NOS GRAVURES
Thermidor est interdit, ou, pour être plus exact, suspendu. Cette interdiction, qui laisse entière l'appréciation de notre collaborateur Savigny, dont l'article était écrit avant que la nouvelle ne fut connue, ne peut qu'ajouter à l'intérêt des gravures que nous consacrons à la pièce.
Notre premier dessin représente le décor du premier acte. Il est d'un aspect délicieux. C'est le matin d'un beau jour d'été. Nous sommes au bord de la Seine. A droite, le quai vers lequel on monte par un escalier de bois, un escalier tournant. A gauche, une île toute fraîche, qu'ombragent des saules, que bordent des roseaux...
C'est là que se noue le drame. Déjà Labussière (M. Coquelin) a arraché Fabienne Lecoulteux (Mme Bartet), à la fureur des lavandières qui la poursuivaient et elle va pouvoir fuir avec Martial Hugon (M. Marais) lorsqu'attiré par le bruit, un des pourvoyeurs de la guillotine descend de la berge dans l'île. A sa vue, les lavandières reprennent courage... Mais Labussière ne perd pas la tête; on pourrait presque, s'il ne s'agissait d'un sujet aussi grave, dire qu'il ne perd par la carte... Car il lui suffit de montrer au pourvoyeur sa carte civique pour que le pourvoyeur s'incline respectueusement et lui demande pardon de l'avoir interrogé.
Notre deuxième gravure représente les dernières scènes du dernier acte. Elles se déroulent dans la cour de la Conciergerie. Fabienne n'a pas voulu accepter le subterfuge qui lui était offert pour être sauvée... Elle dit un dernier adieu à celui qu'elle aime et marche d'un pas ferme vers l'échafaud.
Encore un mot:
On sait avec quelle singulière ardeur M. Sardou suit les répétitions de ses œuvres, aucun détail de mise en scène, de costume, ne lui échappe. Le croquis ci-dessous nous montre le célèbre académicien, coiffé de son béret légendaire, communiquant ses observations à son principal interprète, Coquelin, ce dernier dans le costume de son rôle de Labussière.
Ad. Ad.
Le père de Deken. M. Bonvalot. Le prince Henri d'Orléans.
Les explorateurs du Tibet.
Le voyage d'exploration au Tibet du prince Henri d'Orléans
et de M. Bonvalot.--Le transport des bagages.
L'HIVER DE 1891.--L'Asile de nuit installé dans le Palais des
Arts-Libéraux, au Champ-de-Mars.
LA NEIGE EN ALGÉRIE.--Une rue de la ville haute, à
Alger.--Phot. Famin.
LA NEIGE EN ALGÉRIE.--La place du Gouvernement, à Alger,
vue prise le 19 janvier.--Phot. Geiser.
Ohé! les masques, ohé! Allons, sortez de vos moules, faux nez et postiches de tout genre, et, dans un divertissant défilé, montrez-nous que la gaieté française est moins moribonde qu'on ne se l'imagine, et surtout qu'on ne le dit!
Que de souvenirs joyeux, en effet, évoque pour le lecteur la vue de tous ces masques, et quelles bonnes histoires personnelles ne rappellent-ils pas à chacun de nous? Dans notre souvenir ils s'agitent, s'animent, et, de toutes les cavités de ces figures de carton blafardes ou rutilantes, il se dégage un vague murmure sonore, écho de nos folies de vingt ans!
On a beau s'en défendre, il reste de ces premières impressions comme une griserie, et plus d'un, qui depuis longtemps ne se masque plus, hélas! s'est surpris à vouloir, pour une fois au moins, recommencer.
De tous temps l'homme s'est masqué pour se moquer de l'homme. Bacchanales grecques, saturnales romaines, fête des fous ou des vendanges, procession du renard dans l'ancien temps, promenades du géant Gayant, de la tarrasque, du bœuf gras plus près de nous, le masque a tout accompagné et a subi de nombreuses transformations. On le rencontre pour la première fois, d'une façon certaine, au théâtre grec, où il avait un double but: d'abord donner plus de vérité à la représentation du personnage, ensuite renforcer par certains artifices la voix de l'acteur.
Les masques antiques se divisaient en plusieurs catégories: masques de vieillards, de jeunes hommes, d'esclaves et de femmes. Mais ce n'étaient pas là des masques dans l'acception que l'on donne aujourd'hui à ce mot, ils ne comportaient aucune idée de déguisement.
Ces masques du théâtre ancien se sont d'ailleurs perpétués jusqu'à une époque peu éloignée de nous. Polichinelle, le capitaine Matamore, Arlequin enfin, en sont comme les derniers reflets.
De la scène, le masque ne tarde pas à passer à la ville, et cette mode prend naissance en Italie, à Venise, où elle est une conséquence toute naturelle de son célèbre carnaval.
Dès lors, tout le monde se masque, mais alors aussi commencèrent les abus; adopté pour favoriser la galanterie et les divertissements, le masque servit bientôt à faciliter les crimes.
François 1er, Charles IX et Henri III essayèrent par de nombreuses ordonnances de mettre fin à ces méfaits, mais inutilement.
De même, bien plus tard, en 1789, le gouvernement crut devoir les proscrire comme portant atteinte à la dignité humaine; malgré cela ils n'en continuèrent pas moins à être de toutes les fêtes populaires et à rire bravement au nez de la loi.
Mais l'époque moderne est arrivée, le masque va se transformer entièrement.
Les premiers masques étaient en bois ou en écorce de bois, le cuir vint ensuite; puis la cire. Le bois en était souvent doublé de cuivre, d'airain ou d'argent, surtout pour les masques de théâtre, dans le but d'augmenter la sonorité et la résonance de la voix; ils étaient en quelque sorte l'exagération de la figure humaine dont ils essayaient cependant de se rapprocher. Les masques de cuir durèrent peu et ne tardèrent pas à être remplacés par ceux de cire qui, eux-mêmes, ne durèrent pas longtemps.
A notre époque différents éléments servent à le fabriquer. On fait des masques en étoffe, en toile sans cire, ou en toile avec cire, en toile métallique. Les étoffes employées sont: la percale, les étoffes à dessins, la satinette, le satin de toutes qualités et de toutes couleurs, le velours, la dentelle, le tulle, les paillettes; mais le plus généralement le masque actuel est en carton.
On emploie pour cela quatre qualités de carton: le gris, le blanc, le demi-fin; ainsi nommés, cela se comprend, d'après leurs qualités. On se sert enfin de ce qu'on appelle le masque fort pour fabriquer les pièces exceptionnelles qui ont besoin d'offrir une plus grande résistance.
Nous n'insisterons pas sur les manipulations que nécessite la fabrication d'un masque: nous dirons simplement que la feuille de carton plus ou moins ramollie par l'humidité est appliquée contre les parois d'un moule, dont, une fois sèche, elle doit reproduire l'empreinte: cette manipulation exige beaucoup d'adresse et d'habitude et la possession d'un matériel spécial, très nombreux, puisqu'il faut autant de moules que l'on veut faire de formes différentes de masques.
Chaque masque est ensuite placé, pour recevoir la couleur, sur un moule en relief en carton fort.
On passe d'abord une couche de couleur chair claire, délayée avec de la colle de peau afin de donner de la raideur au carton. Cette première couche étant sèche, on en passe une seconde définitive et nuancée suivant le caractère qu'aura le masque; ensuite, avec un tampon de laine, on met du rouge au front, aux joues, au menton, etc.; les sourcils, cils, barbes et moustaches sont peints avec des couleurs très fines délayées dans de la gomme arabique: puis, sur le tout, on étend un encollage à la colle de pâte destinée à empêcher les taches, puis un vernis à l'alcool.
Enfin, lorsque toutes ces opérations sont terminées, on perce les yeux, les narines, la bouche, avec des emporte-pièces.
On rogne ensuite le tour du masque avec des ciseaux et il est prêt à être vendu.
Ce rognage après coup demande quelques explications, car il est en quelque sorte la caractéristique du masque de fabrication française.
En France, en effet, la feuille de carton employée est toujours plus grande que le moule, elle le déborde de un à deux centimètres et ce bord, rabattu en avant; forme autour du masque un écran circulaire protecteur qui empêche la peinture et le vernis d'en salir l'intérieur, lequel doit être en contact avec la figure, et lorsque plus tard on le découpera, la tranche de carton sera blanche et immaculée. Il en est de même pour le perçage des ouvertures après coup.
En général les étrangers, les Allemands surtout, négligent ces précautions, mesurent leur carton juste aux dimensions du moule, découpent d'abord les ouvertures et peignent par-dessus. Ainsi les poils du pinceau débordent à l'intérieur du masque par la bordure et les trous et en maculent l'intérieur et la tranche.
Toutes les fois donc que vous verrez de larges traînées de rouge chair ou de noir sur les bords, à l'intérieur, ou autour des yeux et de la bouche, toutes les fois que vous verrez un masque dont la tranche sera colorée, dites-vous: voilà de la fabrication étrangère, et n'achetez pas, à moins que, la sueur aidant, vous n'aimiez à voir votre figure transformée en arc-en-ciel après quelques instants de port.
Un mot maintenant sur le masque de cire. Il a pour base la toile fine et un peu usée qui, durcie au moyen de la colle de pâte, se manipule comme le carton, puis est plongée dans de la cire bouillante. Cette manipulation délicate se comprend facilement.
En résumé donc, carton et toile imprégnée de cire, voilà les principaux éléments des masques actuels, on n'en fait plus ni en peau, ni en bois, ce dernier est exclusivement réservé aux macarons qui sont des motifs de décoration et n'ont rien à voir avec les masques.
Nous avons laissé à dessein pour la fin les masques en étoffes, tels que les loups et les dominos, parce que leur fabrication est un secret français jusqu'à ce jour soigneusement gardé, qui nous donne une réelle supériorité, et n'a pu encore être ni imité ni surpris par l'étranger.
Il y a entre le loup et le domino une différence que peu de gens connaissent et qui est cependant originale. Nous devons la signaler ici.
Le loup est rond ou plutôt ovale; quant au domino, c'est un loup de forme carrée. Le loup désigne la femme et le domino l'homme lorsque tous deux sont déguisés, et lorsque la femme est déguisée en homme elle doit porter le loup de son sexe pour indiquer ce déguisement, à moins que, pour compléter la supercherie ou l'illusion, elle ne porte le domino.
De la fabrication au fabricant, il n'y a qu'un pas, franchissons-le:
Jusqu'en 1770, l'Italie en a eu le monopole, ses fabricants n'avaient pas de rivaux; mais, peu à peu, la France s'est emparée de cette industrie, où l'Allemagne la suit et depuis cinq ou six ans environ paraît rivaliser avec elle, non sans résultats.
Les fabricants sont d'ailleurs peu nombreux. On en compte 4 à Paris, 2 en Belgique, 2 en Allemagne et 1 enfin en Grèce, 9 en tout, pour le monde entier.
Ces neuf fabricants vendent en moyenne, l'un dans l'autre, quatre millions de masques par an. Dans ce chiffre Paris entre pour douze cent mille environ, l'Allemagne pour le double, la Belgique et la Grèce se partagent le reste, et, chose curieuse, c'est à Paris même que se vendent le plus de masques allemands.
Veut-on savoir maintenant en quels pays s'écoulent tous ces masques?
Dans le monde entier, mais principalement dans l'Amérique du Sud.
L'Angleterre en consomme très peu, la Russie quelques-uns à peine, la Turquie par contre énormément. L'Italie, que l'on croirait devoir être au premier rang, n'en fabrique plus et en consomme modérément; il en est de même pour l'Espagne, le Portugal, la Suède, la Norvège, la Suisse, la Roumanie.
La Belgique et l'Allemagne naturellement se fournissent elles-mêmes. Quant à la Pologne, seule de tous les pays, elle n'en consomme pas.
L'Asie, enfin, n'est représentée que par la Perse dont le souverain a fait d'assez importantes commandes de masques à l'une des principales maisons de notre place, mais pas du tout dans le but que l'on s'imagine.
Les masques entrent en effet en Perse dans le matériel scolaire. Ils servent aux instituteurs à effrayer, en s'en affublant brusquement, leurs élèves paresseux ou désobéissants, qui doivent, à cette vue, cela se conçoit, pousser des cris... perçants et revenir, espérons-le, à de meilleurs sentiments.
Les masques ont eu, on le voit, toutes les gloires; cette fin morale et instructive à laquelle on ne s'attendait pas fait qu'il leur doit être beaucoup pardonné. Et quel chemin parcouru par ce léger carton!
Quel est, maintenant, le prix du masque et quelles en sont les variétés actuelles?
Les prix en gros et en fabrique vont de deux centimes à six, sept et huit francs la pièce, suivant, bien entendu, les qualités, les genres et la quantité. Le détaillant les revend à son gré, il n'y a pas à cet égard de limites ni de tarifs.
Quant aux variétés, elles sont innombrables et dépendent du génie inventif du fabricant et de sa richesse en moules. Elles comprennent les masques entiers, les demi-masques, et les pièces postiches isolées.
Citons les principales, nous donnerons à côté quelques prix encore. Parmi les masques entiers d'abord:
Les masques de carton pour enfants à 4 francs la grosse et 35 centimes la douzaine, puis ceux pour hommes à 8 francs la grosse et 70 centimes la douzaine, puis les masques-caricatures à oreilles garnis ou non de crins, dont l'Alphonse et la vieille femme sont les types, qui se vendent par douzaine de 6 à 15 francs; puis les masques de carton fantaisie, comprenant les diables, monstres, pompiers, paysans, jockeys, chinois, avec garnissage excentrique et coiffures mobiles, qui vont de 7 fr. 50 à 27 francs la douzaine; puis les caricatures proprement dites et les types divers, vieux fonctionnaires à favoris et lunettes, malades avec bandeaux et belles-mères avec des animaux sur le nez (à 18 francs la douzaine de belles-mères), enfin les têtes d'animaux, girafe, rhinocéros, éléphant, chameau, grand-duc, canard, autruche, phoque, tortue, maquereau, rouget, lièvre, rat, avec crânes et mâchoires articulés, qui vont jusqu'à 42 francs.
Parmi les demi-masques nous trouvons deux variétés de nez: les nez fantastiques de 30 centimètres et les nez monstrueux de 40 centimètres de longueur; du fantastique qui est le moins au monstrueux qui est le plus, il y a 9 francs d'écart, plus de la moitié (9 à 18 francs la douzaine), mais cela ne fera jamais reculer un véritable amateur.
Le nez est, on le sait, un organe orgueilleux et entreprenant, aussi le prix de cet organe peut-il s'élever jusqu'à 30 francs. Mais aussi, quel nez pour ce prix!
Les masques en cire et en toile renferment peu de variétés, leur prix varie de 7 à 42 francs la douzaine. Ceux en toile métallique comportent aussi très peu de modèles.
Les dominos et les loups méritent de nous arrêter un instant. Les plus vulgaires sont en carton et coûtent de 7 à 51 francs la grosse, suivant qu'ils sont avec ou sans barbettes cousues. Quant aux autres, ceux dont la fabrication est un secret, leurs prix varient suivant l'étoffe et suivant la barbette: en percale, l fr. 50 à 4 fr. 25 la douzaine; en satinette, 2.75 à 4.75; en satin, 2.50 à 30 francs pour les loups, de 2.75 à 42 fr. pour les dominos; le prix le plus élevé des dominos en velours est de 36 francs.
De ces deux grandes variétés, masques pleins et demi-masques, c'est la première qui se vend en grande proportion le plus.
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Il nous reste, pour terminer cette énumération des types de masques, à parler des grosses têtes, dont deux spécimens, l'enfant qui pleure et l'enfant qui rit, forment le frontispice de nos dessins.
Cet article, malgré son prix relativement élevé, se vend bien.
Il n'y en a pas moins de 150 variétés différentes, dont la nomenclature est à elle seule tout un catalogue, et dont les prix flottent entre 4 et 10 francs la pièce, toujours, bien entendu, pris en fabrique et en gros.
Voici les noms techniques de quelques-unes des plus remarquables parmi les grosses têtes: Coq du village, Donneur d'eau bénite, Eunuque, Fluxionneux, Guenon coiffée, Hyacinthe, Invalide à la tête de bois, Juge, Maquignon, Mascotte, Nez piqué, Polyte, Pamphile, Paulus, Rochefort, Ramollot, Shah de Perse, Sauvage du Brésil, etc. C'est dans cette catégorie que se trouvent tous les animaux: Blaireaux, Chouettes, Castors, Grue, Grenouille, Ane, Cheval, Dindon, Tigre, Veau, Eléphant, etc., etc., et toutes les nationalités: Chinois, Japonais, Anglais, Russes, Turcs, Persans, Allemands, etc., Cinghalais, enfin, et Javanais, souvenirs de notre dernière Exposition Universelle.
Inutile de dire que les nègres y sont brillamment représentés par cinq modèles:
Le Nègre, tout court, le Nègre à turbans, le Nègre planteur, la Négresse à perles et la Négresse à madras.
Le monde entier est représenté dans cette collection, depuis le Kroumir jusqu'au Zoulou, sauf le Français cependant dont le type national est de ne pas en avoir, mais dont quelques spécimens locaux sont néanmoins reproduits: Alsacienne, Auvergnat et Normand.
Si nous ajoutons à cette nomenclature la mention des têtes à doubles faces, dites janus, nous aurons complètement passé en revue les masques dont la gamme grotesque ou humoristique commence au nez d'un sou pour finir à la double face, réserviste d'un côté et rosière de l'autre, au prix de 10 fr. la pièce.
Parmi les dessins que nous donnons aujourd'hui, le lecteur reconnaîtra facilement, reproduits d'après les modèles originaux, les différents masques dont nous avons parlé.
Sur la première page il trouvera: en tête, l'enfant qui pleure et celui qui rit, au-dessous d'eux un masque à barbe, un glabre, un diable, un idiot, puis l'Alphonse au-dessus de l'Anglais et du monstre, et dans un cartouche deux masques d'acteurs anciens.
La deuxième nous présente en groupe trois masques anciens et trois Japonais facilement reconnaissables, puis toute une pantomime en cinq Pierrots.
Pierrot 1er montre sa langue à Pierrots 2 et 3, étonnés de la trouver si mauvaise. Conclusion: administration par une main secourable de 50 grammes d'huile de ricin à Pierrot transformé en malade. Le page se termine par un macaron de femme japonaise, portrait de belle-mère probablement à en juger par sa mine, et par le fameux masque de guerre du célèbre Shogun Yeyas Minamoto, légendaire au Japon et qui se trouve dans toutes les panoplies.
La troisième page est un résumé de l'histoire des bêtes et de celle des races et contient deux types bien connus de masques, vrais ceux-là, d'acteurs modernes, Daubray d'abord, puis Lassouche, l'inoubliable créateur du genre qui porte son nom, et, comme en une vision, Sarah Bernhardt, Coquelin, Daudet, enfin Dumas.
La quatrième page débute par deux caricatures, puis une bonne femme, un clown, un yankee, un monocle, Pierrot, et Jules Ferry: ce dernier, paraît-il, a toujours du succès. Cette page se termine par une scène représentant la peinture des masques.
Un mot encore, et nous aurons tout dit.
Ce n'est guère que depuis l'année dernière que le commerce du masque a paru un peu reprendre à Paris; la capitale a semblé se réveiller d'une longue torpeur. L'interdiction de la procession du bœuf gras avait porté le coup suprême à l'industrie qui nous occupe en supprimant la dernière mascarade, la dernière réjouissance officielle que la promenade des blanchisseuses, elle aussi d'ailleurs tombée en désuétude, n'avait pu remplacer.
Aussi le cri des fabricants de masques était-il: «Le rétablissement du bœuf gras ou la mort!»
Il est heureusement arrivé jusqu'aux oreilles de nos édiles! le peuple leur demandait et du pain et des masques, ils ont sagement fait d'y consentir.
Terminons en constatant avec une satisfaction évidente d'amour-propre que l'homme est avant tout un animal judicieux et policé; il a de tout temps aimé à réglementer même ses folies: à ce titre le masque ne devait pas échapper à la vigilante attention du législateur.
De tous temps aussi des ordonnances sont intervenues, défendant, autorisant, réautorisant les masques et les mascarades; celles encore en vigueur de nos jours sont la loi du 24 août 1790 et l'ordonnance de police du 25 février 1825 qui arment les corps municipaux contre la licence et les pétulances de la gent masquée.
En voici les articles principaux:
Défense avec le masque de porter bâton ou épée;
Défense de paraître masqué avant ou après certaines heures;
Défense de prendre des déguisements de nature à troubler l'ordre public ou de blesser la décence:
Défense de proférer sous le masque des mots grossiers ou injurieux;
Défense de jeter des corps étrangers dans les voitures ou dans les maisons Tout masque doit se conformer aux injonctions de l'autorité.
La perpétration d'un crime sous le masque constitue une circonstance aggravante.
Nous en avons fini avec l'histoire des masques: puissent-ils cette année encore ne pas mentir à leur joyeuse réputation!
Hacks.
L'HIVER DE 1891.--Le déglaçage de la Seine au moyen de la mélinite.
(Voir l'article page 120.)
Tracé de la rigole destinée à recevoir le cordeau détonnant de mélinite.
Dévidage du cordeau.
Le placement des pétards.
Jonction de deux bouts du cordeau.
L'HIVER DE 1891.--La traversée de l'Escaut: un vapeur se
frayant un passage à travers les glaces.
L'HIVER DE 1891.--L'embâcle de l'Escaut, à Hoboken
(Belgique). D'après les photographies de M. H. Colon, d'Anvers.