LES THÉÂTRES

S'il suffisait, pour réussir au théâtre, d'appliquer un grand talent littéraire et une science consommée à la reconstitution d'une époque, de ses moeurs, de son langage et de ses dehors, M. Maurice Maindron eût amplement réussi. Dans le Meilleur Parti, joué au théâtre Antoine, les misères de la guerre, à l'époque de la Ligue, sont exposées avec une verve caustique qui eût ravi Callot: la mise en scène est admirable, les acteurs tiennent bien leur rôle, rien ne manque si ce n'est un bon sujet de pièce, une action intéressante.

Au théâtre Trianon, M. Maurice Landay expose, dans la Loi de pardon, pièce en quatre actes, le cas d'un caissier qui s'est fait voleur par devoir, j'entends pour accomplir un acte de solidarité humaine et qui expie cruellement sa faute, le malheureux; les moeurs sont plus fortes que les théories humanitaires du président Magnaud, inspiratrices de cette oeuvre. La très réelle valeur dramatique de M. Landay et le talent d'interprétation de M. Barrai et de Mme Leriche vont assurer la faveur du public à la Loi de pardon.

Nous allons publier Scarron, de M. Catulle Mendès, l'Age d'aimer, de M. Pierre Wolff, Monsieur Piégois, de M. Alfred Capus. Quelques mots seulement de l'interprétation de ces trois pièces: elle est de premier ordre aussi bien à la Gaîté qu'au Gymnase et qu'à la Renaissance. A la Gaîté, c'est Coquelin, qui a fait de Scarron une inoubliable création; au Gymnase, c'est Mme Réjane entourée de MM. Huguenet, Dumény, Magnier, Calmettes; à la Renaissance, c'est l'incomparable duo que forment Mlle Marthe Brandès et M. Lucien Guitry.