ESPAGNE.

La crise ministérielle que les nouvelles d'Espagne faisaient prévoir depuis quelques jours n'a pu être conjurée. M. Salmeron a déclaré aux Cortès qu'en présence du maintien par l'Assemblée de la peine de mort, il croyait devoir donner sa démission. M. Castelar a été élu président du pouvoir exécutif par 133 voix contre 67 données à M. Pi y Margall.

M. Castelar a inauguré son pouvoir par des actes dont la vigueur a produit le meilleur effet, et les Cortès paraissent très-disposées à le seconder dans sa pénible tâche. Elles viennent de voter à l'unanimité l'urgence pour plusieurs mesures extraordinaires proposées par le gouvernement: appel de toute la réserve, amende de 5,000 pesetas contre les réfractaires, emprunt de 100 millions de pesetas (environ 108 millions de francs), et il n'est pas douteux que ces mesures ne soient adoptées. Le nouveau président du pouvoir exécutif peut compter sur l'appui de l'administration qui l'a précédé. M. Salmeron, qu'il remplace et qui n'a quitté ses fonctions que pour un dissentiment sur une question particulière, a accepté la présidence des Cortès qui ont été unanimes sur son élection. On assure, d'autre part, que le maréchal Serrano ne refusera pas le commandement de l'armée, du Nord qui lui est destiné. L'opinion publique est d'ailleurs favorable au gouvernement qui vient de se former, il peut compter sur l'appui de la nation.