SUBMERSIBLE CONTRE SOUS-MARIN

Le monde maritime était très partagé sur la question de savoir lequel des deux types, le sous-marin ou le submersible, pourrait rendre, en temps de guerre, les meilleurs services, et duquel, partant, il convenait de construire le plus d'exemplaires. Les expériences qui se sont poursuivies, dix jours durant, à Cherbourg, et qui ont opposé le submersible Aigrette au sous-marin Z, semblent bien faites pour fixer l'opinion d'une façon définitive.

Le submersible Aigrette est en quelque sorte un torpilleur ordinaire contenant dans ses flancs un sous-marin: le profil qui apparaît sur notre dessin montre que cette combinaison est apparente même à l'extérieur. Quant au sous-marin Z, c'est un fuseau surmonté d'une plate-forme surélevée qui sert aux observations.

Le programme comportait des essais de navigation à la surface et d'habitabilité, des expériences de plongée et de navigation en immersion.

On a pu acquérir la certitude que l'Aigrette, à la surface, possède des qualités nautiques supérieures, gouverne mieux, est plus souple sur la lame et, par conséquent, moins pénible à habiter pour les équipages, qui peuvent ainsi venir respirer à l'air libre au lieu d'être confinés dans un espace hermétiquement clos, comme cela arrive à bord des sous-marins, lesquels, en raison de leur forme en fuseau, pénètrent violemment dans la vague et sont sans cesse couverts d'eau. La passerelle surélevée n'est elle-même pas tenable pour les hommes pendant la marche à la surface.

En plongée, les expériences, tout en faisant constater la bonne navigabilité de l'Aigrette, n'ont pas donné toutefois à ce bateau un avantage aussi sensible.

En résumé, pour toute navigation prolongée en haute mer, le submersible seul présente les qualités requises. C'est le navire d'offensive par excellence. Quant au sous-marin, il pourra rendre d'utiles services dans la défense des côtes.

LES EXPÉRIENCES DE CHERBOURG.--
Le submersible «Aigrette» naviguant en immersion.

Dessins de Johansor, d'après des documents graphiques.]