LES THÉÂTRES
Les Variétés ont repris avec le plus grand succès la célèbre opérette de MM. Boucheron et Audran, Miss Helyet; livret et musique n'ont rien perdu des qualités aimables qui valurent autrefois à cet ouvrage une vogue extraordinaire. D'ailleurs, l'interprétation actuelle ne laisse rien à désirer. Brasseur, Mlle Lavallière et Mme Magnier, secondés par des chanteurs exercés: Mme Tariol-Beaugé, M. Alberthal, forment un ensemble irréprochable.
La nouvelle pièce du Palais-Royal n'enrichira pas beaucoup le répertoire de ce théâtre, mais elle en a cependant les qualités essentielles, puisqu'elle ne manque ni de gaieté ni d'entrain. La Marche forcée, de MM. G. Berr et Marc Sona, échappe à toute analyse: c'est de la folie pure, il faut renoncer à comprendre. Le public, entraîné par le mouvement endiablé de M. Galipaux, grisé par la fantaisie burlesque de MM. Raymond. Guyon et Lamy, sera peut-être moins exigeant que la critique et tiendra compte aux auteurs de l'avoir diverti pendant quelques instants.
L'Ange du Foyer, de MM. Caillavet et de Fiers, aux Nouveautés, a pleinement réussi. L'idée était originale de constituer comme moniteur d'un mari libertin le bon cousin qui convoite sa femme; mais l'idée ne serait rien s'il n'y avait M. Torin pour la mettre en valeur et, à côté de cet excellent comique, Mme Lender, S. Carlix et M. Noblet, qui rivalisent de verve et de talent. Ajoutons que l'action se déroule dans de beaux décors et que de jolies femmes y exhibent des toilettes sensationnelles autant par leur élégance que par la façon hardie dont on nous en révèle les dessous.
| Jules Verne dans sa bibliothèque. |
Jules Verne dans son jardin. --Phot. Douard. |