M. DENYS PUECH

L'Académie des beaux-arts vient de désigner, pour remplacer M. Barrias, le sculpteur Denys Puech.

M. Denys Puech a aujourd'hui cinquante et un ans, étant né à Gavernac, dans l'Aveyron, en 1854.

Petit pâtre, comme Lantara, c'est au milieu des sites graves du pays natal qu'il sentit s'éveiller sa vocation. Grand prix de Rome en 1884, avec un remarquable Mézence blessé, il s'est révélé au grand public par une série d'oeuvres aimables et pleines de grâce: la Muse d'André Chénier, l'Enfant au poisson, la Sirène, le Sommeil de l'Étoile, la Seine, l'une des plus célèbres, et la curieuse Pensée, en marbre polychrome.

Il a produit aussi toute une série de monuments qui décorent les jardins et promenades de Paris: le Francis Garnier de l'Observatoire, le Jules Simon de la Madeleine, le monument de Leconte de Lisle au Luxembourg, le monument de Gavarni, à la place Saint Georges, la dernière en date de ses oeuvres.

Mlle Géraldine Farrar.--Phot. Paul Boyer.

LA FETE DES «ANNALES»

Samedi dernier, les Annales politiques et littéraires, notre brillant confrère dont l'hôtel voisine, rue Saint-Georges, avec celui de l'Illustration, fêtaient, dans les salons de l'Hôtel Continental, leur cent millième abonné. Pour dire le succès de cette fête, qu'il nous suffise de mentionner que cinq ministres y assistaient MM. Chaumié, Delcassé, Dubief, Merlou, Dujardin-Beaumetz; quant aux littérateurs, musiciens, peintres, sculpteurs, qui s'étaient mêlés au parterre des notabilités mondaines--un parterre d'environ 3.000 personnes--il nous serait difficile de les nommer: ils y étaient tous, pour assister au programme de comédie, de musique, de chant et de danse que M. et Mme Adolphe Brisson avaient, composé avec un goût ingénieux et délicat. Les cent mille abonnés n'y étaient naturellement pas tous, mais ils étaient largement représentés. On a chaleureusement applaudi, entre autres, des artistes du Théâtre Français: Mlles Leconte et Delvair, M. Mounet-Sully, dans la partie dramatique, et M. Georges Courteline interprétant lui-même une de ses meilleures comédies; on a associé, dans des acclamations enthousiastes, le talent délicieux et le timbre d'or de Mme Marguerite Carré, que tous connaissaient, et qu'accompagnait M. Massenet, et la voix merveilleuse d'une cantatrice qu'on n'avait pas encore entendue à Paris, Mlle Farrar.

Mlle Géraldine Farrar, d'origine américaine, possédée toute jeune de la vocation du chant, vint, il y a six ans--elle en avait alors dix-sept--- étudier à Paris pendant deux ans, et alla se perfectionner à Berlin, où elle eut tout de suite un long engagement à l'Opéra impérial. Cette année, profitant d'un bref congé, elle vient de créer A mica, de Mascagni, à Monte-Carlo. Mlle Farrar, qui parle--et chante--également en anglais, en allemand, en italien et en français, était venue pour vingt-quatre heures à Paris, afin de prêter son concours à la fête des Annales. Elle est aussitôt repartie pour Berlin. Mais elle projette, dit-on, de se perfectionner encore dans notre langue et de ne plus chanter qu'en français.

M Camille Blanc. Prince de Monaco, Prince de Bulgarie.
Inauguration de l'Exposition des canots automobiles de Monaco.