RÉSUMÉ.
Quelque arides que soient ces matières, il nous semble utile d'en faire ressortir les points principaux: il y a là un précédent qui nous sera plus tard utile; et d'ailleurs, au milieu de nos désastres, n'éprouve-t-on pas une consolation réelle à voir cette activité de la nation, cette vitalité inouïe qui résiste à toutes les charges, et répare en si peu de temps des ruines que l'on croyait impossible de relever?
Six emprunts ont dû être émis pour nous acquitter vis-à-vis de l'étranger, le premier est à 57 fr. 26, le dernier à 89 fr. 55.
Les rentes inscrites au grand livre se divisent en deux parties:
1° Rentes émises par voie d'emprunt, soit 91 millions 830,000 francs de rentes représentant un capital de 1 milliard 334 millions.
2° Rentes remises aux puissances étrangères, soit 36 millions 658,000 francs de rentes représentant un capital de 733 millions.
A ces chiffres il convient d'ajouter les 100 millions de contribution forcée, les aggravations d'impôts, etc.; on arrive ainsi à un total exact et définitif de 2 MILLIARDS 90 MILLIONS.
C'est ce que nous coûtait l'invasion de 1815.
Le 1er décembre 1815, le cours de la rente 5 pour 100 était tombé à 52 fr. 30. En 1818, il était à 75 fr. 57, il dépassait 100 francs en 1824.
Pour compléter ce trop rapide récit, ajoutons que l'amortissement fondé en 1816 avait déjà, en 1825, racheté plus de 37 millions de rentes, pour un capital de plus de 700 millions.