LES TRAMWAYS FUNÉRAIRES
Nous attribuions, il y a quelques semaines (n° du 22 avril), à la ville de Milan, le mérite d'avoir, la première, en Europe, employé les tramways électriques à l'arrosage de ses rues. L'affirmation nous a valu diverses protestations: Bordeaux, depuis deux ans; Bâle, depuis plus de deux ans; une petite ville de Westphalie, Remscheid, voisine d'Elberfeld, celle-là depuis dix ans, utilisent, paraît-il, ce système. Dont acte.
Milan sera-t-elle plus heureuse avec les tramways funéraires qu'elle vient de créer?
Il y a beau temps, déjà, que l'hygiène recommande de ne plus tolérer l'établissement de nouveaux cimetières dans l'enceinte des villes. A Milan, on s'empressa, dès qu'on le put, de tenir compte de cette indication de la science et un nouveau cimetière fut créé en pleine campagne, à 13 kilomètres de la ville, à Musocco.
On ne fit à cette innovation qu'une objection: la difficulté d'accès que présentait une nécropole aussi éloignée. Mais l'édilité milanaise vient de répondre à cette critique en décidant la création d'une ligne de tramways funéraires desservant le cimetière nouveau.
La ligne part de la cour du vieux cimetière Monumental. A l'avant est placé un fourgon mortuaire où l'on dépose le cercueil; ce fourgon, d'ornementation sobre, contient à son arrière un compartiment pour le personnel de service; un wagon spécial est réservé aux parents et amis. Un train emporte le reste du cortège et ramène tout le monde, la cérémonie terminée. Tous les frais du transport sont compris dans la taxe municipale des pompes funèbres.
Quelques minutes suffisent à amener tout le convoi à la nécropole de Musocco, vaste champ de repos aménagé selon les prescriptions les plus rigoureuses de l'hygiène moderne.