ESPAGNE.

La lumière ne tardera pas à se faire d'une manière complète sur l'incident relatif à la capture de la Vigilante, dont nous avons parlé dans notre précédent bulletin; ce navire a été rendu à l'Espagne par le commandant de l'escadre allemande; d'autre part, ce dernier a été rappelé à Berlin par son gouvernement, qui a pourvu à son remplacement. Les insurgés de Carthagène, après avoir échoué, comme nous l'avons dit, dans leur tentative contre Almaria, ont dirigé leurs navires sur Malaga en menaçant cette ville d'un bombardement si elle se refusait à leur payer une contribution de guerre; mais ils sont activement surveillés par le Fredéric-Charles, qui les a empêchés de mettre leur menace à exécution.

L'activité et la vigueur dont fait preuve le nouveau gouvernement de Madrid continuent à être couronnées de succès; Cadix, rempart de l'insurrection en Andalousie, est tombée au pouvoir du gouvernement; l'attaque de Valence continue et l'on s'attend d'un jour à l'autre à sa reddition; Grenade ne tardera pas à subir le même sort et est, en attendant, le théâtre des derniers excès. Pour donner une idée du degré d'insanité auquel sont arrivés les fous furieux que la populace a mis à sa tête dans cette dernière ville, nous ne saurions mieux faire que de citer le procès-verbal, reproduit ces jours derniers par le journal le Soir, d'une séance du Comité de salut publie dans laquelle a été décidé la démolition de l'arc des Pesos, un des chefs-d'œuvre de l'architecture mauresque. Décidée dans le but de procurer du travail aux ouvriers, cette démolition a fait l'objet d'une observation du citoyen Alfaro, demandant qu'on la retardât jusqu'à ce qu'on eût exproprié un citoyen rémouleur qui, ayant l'habitude d'y repasser des couteaux les dimanches, avait des droits dominicaux sur cet emplacement. Après une discussion approfondie, le Comité de salut public décide, avec le plus grand sérieux, qu'il nommera une commission pour établir la question et présenter un rapport.