SUR LES PLAGES
(Voir les gravures des pages 96 et 97.)
Août: la saison des bains de mer, suivant l'expression consacrée, «bat son plein»; l'exode en masse des villes vers les nombreuses stations du littoral s'est accompli, et la vie parisienne elle-même n'est autre, à l'heure actuelle, que la vie des plages à la mode.
Mais, en dehors de la mode et de ses aimables tyrannies subies par tant de gens empressés à lui payer un tribut volontaire; en dehors des casinos, avec leurs spectacles et leurs concerts; des promenades d'apparat, avec leurs élégances, la villégiature maritime offre de multiples agréments, goûtés surtout des amis du plein air, des sains exercices, du repos réparateur: la pêche aux coquillages et aux crevettes, facile et pourtant non dépourvue d'émotions; les libres ébats des gentils bambins barbotant à plaisir dans des lacs minuscules ou construisant de fragiles ouvrages; la lutte vaillante de la charmante baigneuse contre la vague; le farniente somnolent des paresseux, mollement étendus sur un tapis de sable fin, que sais-je encore?...
Les malheureux citadins que l'austère devoir ou quelque motif d'ordre économique retiennent attachés, non pas même au rivage, mais très loin du rivage, en sont parfois réduits, par ces jours caniculaires, à attendre de leur imagination l'illusoire sensation d'un peu de fraîcheur et recherchent volontiers des images suggestives, dussent-elles exciter leur légitime envie.
C'est à ceux-là, plus particulièrement, que nous dédions cette série de photographies de saison, dont certaines, prises au moyen du cerf-volant--curieux procédé expliqué dans L'Illustration du 18 octobre 1902--donnent d'amusants effets de perspective panoramique et de raccourci.