M. LE PROFESSEUR GARIEL

M. Gariel, dont la notoriété ne dépassait guère les limites, d'ailleurs assez larges, du monde scientifique et universitaire, vient de voir son nom livré à la grande publicité de la presse. On sait quelles circonstances récentes le mirent ainsi en vedette, à son corps défendant. Professeur agrégé à l'École de médecine, il y est, paraît-il, la terreur des candidats au doctorat, qui redoutent son extrême sévérité comme examinateur; les protestations des étudiants mécontents ont fini par dégénérer en manifestations bruyantes, en incidents tumultueux: d'où suspension du cours, puis, finalement, fermeture de la Faculté jusqu'aux vacances de Pâques.

Légitimes ou non, les griefs des protestataires visent un savant d'une valeur incontestée. Ancien élève de l'École polytechnique où il devint répétiteur, M. Gariel a droit tout ensemble aux titres d'ingénieur en chef des ponts et chaussées et de docteur en médecine; il appartient à l'Académie de médecine depuis vingt-deux ans et il y en a dix-huit qu'il occupe la chaire de physique à la Faculté. Il compte à son actif, outre d'importants travaux personnels, la publication des oeuvres de Léon Foucault. Mérite-t-il sa réputation de rigueur excessive? En tout cas, il ne serait pas étonnant qu'un homme qui a passé avec succès tant et de si rudes examens divers se montrât, maintenant qu'il en fait subir aux autres, quelque peu difficile sur les aptitudes et les capacités indispensables à ses yeux pour l'obtention d'un diplôme sérieux.