DOCUMENTS et INFORMATIONS

L'accident du dirigeable «Lebaudy».

L'enveloppe du dirigeable Lebaudy, éventrée
par la tempête au camp de Châlons, le 6 juillet.

Le dirigeable Lebaudy, que nous montrions, dans notre dernier numéro, atterrissant à Meaux, première étape de son grand voyage de Moisson à Châlons-sur-Marne, avait continué ensuite sur La Ferté-sous-Jouarre pour arriver enfin, luttant contre le vent, au camp de Châlons. Ce raid aérien, si fidèlement exécuté suivant l'itinéraire déterminé à l'avance par le ministère de la guerre, permettait d'affirmer que les chercheurs de la dirigeabilité aérienne avaient acquis, et d'une façon incontestable, un premier résultat.

Malheureusement, à peine le Lebaudy était-il amarré au poste qui lui avait été désigné, qu'une bourrasque, prenant bientôt les proportions d'une tempête, renversant des poteaux télégraphiques et déracinant des arbres, passa sur le camp. L'aéronat n'y put résister. L'enveloppe, poussée sur des arbres, se déchira. Cependant, la machinerie, ayant relativement peu souffert, l'ingénieur Julliot espère, après les réparations faites à l'enveloppe, pouvoir reprendre assez prochainement ses très intéressantes expériences.

La maladie des truites

L'an dernier un naturaliste allemand, qui fait autorité en matière de maladies des poissons, signalait une curieuse maladie qu'il avait observée chez de jeunes truites arc-en-ciel. Cette maladie n'attaque que les truites très jeunes, âgées de quelques mois au plus: elle est toujours mortelle dans certaines stations; dans d'autres, évoluant plus lentement, elle peut aboutir à la guérison. Les symptômes observés par M. Hofer lui ont permis de rapprocher la maladie des truites du tournis des moutons: dans les deux cas, en effet, il y a des mouvements de tournoiement et du vertige. Chez le poisson l'affection est suivie de lésions osseuses spéciales, d'ankyloses et de nodosités. On sait maintenant à quoi est due cette bizarre maladie: Mlle Marianne Plehn a montré qu'elle est due à un parasite, à un champignon qui se loge, en partie, dans le crâne, déterminant des lésions qui retentissent sur le cerveau, naturellement. Ce parasite viendrait des aliments qu'on donne à la truite. On la nourrit surtout de chair d'égleffin, poisson de mer chez qui le parasite existe normalement, mais sans déterminer chez lui de symptômes pathologiques connus. Pour éviter aux truites le tournis, il suffit donc de ne point leur donner de chair de poisson ou bien de la leur servir bien cuite, la cuisson tuant les parasites.

Chemins de fer allemands, anglais et français.

Dans le cours des dix dernières années, les recettes des voies ferrées ont augmenté: en Allemagne, de 828 millions; en Angleterre, de 632 millions et, en France, de 246 millions.

Et, cependant, la longueur de nos voies ferrées a gagné, dans ces cinq dernières années seulement, 1.157 kilomètres, passant de 33.796 à 34.953 kilomètres.

De 1895 à 1903, il n'a été construit en Angleterre que 1.700 kilomètres de voies ferrées; et, en Allemagne, dans le même temps, les lignes ont passé de 45.261 à 51.740 kilomètres, gagnant ainsi 6. 479 kilomètres.

Il est évident que le moindre trafic de nos voies ferrées, s'il est, dans une certaine mesure, un témoignage du malaise de notre commerce et de notre industrie, est aussi une conséquence de la stagnation de notre population.

Il ne faut pas oublier que la France, avec ses 39 millions d'habitants, n'en compte aujourd'hui que quelques centaines de mille de plus qu'il y a dix ans; tandis que la population anglaise s'accroît de 1% par an, et la population allemande de 1,5.

Depuis 1895, l'Angleterre, peuplée de 43 millions d'individus, en a gagné environ 4 millions; et l'Allemagne, peuplée de 60 millions d'habitants, en a gagné plus de 7 millions!

Le froid et la vie des graines.

Le froid est-il capable de tuer les graines? C'est là une question qui a été très discutée.

M. Paul Becquerel a soumis des graines à l'action du froid intense produit par l'évaporation de l'air liquide et les résultats qu'il a constatés lui ont permis d'affirmer que la résistance des graines aux basses températures dépend uniquement de la quantité d'eau et de gaz que renferment leurs tissus.

Si cette quantité d'eau et de gaz est suffisante, le froid désorganise le protoplasma et le noyau des cellules, et rend impossible tout retour de la vie: mais, si le protoplasma a été préalablement desséché et, par la dessiccation, a déjà atteint son maximum de concentration, alors il échappe à l'action des basses températures et la graine conserve son pouvoir germinatif.

En somme, il semble que le froid ne soit pas capable, par sa seule action, de supprimer la vie. On sait que les microbes lui résistent parfaitement.

Quand il tue, c'est que les phénomènes physiques de la congélation détruisent les cellules vivantes en les faisant éclater et en désorganisant leur contenu. Mais toute cellule capable de résister à la dessiccation est, par cela même, capable de résister à l'action du froid le plus intense.