1832

Le ministère a beau se démener; il ne peut obtenir un mouvement de hausse. La baisse fait des progrès à mesure que la majorité se dessine. C'est que la Bourse a peur du Thiers consolidé.

La France nouvelle prétend que l'impression du discours du trône a été généralement bonne. Le pays n'a pourtant vu jusqu'ici que de tristes épreuves.

Un journal ministériel nous dit que M. Thiers a un grand fonds d'éloquence; malheureusement M. le ministre de l'intérieur est forcé, par état, de tenir ses fonds secrets.

Entre le coup d'État populaire du 29 juillet et le coup d'État monarchique du 7 juin, il y a cette différence que le premier fut une cause sans effet, tandis que le second fut un effet sans cause.

Il ne faut pas s'étonner que ces messieurs soient parvenus à soustraire l'état de siège au verdict du pays. Ces messieurs ont toujours été très-forts sur la soustraction.

Une arme à feu! quel moyen absurde pour abattre une poire! Aussi la gaule réclame.

Le Journal de Paris prétend qu'en juin les insurgés voulaient frapper le juste-milieu au cœur. En ce cas, on a bien raison de dire qu'ils tentaient l'impossible.

On dit que la nouvelle chambre a un écho. Ce n'est assurément pas dans le public.

Que de gens peuvent dire, comme le Christ:--«Je porte ma croix, Seigneur, sans l'avoir méritée!»

On a remarqué avec surprise que le projet de loi sur l'état de Siège, se termine par le protocole ordinaire: Donné, etc.--Joli cadeau qu'on nous fait là!

Jules Rohaut.

(A suivre.)