LUNETTES SPORTIVES
Le docteur Mirovitch s'est attaché à doter le sport automobile de lunettes présentant le minimum de laideur, ou même n'ayant rien de disgracieux, tout en offrant un confort supérieur à celui des lunettes ordinaires. Il semble bien que son but soit atteint; ses lunettes protègent les yeux avec une sécurité absolue contre la poussière des routes et tout courant d'air.
Elles empêchent pendant tout le trajet, par tous les temps et en toute saison, la formation de toute buée obstruant le champ visuel du sportsman.
Elles procurent aux yeux, même pendant les courses de grande vitesse, une circulation douce et rationnelle d'air atmosphérique et donnent à l'automobiliste ou au cycliste une sensation de bien-être tout en lui permettant de tenir les yeux largement ouverte, sans inconvénient aucun, sans clignements ni larmoiements.
Le sporstman peut, par conséquent, regarder normalement, c'est-à-dire horizontale ment, fixer nettement les objets rencontrés en cours de route et, par suite, s'orienter parfaitement, et cela sans la moindre fatigue pour les yeux.
Nos deux figures rendent compte du dispositif adopté pour réunir ces multiples avantages.
L'armature de la lunette (fig. 1) est en aluminium et, par suite, fort légère. Des rubans élastiques (h, i, j, k), passant par-dessus les oreilles et s'agrafant derrière la tête, assurent une fixation sure, sans gêne et sans excès de pression.
Les verres (B) possèdent une courbure transversale permettant la vision latérale bien mieux que les verres plans ordinaires; ces verres peuvent d'ailleurs être remplacés sans difficulté par des verres fumés de même courbure dans le cas de trop vive lumière, ou par des verres concaves ou convexes destinés aux myopes ou presbytes.
Fig. 1.
L'aération a été l'objet d'une étude spéciale; elle est douce et suffisante, grâce à l'emploi de deux tubes superposés, étroits et aplatis (o', o). Ces tubes, assez longs, sont infléchis en arrière et se terminent près de l'oreille. Ils prennent l'air en arrière et à contre-vent pour le diriger dans la chambre formée par le verre et l'oeil. L'un des tubes sert de canal de pénétration à l'air frais, l'autre sert de dégagement pour l'air échauffé. Ce système d'aération empêche, en cours de route, la formation de buée à l'intérieur des lunettes. Certainement, au premier moment après l'application des lunettes sur les yeux, ainsi qu'aux moments d'arrêt, les verres se couvrent d'une légère buée, prouvant ainsi la clôture hermétique du pourtour de l'oeil; mais cette buée disparaît instantanément dès les premiers tours de roue.
L'application au pourtour orbitaire, avec clôture absolument hermétique et sans aucune pression sensible, se fait à l'aide d'un bourrelet en tube de caoutchouc souple, entourant le bord libre de la coque des lunettes. Ce bourrelet prend point d'appui sur l'os du nez, sur la partie saillante de la pommette et sur la partie externe du rebord orbitaire au niveau de l'extrémité du sourcil.
Partout ailleurs le contact est intime mais sans aucune pression.
L'arcade sourcilière, en tombant librement sur le bourrelet, contribue à l'occlusion hermétique, en formant paroi.
Les deux globes des lunettes sont reliés par un pont métallique (d, g, D) qui peut s'allonger ou se raccourcir suivant la conformation de la racine du nez de chacun et se maintenir à l'écart voulu grâce à un curseur.
Cet exposé montre quelles patientes études ont présidé à la construction de ces lunettes qui marquent un progrès remarquable sur les disgracieux instruments habituellement employés.
Fig. 2.--Les lunettes repliées.
Ces lunettes se trouvent en vente chez M. Ed. Cahen, 3, rue Meyerbeer, Paris, au prix de 22 francs avec une seule paire de verres et 30 francs avec une paire de rechange.