LE MONOPHONE
Les appareils téléphoniques actuels ont tous un grave défaut, celui de laisser à désirer, aussi bien au point de vue de l'hygiène qu'au point de vue de la propreté. Quelle que soit leur disposition, qu'ils soient munis d'un cornet ou d'une plaque vibrante, il faut toujours, pour s'en servir, avoir en face de la bouche et souvent à très faible distance, un réceptacle de microbes, de poussière et de salive. Ce réceptacle fait de ces appareils d'actifs propagateurs de maladies contagieuses; mais, en dehors même de ce danger, quelle est la personne qui n'éprouve une certaine contrainte à approcher sa bouche de l'endroit où d'autres personnes ont mis la leur?
La Société Industrielle des Téléphones vient de créer un appareil hygiénique et propre qui fait disparaître cet inconvénient.
Comme l'indique la figure 1, le monophone est disposé de telle sorte que son cornet, placé de côté et non en face de la bouche, ne recueille que les ondes sonores, et laisse passer aussi bien les particules de salive que les éléments contagieux.
Cela n'empêche d'ailleurs pas cet appareil simple et léger d'être un transmetteur net et puissant, puisqu'il s'applique à merveille aux conversations sur les plus longues lignes en service (Paris-Berlin, Paris-Rome, etc.).
L'administration des Postes et des Télégraphes a admis d'emblée le monophone sur le réseau et a autorisé la Société Industrielle des Téléphones à le vendre comme appareil de substitution aux abonnés qui sont déjà en possession d'un appareil combiné quelconque.
On peut voir sur la figure 2 la coupe du monophone.
Le cornet C transmet les ondes sonores, émises dans son voisinage, au minuscule microphone à pastilles de charbon M. Ce microphone possède une sensibilité remarquable, parce qu'il se trouve frappé sur ses deux faces par les ondes sonores. En a, b, m, on remarque l'aimant les bobines, et la membrane ordinaires placés derrière l'embouchure R p. Le téléphone peut être suspendu par un crochet A et le courant lui arrive par les bornes g, f. Cet appareil se trouve à la Société Industrielle des Téléphones, 25, rue du 4 Septembre, Paris, au prix de 80 francs, moins la reprise de l'ancien appareil combiné.