LE RAID HIPPIQUE LYON-AIX-LES-BAINS.
Un raidillon sur le parcours de la première étape, de Lyon à Lagneu.
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Le lieutenant de Benoist descendant le col du Crucifix. |
Le capitaine Deremetz traversant Montalieu. |
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Le passage du gué de l'Ain. |
Le lieutenant d'Humières dans le gué de l'Ain. |
Une douche rafraîchissante donnée au cheval du lieutenant de Gironde par le lieutenant Degorge. |
Pour la troisième fois, le raid hippique organisé par la revue Armée et
Marine vient d'être couru du 26 au 28 juillet. Les précédentes
épreuves, Paris-Deauville et Lyon-Vichy, furent disputées sur route; le
programme de celle-ci portait que la course s'effectuerait en «terrain
varié», à travers champs et bois, afin de rendre l'expérience plus
démonstrative. Trois étapes: 1° Lyon à Lagneu, 55 kilomètres; 2° Lagneu
à La-Tour-du-Pin, 65 kilomètres; 3° La Tour-du-Pin à Lyon, 55
kilomètres. Sur 47 partants, 24 concurrents sont arrivés, le premier
ayant accompli le parcours total en 10 heures 32 minutes.
Les vainqueurs: les capitaines Champsavin, 1er (28e dragons); Bucaut, 2e (11e chasseurs); Deremetz, 3e (31e dragons). |
Le saut d'un fossé en plein champ par le capitaine
Bontemps, les lieutenants Barrière, Bruyas et Lignon.
Phot. Paul Boyer.Mme JULIA BARTET, chevalière de la Légion d'honneur.
Mme Bartet, doyenne de la Comédie-Française, vient d'être nommée «chevalière» de la Légion d'honneur. L'éminente artiste appartient à la Maison de Molière depuis vingt-cinq ans; elle y compte à peu près une égale durée de sociétariat et, en y accomplissant la plus brillante partie d'une carrière dramatique de plus de trente ans, elle en est devenue incontestablement une des gloires.
Si tous ceux qui l'ont admirée et applaudie avaient eu à trancher par voie de référendum la question: «Mme Bartet mérite-t-elle la croix?» le résultat du vote n'eût pas été douteux, étant donné que la toute-puissance du talent n'est point seulement du côté de la barbe et qu'aujourd'hui, dans les arts comme dans la littérature, la suprême distinction honorifique a cessé d'être un privilège exclusivement masculin. Or, le public n'eut pas voix au chapitre; l'affaire ressortissait au gouvernement et à la grande Chancellerie et, pour ces deux hautes autorités, soucieuses du formalisme, la question préjudicielle se posait ainsi: «Pouvait-on décorer Mme Bartet?» Pourquoi pas? Il y avait deux précédents: l'un récent, celui de Mme Adelina Patti; l'autre datant d'une dizaine d'années, celui de Mme Marie Laurent. Mais, objectait-on, la célèbre cantatrice a, suivant des conventions admises, bénéficié de sa qualité d'étrangère et la populaire actrice reçut le ruban rouge comme fondatrice de l'Orphelinat des arts, tandis que, s'agissant simplement d'une grande comédienne, le cas était grave. Fort heureusement ces chinoiseries n'ont pas prévalu; on a opté pour la solution la plus juste et la plus élégante. Voilà comment Mme Bartet a la fortune, que sa modestie avérée n'ambitionnait probablement pas, d'être la première artiste femme décorée au seul titre de comédienne et de voir son nom attaché à une petite révolution de palais--et de théâtre.
ROBINSONS MODERNES: LES PASSAGERS DU "CHODOC", NAUFRAGÉS
SUR LA COTE DES SOMALIS, A LA POINTE EXTRÊME-ORIENTALE
DE L'AFRIQUE (CAP GUARDAFUI)
1. Sur la plage: un sauveteur et un groupe de naufragés près de la pirogue qui les a transbordés (au fond, le Chodoc échoué).--2. Les préparatifs d'un campement provisoire. 3. La promenade des passagères à travers le camp improvisé, pendant l'installation des tentes--4. Devant le photographe... en attendant le rapatriement.--.Photographies instantanées communiquées par un des naufragés.]
En mentionnant (nº du 29 juillet) l'échouement, dans les parages du cap Guardafui, du Chodoc, paquebot de la Compagnie des Chargeurs-Réunis, venant d'Extrême-Orient, nous avons dit le concours précieux, sinon désintéressé, apporté par les indigènes de la côte au sauvetage des passagers.
Débarqués sur le rivage, les naufragés, au nombre d'environ six cents, durent, bon gré mal gré, rester là jusqu'au dénouement problématique de leur fâcheuse aventure. Ils installèrent donc un campement dont les intéressants documents photographiques reproduits ici montrent l'aspect, d'autant plus pittoresque et curieux que l'on comptait cent cinquante femmes et enfants parmi les hôtes accidentels des Somalis. Ceux-ci, d'ailleurs, profitant d'une rare aubaine, ne pratiquèrent nullement l'hospitalité à l'écossaise: non contents de vendre aux voyageurs jusqu'à l'eau potable, ils ne se firent pas faute de les alléger de leurs bagages.
Aussi, pendant un jour et demi d'attente, les victimes de cette robinsonnade forcée, les yeux anxieusement fixés vers l'horizon, multiplièrent-elles les signaux de détresse. On juge avec quelle joie elles saluèrent l'apparition du bateau sauveur, le vapeur russe Smolensk, quel empressement elles quittèrent une plage n'ayant rien des commodités ni des agréments des plages mondaines désignées d'autre part.