LA VISITE DE L'ESCADRE FRANÇAISE A COWES ET A PORTSMOUTH

Photographies copyright S. Cribb, Gale and Polden et Topical Press Agency.

L'hôtel, de ville de Portsmouth et son souhait de bienvenue. Le Masséna dans la fumée de ses canons,
après le salut au roi.

La foule anglaise massée sur la plage, attendant
l'arrivée de l'escadre française.

Les escadres anglaise et française en rade de Cowes.

LE CUIRASSÉ «MASSÉNA», BATTANT PAVILLON DE L'AMIRAL
CAILLARD, EN RADE DE COWES.

La visite de la flotte française en Angleterre a été l'occasion de grandes fêtes maritimes qui ont duré toute cette semaine. Suivant le programme arrêté par l'Amirauté britannique, notre escadre du Nord venait mouiller en rade de Cowes, ayant en tête le Masséna, battant pavillon de l'amiral Gaillard, commandant en chef. Celui-ci, aussitôt après le mouillage, se faisait conduire à bord du yacht Victoria-and-Albert, pour saluer le roi; puis Édouard VII lui rendait sa visite à bord du Masséna. Cette première journée était, d'ailleurs, plus particulièrement consacrée aux réceptions officielles; dans le bruit des canons tonnant en salves d'allégresse, ce fut, sur le pont du vaisseau-amiral français, un va-et-vient de brillants uniformes: l'amiral Wilson, commandant en chef de la flotte anglaise de la Manche, les états-majors, les ambassadeurs, etc. Spectacle curieusement animé, dont, malgré la sévérité des consignes prohibitives, le correspondant de L'Illustration, posté à une hauteur favorable, a réussi à obtenir les curieuses photographies que nous reproduisons en première page.

LA FÊTE DES VIGNERONS, A VEVEY.--La danse du Printemps.

Vevey est une gracieuse cité vaudoise, assise sur la rive nord-est du lac de Genève, à l'endroit même où se jette la Vevayse. Cette petite ville de 6.000 habitants est deux fois célèbre, à cause d'un livre et à cause d'une tradition. C'est dans les environs de Vevey que Rousseau trouva le cadre de sa Nouvelle Héloïse. C'est à Vevey même que, de loin en loin, une fête fameuse, la Fête des Vignerons, réunit d'innombrables spectateurs dans un admirable théâtre de la nature.

La scène de ce théâtre est une place de la ville. Le décor, c'est, aux plans lointains, au-dessus des toits et des clochers, le paysage des monts abrupts et des verts pâturages. Les acteurs, ce sont tous les habitants du pays, en costumes de fête nationaux.

La Fête des Vignerons se présente sous un double aspect: elle est à la fois antique et moderne. Il y a des nymphes, des bacchantes et des bergers à houlettes. Les musiciens portent l'habit et la perruque du temps des baillis de Vevey. Les données du poème ne varient guère depuis l'année 1797. Ce sont, exaltés par les chants et mimés par des danses, les principaux événements de la vie rustique au cours des quatre saisons. Cette année, comme lors des représentations précédentes, on a applaudi la danse du Printemps, le pas des Bacchantes, le ballet des Feuilles mortes, le chant des Glaneuses, le défilé des chars de l'Été et l'Hymne à Gérés, et, naturellement, le Ranz des vaches.

Nous publierons la semaine prochaine les dessins de notre envoyé spécial, M. Georges Scott,

L'Hymne à Cérès devant les chars de l'Été.--Photographies Fisher.

Gravé par Ch. Maylander. Peint par Mme Colin-Libour.
EN DÉTRESSE

Au bord de la mer: un coin de plage, le ciel et l'eau se confondant presque en une vaste étendue; à l'horizon, les voiles d'une flottille de pêche; au premier plan, deux personnages. Sujet d'une composition très simple, que Mme Colin-Libour a traité avec la sobriété qui convenait; mais, en sa simplicité, quelle scène émouvante évoque ce tableau! S'écartant des abords trop fréquentés de la terrasse banale, une jeune mère s'est aventurée au loin, avec sa fillette, sur une de ces langues de sable où l'on se sent en pleine sécurité, à marée basse. Là, pendant qu'elle partageait les jeux ingénus de l'enfant, elle a perdu la notion du temps, s'est attardée, sans prendre garde au flot perfide; et voici que la mer, continuant de monter, menace de couper toute retraite en couvrant la langue de sable déjà transformée en îlot. La situation est critique: l'imprudente, affolée, dans une anxiété poignante, multiplie les appels, les signaux de détresse; espérons qu'elle en sera quitte pour la peur et que, grâce à un prompt sauvetage, l'aventure n'aura pas un dénouement tragique.

UN SPECTACLE DE L'AN 1452 QU'ON A REVU, LE 6 AOUT 1905, A BRUXELLES
Le cortège historique des fêtes de l'Indépendance belge sur la Grand'Place: Philippe le Bon et le comte de Charolais.
--Voir l'article, page 116.