LE PRIX DE FRANCE

Le prix de France est le grand prix des gentlemen-riders: le cavalier gagnant ce steeple-chase a désormais son droit d'entrée à vie sur l'hippodrome d'Auteuil. L'heureux vainqueur du prix de France de 1905, couru à Auteuil dimanche dernier, est un officier, M. Petit. Il montait Valmajour, appartenant à M. Arthur Veil-Picard et entraîné par M. J. d'Okhuysen. Celui-ci mérite une mention spéciale. C'est bien le type de l'entraîneur moderne, tout à fait différent de l'entraîneur anglais classique, ancien jockey devenu trop lourd, bon serviteur, presque toujours fidèle, des aristocratiques propriétaires d'écuries de courses. M. d'Okhuysen, hollandais d'origine, fit ses études au lycée de Nice, suivit les cours de l'école d'Alfort, passa par le journalisme sportif, s'avisa enfin d'appliquer à l'entraînement ses connaissances vétérinaires et son esprit novateur. Il eut d'abord deux chevaux d'ordre modeste, dont il fit deux gagnants de modestes épreuves. Il a eu pour la première fois cette année des cracks sous sa direction et il a remporté successivement le grand prix de Nice avec Brat, le grand prix de Bruxelles, le prix du Jockey-Club et le Grand Prix de Paris avec Finasseur, à M. Michel Ephrussi. M. Arthur Veil-Picard, possédant seulement des chevaux d'obstacles, ne pouvait aspirer qu'au Grand Steeple et au prix de France: il a manqué le grand-steeple que Frosdorphe n'a pu disputer; mais l'allocation du prix de France a dû être pour lui une appréciable compensation.

La formation de la trombe. La trombe s'abattant sur le lac.