ESPAGNE

Les nouvelles d'Espagne sont relativement satisfaisantes. Carthagène est investi par terre et par mer. Les insurgés font preuve d'énergie, mais les vivres commencent à manquer. Une dépêche de Madrid, en date du 14 octobre, annonce qu'il en resterait seulement pour trois ou quatre jours. On sait qu'un engagement a eu lieu le 11 entre l'escadre de l'amiral Lobo et les frégates intransigeantes. L'issue de cet engagement est d'un excellent augure. Après deux heures d'un combat acharné, dans lequel a été tué M. Mova, député et membre de la junte insurrectionnelle, les forces navales carthaginoises, fort maltraitées, ont été obligées de regagner le port.

Voilà pour le midi; quant au nord, le combat de Cirauqui paraît avoir eu plus d'importance qu'on ne l'avait d'abord supposé. Il semble que le général Moriones qui, depuis plusieurs jours, essayait de forcer les lignes ennemies, ait voulu surtout s'assurer de la valeur de ses troupes en les lançant contre les bandes navarraises, qui constituent la grande force des carlistes, attirer en Navarre une partie des insurgés du Guipuzcoa et de la Biscaye, et offrir ainsi au général Loma l'occasion de prendre l'offensive. Le général Moriones a atteint le premier but et paraît devoir atteindre les deux autres; en effet, dans son rapport sur le combat qui vient d'avoir lieu, il termine en disant que dans peu de jours les heureuses conséquences du combat de Cirauqui se feront certainement sentir, et que déjà l'on signale à Estella la présence de don Carlos, venu du Guipuzcoa au secours de son lieutenant.