LE GÉNÉRAL APPERT
Le général Appert vient de mourir à soixante-treize ans, après avoir fourni une longue et brillante carrière de soldat qui fut couronnée par d'éminents services diplomatiques rendus à la patrie.
LE GÉNÉRAL APPERT
D'après la photographie de la maison Appert.
On peut en trois dates résumer cette noble existence: Appert gagna sa croix de chevalier de la Légion d'honneur à la bataille de l'Isly; il fut fait grand-officier à Champigny; il a été fait grand-croix au retour de son ambassade à Saint-Pétersbourg. Ainsi, notre glorieuse conquête algérienne, l'héroïsme de la défense nationale, l'habile préparation de nos ententes internationales, les jours de gloire, les jours de deuil et les jours d'espérance de la patrie, doivent quelque chose au général Appert.
Il était né à Saint-Rémy-sur-Bucy (Marne) en 1817. A dix-neuf ans, il entrait à l'École de Saint-Cyr, puis il passait par l'École d'état-major et était nommé lieutenant en 1842. C'est sur la terre d'Afrique que le lieutenant Appert fait ses débuts.
En 1853 le chef de bataillon Appert rentre en France, mais ce n'est point pour longtemps. L'année suivante, on va se battre en Crimée. Appert y est, avec le maréchal Pélissier, qui fut séduit par les brillantes et aimables qualités de son aide-de-camp, et voulut l'emmener avec lui quand il alla à Londres, en 1858, comme ambassadeur. C'est là que Appert fit son apprentissage de diplomate.
Nommé divisionnaire en 1875, le général Appert a commandé de 1880 à 1882 le 17e corps d'armée à Toulouse. Sa carrière militaire devait s'arrêter là, mais il avait encore assez de verdeur d'esprit, et toujours assez de dévouement patriotique pour se tenir prêt à répondre à l'appel de son pays. Il fut appelé à l'ambassade de Saint-Pétersbourg et rendit à la France dans ce haut poste des services que nous n'avons pas oubliés.