LE GUI.

Le gui du chêne est devenu introuvable dans notre pays, disions-nous dans un récent numéro (24 décembre). Un de nos lecteurs, M. Guirbal, nous envoie à ce sujet les renseignements complémentaires suivants:

Un arbre à gui.

Le gui du pommier, quoique commun, ne se rencontre dans les vergers que par touffes isolées auxquelles la serpe des paysans fait une guerre sans merci; le gui du peuplier, par contre, pousse en véritables frondaisons dans certaines régions humides du Sud-Ouest, et c'est lui qui alimente principalement nos marchés parisiens.

Bien qu'au point de vue botanique il n'y ait aucune différence, le parasite du pommier se distingue de celui du peuplier par sa tenue, sa finesse, ses formes plus sveltes, son vert plus foncé; il se conserve mieux et est plus recherché.

Le véritable arbre à gui n'est même pas le peuplier commun, mais bien le peuplier tremble, connu dans le Midi sous le nom de carolin, dont les feuilles sont agitées d'un mouvement perpétuel et les branches puissantes étendues en parasol.

La photographie ci-jointe, prise à Saint-Nauphary, dans la banlieue de Montauban, représente un de ces spécimens, et encore après que les plus belles touffes de gui ont été récoltées pour la vente.

Un fait curieux à noter, c'est que ces arbres très élevés sont généralement envahis par le sommet alors que les pieds producteurs du parasite sont situés à des distances considérables.

Ce sont les petites grives ou merles draines qui, très friandes des baies gluantes du gui, mais ne digérant pas la graine unique qu'elles renferment, répandent au loin la semence avec leurs déjections.

On connaît le rôle considérable des insectes dans la fécondation des fleurs, mais celui des oiseaux, faisant à leur manière le geste auguste du semeur, est assez peu connu pour mériter d'être signalé.