FANTOFT

Il y a, non loin de Bergen, une toute petite église de bois qui ressemble à une pagode, mais qui y ressemble à un tel point qu'il est impossible de croire qu'à cette distance deux peuples aussi différents aient pu concevoir sans entente une architecture aussi identique... Alors, il faudrait donc accepter que ces diables de Norvégiens soient allés dans l'Inde, en Chine? Par où alors?

--Par le détroit de Behring, dit un savant de la croisière...

Qui donc l'aurait cru! Comme on s'instruit en voyageant!

Retour sous une pluie battante... oui, je sais bien, j'avais dit que je ne vous en parlerais plus, mais c'est irrésistible.

Stalheim.

On dîne, à bord, par petites tables de dix couverts. On agite quelques questions. A une table de millionnaires, on vient de trouver le moyen d'éteindre le paupérisme. Après dîner, dans la cordialité qui commence à régner entre les sauvages que nous sommes plus ou moins, on nous annonce pour demain l'arrivée de l'empereur d'Allemagne. Tous les cours français battent à cette nouvelle et les femmes lancent des regards mécontents à un intrus qui prétend que c'est seulement un bateau de touristes allemands qui est attendu.

Vendredi.--Il pl... Non... Toute l'eau du ciel mise en réserve depuis le déluge s'est précipitée sur nous pendant la nuit et continuera à nous inonder pendant toute la journée; j'aime mieux vous le dire tout de suite.

On cause. On s'émeut, non sans raison, de la façon dont notre littérature est représentée aux devantures des librairies. Rien que des livres pornographiques ou des ouvrages inconnus aux titres prometteurs. On comprend l'indignation du pasteur Malders en trouvant sur la table de Mme Alving des «romans français».

(A suivre.)

Le palais de l'Elysée, résidence du président de la République. Façade sur le jardin.

La salle des fêtes de l'Elysée, où l'on danse les soirs de bal.

La salle à manger: le couvert mis pour un grand dîner.

Salon de réception à l'Elysée.
Où LE PRÉSIDENT LOUBET REÇOIT LES SOUVERAINS