cette femme qui avait tant fait pleurer sa mère. Elle se demanda si la morte ne lui reprochait pas cette entrée triomphante, cette prise de possession. Les paroles passionnées de sa tante lui tintèrent à l'oreille: «Tu verras--le malheur entrera ici avec la fille de l'actrice!...» Mais, résolument, Marthe écarta ces pensées, et, se baissant, elle embrassa de nouveau sa sœur.
--Non, ma chérie, il n'y a pas de revenants chez moi. S'il y en avait, la joie de tes dix-huit ans les chasserait. Sois la bienvenue. Si je peux te donner le bonheur, tu seras heureuse, j'en prends l'engagement.
Edmée, très touchée, un peu effrayée aussi des paroles sérieuses de sa grande sœur, la regarda, et ses beaux yeux d'enfant étaient pleins de larmes. Elle dit, avec un élan très sincère:
--Je t'avais devinée, bonne Marthe, sans cela je n'aurais jamais osé t'écrire. Papa m'avait bien dit: «Si jamais tu as besoin d'aide et de protection, ma petite Edmée, adresse-toi à ta sœur; ce ne sera pas en vain, j'en suis sur...» Et que de fois j'ai songé à ces paroles!... Seulement--comment te dire cela?--ne me prends pas trop au sérieux, je t'en supplie. Je ne suis pas méchante, mais je ne sais pas si je suis bonne. Il me semble qu'en vivant avec toi, je pourrais le devenir... C'est à cela surtout qu'il faudrait m'aider... Jusqu'à présent, vois-tu, j'ai surtout songé à tirer le plus de joie possible des choses de la vie. C'est peut-être insuffisant comme idéal--dis?...
Elle riait, à moitié sincère dans sa confession, mais ne voulant pas être prise cependant au pied de la lettre. Elle tenait à être bien vue de sa sœur. Celle-ci sourit. «Je te trouve bien comme tu es. Pourvu que tu restes toujours franche et loyale, c'est tout ce que je te demande.
On arrivait. Les domestiques, curieux de la nouvelle «demoiselle», s'étaient assemblés sur le perron pour la recevoir. Edmée répondit à leurs saluts très gentiment, et fut votée de suite «charmante, jolie à croquer et pas fière.»
Quant à Mme Despois, il fallut aller la chercher jusqu'au fond d'un boudoir, où elle brodait, un énorme métier cachant à demi sa rondelette petite personne.
--Tante Rélie, voici ma sœur, Edmée.
Marthe dit ces mots avec une intonation un peu particulière. Elle aimait beaucoup sa tante, mais enfin, c'était elle qui était maîtresse au château; à l'occasion elle n'hésitait pas à le faire sentir. La tante se trouva subitement les mains si encombrées de soies et de laines qu'elle ne put donner à la nouvelle arrivée qu'un seul doigt; alors, elle se dissimula à demi derrière son métier, sans daigner s'apercevoir de la mine un peu déconfite du joli visage.
--Bonjour, mademoiselle. Vous avez fait bon voyage? Un peu de poussière, n'est-ce pas? Moi, j'ai l'horreur du chemin de fer...
--Tout s'est bien passé, merci, madame. Mais... je vous en prie... je m'appelle Edmée... Edmée tout court, et Marthe veut bien me tutoyer.
--Mon Dieu! Marthe fait ce qui lui plaît. C'est elle qui vous invite; elle prétend que vous êtes sa sœur. Moi, je ne demande pas mieux. Seulement, si je suis sa tante, je ne suis pas la vôtre. Sa mère était ma sœur, une sœur que j'adorais...
--Je le sais, madame. Vous ne désirez pas ma présence, c'est si naturel! Mais si vous vouliez bien me regarder une bonne fois dans les yeux--comme cela, tenez!--vous verriez bien que je ne suis pas mauvaise, que je serais désolée d'être la cause d'un instant de froid entre ma grande sœur et vous, et... et que je ferai de mon mieux pour qu'un jour vous me pardonniez d'être... la fille de ma mère.
Alors, énervée par toutes les émotions de la journée, par cette première résistance, prévue pourtant, Edmée éclata en sanglots, des sanglots violents d'enfant qui ne sait pas se contraindre et qui veut qu'on la console. Très ennuyée de cette scène, Mme Despois sortit précipitamment de derrière son métier.
--Voyons, mademoiselle, voyons... Edmée!...
--Pardon, madame, balbutia Edmée entre deux sanglots, se laissant câliner par sa sœur, c'est pas exprès, c'est plus fort que moi... C'est fini maintenant.
--Alors, il faut que je vous embrasse pour faire la paix?
--Ah!... si vous vouliez bien ne pas me détester!
--Mais je ne vous déteste pas, vous: c'est le passé que je déteste. Allons! n'en parlons plus. Là, êtes-vous contente?
Et la tante Rélie l'embrassa au front, un peu bien contre son gré, mais ne résistant pas aux regards suppliants de Marthe.
L'orage passa comme il était venu. Edmée riait, en pleurant encore, et remerciait Mme Despois en petites phrases entrecoupées de sanglots.
Marthe l'emmena au plus vite pour l'installer. En voyant les deux jeunes filles, le bras de l'aînée autour de la cadette qui semblait toute petite et mignonne à côté de la jeune châtelaine, tante Rélie murmurait: «Eh bien, si l'on m'avait, prédit que je l'embrasserais, celle-là!... Mais, avec ces yeux-là, elle fera ce qu'elle voudra de tous ceux qui l'approcheront. Quant à Marthe, elle est ensorcelée, cela se voit. Bah! on mariera la petite en deux temps trois mouvements; ce n'est pas elle qui boudera le mariage... puis nous serons tranquilles de nouveau. Elle est délicieuse, il n'y à pas à dire...»
L'appartement particulier de Marthe se composait d'une grande chambre donnant sur le jardin et d'un boudoir aménagé dans la grosse tour de droite. Ce boudoir rond était un réduit délicieux. Le mur était si épais, que dans sa profondeur, à chaque étroite fenêtre, renfoncement offrait deux sièges bien fournis de coussins, d'où l'on jouissait admirablement de la vue. Un petit escalier tournant, également pratiqué dans l'épaisseur du mur, menait au jardin par une petite porte qui ne servait guère qu'à Marthe. L'étage supérieur était également desservi par le petit escalier, mais les appartements en haut étaient rarement habités. A côté de la chambre à coucher, et communiquant avec elle, se trouvait une autre pièce très vaste, très gaie.
--Voici ta chambre, Edmée, du moins si elle te plaît. Si tu le préfères, je te ferai arranger l'appartement juste au-dessus, avec un salon également dans la grosse tour. Mais il m'a semblé que--surtout si tu as peur des revenants--tu aimerais à être sous mon aile. Mon boudoir sera le tien; tu vois, il y a un piano, des livres, un bureau, et il est assez grand pour que nous ne nous gênions pas mutuellement.
--Laisse-moi être près de toi, Marthe, toujours près de toi. J'y suis si bien! Et quelle jolie chambre tu m'as donnée, quelle vue! Ah! que nous allons être heureuses, toutes deux!
Elle ne tenait pas en place, un peu fiévreuse, un peu surexcitée; elle voulut de suite visiter le château, tandis que la femme de chambre ouvrait ses malles et mettait en ordre tous ses effets.
L'arrière du château, très irrégulier, coupé de tourelles en éteignoirs, de corps de bâtiments en retrait, puis en saillie, de petites cours intérieures pavées de grands blocs de pierre, tout cela bâti à diverses reprises, selon les besoins du moment, jurait un peu avec la façade sévère et nue. Plus loin, on découvrait les écuries, les communs, une basse-cour, puis un grand verger et un potager. Au-delà, les grands bois silencieux s'étendaient au loin de tous côtés...
Edmée, petite Parisienne en rupture de ban, se grisait de toute cette vie nouvelle de pleine campagne qui avait le charme de l'imprévu et de la nouveauté. Elle comptait s'amuser infiniment à jouer à la fermière. Mais les idées dans ce petit cerveau s'entre-choquaient à la diable.
--Et tu vas recevoir, donner des fêtes? Quel bonheur!... C'est ce monsieur... comment s'appelle-t-il donc?... qui l'a dit. Tu le connais depuis longtemps? C'est drôle qu'il n'ait pas songé à t'épouser, puisque vous êtes voisins de campagne. La campagne, ça doit donner envie de se marier...
--Tu vois bien que non, puisque, pour moi, ce n'est pas encore fait!
--Ça viendra. Il me plaît beaucoup ce monsieur, quoiqu'il ait les épaules un peu rondes; il doit écrire beaucoup, penché sur sa table... L'autre aussi, tu sais, le militaire, est charmant. Nous avons voyagé dans le même compartiment, ces deux messieurs et nous, je ne te l'ai pas dit? Je me suis amusée!... Ils me regardaient tous deux beaucoup, et je faisais exprès de laisser tomber mon livre ou mon mouchoir, pour les voir se disputer à qui le ramasserait le plus vite. Une fois ils se sont heurtés l'un contre l'autre. J'ai failli éclater. Puis en descendant j'ai été sur le point de tomber. Tous deux sont accourus; chacun a eu un de mes meilleurs sourires; comme cela je n'ai pas fait de jaloux!
Ce bavardage enfantin ne plut qu'à demi à Marthe.
--J'espère pourtant, ma petite Edmée, que tu n'es pas coquette?
--Je n'en sais rien; mais je croirais pourtant que si. Puisque je t'ai confessé que j'avais un tas de défauts!...
(A suivre.)
Jeanne Mairet.