LE «TOURBILLON DE LA MORT»
Mlle Marcelle Randal dans l'automobile du «Tourbillon de la mort».
Cette nouveauté acrobatique vient, hélas! de justifier son appellation funèbre, qu'on présumait volontiers n'être qu'une artificieuse hyperbole destinée à corser l'effet d'une «attraction» sensationnelle.
Le «Tourbillon de la mort», c'était le dernier mot du looping the loop, le bouclage de la «boucle» en automobile, agrémenté d'un surcroît de difficultés. On sait--et notre schéma le fera mieux comprendre encore--comment fonctionnait, depuis un mois environ, au Casino de Paris, l'appareil construit par l'ingénieur Revel. L'automobile où se tenait, ligotée, Mlle Marcelle Randal, une jeune fille de vingt-deux ans, descendait avec une rapidité vertigineuse d'une hauteur de 8 mètres, le long d'un plancher fortement incliné; au bas de ce plancher, les roues de derrière faisaient déclencher un puissant ressort, qui projetait la voiture en l'air en la faisant basculer; il en résultait un véritable saut périlleux, au terme duquel le véhicule retombait sur un plan d'arrêt.
Le soir du vendredi 14 avril, Mme Randal, son exercice accompli, ne se releva pas, à son ordinaire, pour saluer les spectateurs: on la transporta évanouie à son domicile, où elle expirait, le lendemain, sans avoir repris connaissance. Une instruction judiciaire est ouverte et, d'après l'avis des médecins, il semble bien que cette mort doive être attribuée non à un accident, mais à la répétition de la commotion cérébrale, conséquence des violentes secousses imprimées au corps de la jeune acrobate.
Mme Adelina Patti.--Phot. Langper.