LE PRÉSIDENT MAZEAU

M. Charles Mazeau, grand-officier de la Légion d'honneur, ancien

M. Mazeau. Phot.
Sartony, rue Dupkol.
sénateur de la Côte-d'Or et premier président honoraire de la Cour de cassation, s'est éteint, la semaine dernière, dans sa quatre-vingtième année.

Né à Dijon, il y avait fait ses études de droit, puis était venu à Paris où longtemps il fut avocat à la Cour de cassation, avant d'y siéger comme conseiller. Il était sénateur de la Côte-d'Or, qu'il avait représentée à l'Assemblée nationale, lorsqu'en 1887 il devint ministre de la justice dans le cabinet Rouvier.

Le 2 mars 1890, il avait été appelé à la première présidence de la Cour suprême, qu'il occupa jusqu'en 1900, époque à laquelle il prit sa retraite avec l'honorariat.

Peu de temps auparavant, on s'en souvient, M, Mazeau avait présidé les débats du procès en révision de l'affaire Dreyfus.

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NOUVELLES INVENTIONS

(Tous les articles publiés sous cette rubrique sont entièrement gratuits.)

GILETS EN PAPIER

On sait que le papier, corps isolant pour l'électricité et la chaleur, peut tenir lieu de tissu très chaud. L'application en a été souvent signalée et plus d'un pauvre diable s'est confectionné de rudimentaires vêtements avec des journaux de grand format. Il y a un revers à cette médaille: la fragilité du papier, et les vêtements ainsi bâtis sont d'une bien éphémère durée. M. Grabbe, graveur-imprimeur, a choisi un papier spécial, identique à celui qui fait partie de l'équipement des soldats japonais en campagne, et s'en est servi pour confectionner toute une série de vêtements très chauds et susceptibles de rendre de réels services aux personnes frileuses et en général à tous les sportsmen, sujets aux refroidissements occasionnés par la transpiration.

Le papier en question est indéchirable, au moins autant qu'un bon tissu, et imperméable; l'eau ne modifie pas sa solidité.

Le vêtement le plus intéressant à signaler est le gilet, dont l'adoption par le Touring-Club de France est une preuve de ses remarquables qualités calorifuges.

Grâce à sa disposition, ce système de gilet peut se placer instantanément sur le maillot ou sur les effets, et il ne gêne en aucune façon les mouvements de la personne qui le porte.

Ce gilet est enfermé dans une enveloppe de très petit volume, le tout ne pèse pas 45 grammes, se met dans la poche et remplace avantageusement tout vêtement encombrant et volumineux.

Il est également indispensable aux touristes se rendant aux bords de la mer ou dans les montagnes, aux pêcheurs qui stationnent longuement au bord de l'eau.

A un autre point de vue, il peut être utilisé avantageusement en hiver par le malheureux qu'il garantira du froid, autant que tout vêtement

plus chaud et plus coûteux.

Ce gilet (figure) est composé d'un plastron et d'un dos qui se croisent sur les épaules et sont réunis à cet endroit au moyen d'oeillets métalliques. Le gilet se place comme une chape en passant la tête dans l'échancrure qui se trouve entre le plastron et le dos. Ceci fait, il ne suffit plus que de l'attacher à la ceinture au moyen d'un ruban fixé à la partie postérieure du gilet et venant s'attacher par devant. Il se met sous la jaquette ou vareuse, il peut aussi se porter sous le gilet ordinaire pour les personnes qui désirent l'utiliser comme moyen préventif contre les refroidissements.

Son prix, simple, est de 2 fr. 05; double, 2 fr. 60; triple, 3 fr. 60, franco-poste pour la France. S'adresser à M. Grabbe, 36, rue de Lancry, Paris.

LE TABAC DÉNICOTINISÉ

Un ingénieux inventeur, le docteur Parant, vient d'imaginer un nouveau procédé de dénicotinisation du tabac.

Le tabac dénicotinisé, partant inoffensif, conserverait son arôme et serait très agréable à fumer.

La question d'empoisonnement par le tabac étant à l'ordre du jour dans le monde médical où l'on impute à la nicotine un grand nombre de méfaits, ce procédé de dénicotinisation, scientifique et pratique, vient bien à son heure, et nous croyons qu'il intéressera les amateurs de la plante importée par Nicot.

Le problème à résoudre était le suivant: Trouver un procédé simple, à la portée de tous, qui permette d'enlever au tabac son poison, c'est-à-dire la nicotine, et seulement la nicotine, tout en lui conservant son arôme.

Ce procédé repose sur une action physique, la compression, et sur deux actions chimiques:

Action de la potasse et de la soude sur les sels de nicotine; action du tannin sur la nicotine.

La compression s'exerce au moyen d'une presse spéciale que l'on trouve chez l'inventeur.

La nicotine étant très soluble dans l'eau, pour extraire la nicotine du tabac, il faut le laver, mais le laver avec peu de liquide, sans cela le tabac serait désagrégé, et le séchage ultérieur deviendrait impossible. Le but de cette presse est donc, en premier lieu, de comprimer au maximum le tabac sec, de façon à ce qu'une petite quantité d'eau soit suffisante pour le laver, c'est-à-dire pour dissoudre la nicotine.

Le tabac étant lavé, pour extraire cette eau de lavage, il faut aussi le comprimer fortement.

La presse a donc encore pour but d'enlever au tabac lavé la plus grande partie de l'eau de lavage, qui contient en dissolution la nicotine. Viennent ensuite les actions chimiques, en premier lieu celle de l'eau alcaline. La nicotine pure, avons-nous dit, est très soluble dans l'eau, mais, si le tabac est lavé avec de l'eau ordinaire, on enlève seulement une très petite quantité de nicotine, parce que la majeure partie existe, dans le tabac, à l'état de sels de nicotine, insolubles dans l'eau.

Mais, si l'on alcalinise l'eau qui va servir au lavage avec une quantité déterminée de potasse ou de soude, les sels de nicotine sont déplacés de leurs combinaisons et la nicotine, mise en liberté, devient très soluble.

Il faut donc arroser le tabac préalablement comprimé avec de l'eau alcaline et, quelques instants après, extraire, au moyen de la presse, la majeure partie de cette eau.

Cette eau de lavage a entraîné non seulement la nicotine, mais encore tous les principes solubles dans l'eau, principes nécessaires à la bonne combustion et à la conservation de l'arôme du tabac.

Aussi est-il nécessaire de restituer ces principes au tabac en l'arrosant avec l'eau de lavage, après en avoir toutefois extrait la nicotine. La nicotine s'extrait à l'aide du tannin. Le tannin a la propriété de former, avec la nicotine, un sel insoluble, le tannate de nicotine.

Dans l'eau de lavage qui vient d'être recueillie, il suffit de verser une quantité déterminée d'une solution de tannin et d'agiter quelques instants: immédiatement un trouble se produit, un dépôt abondant se forme au fond du vase, c'est le tannate de nicotine, insoluble; que l'on filtre cette eau, le tannate de nicotine restera sur le filtre et, en arrosant le tabac avec cette eau filtrée, on lui restituera tous ses principes, excepté son poison, la nicotine. On fait ensuite sécher le tabac. Tel est, résumé en quelques lignes, le procédé du docteur Parant.

Les personnes que la question intéressera particulièrement pourront s'adresser pour plus amples détails au docteur Parant, rue Regard, à Lons-le-Saunier (Jura).

SUPPLÉMENT Nº 1.

[Note du transcripteur: Les suppléments ont, pour la plupart, été perdus; ils ne sont d'ailleurs pas contenus dans les éditions reliées de 26 numéros.]

SUPPLÉMENT Nº 2.

L'ENFANT QUI SERA TSAR LE GRAND-DUC HÉRITIER ALEXIS NICOLAIEVITCH, NÉ A PÉTERHOF LE 12 AOUT 1904. ATAMAN DE TOUS LES COSAQUES, CHEF DU RÉGIMENT DE LA GARDE DE FINLANDE, DU 51e RÉGIMENT D'INFANTERIE DE ZITOVSK, DU 12e RÉGIMENT DE TIRAILLEURS DE LA SIBÉRIE ORIENTALE ET DU CORPS DES CADETS DE TACHKENT, CHEVALIER DE L'ORDRE DE SAINT-ANDRÉ

Photographie Boissonnas et Eggler.--Déposé, reproduction interdite.