LE RETOUR--EN CHEMIN DE FER

...... Nous voici dans un tout autre pays sans avoir quitté la Norvège. D'abord il fait chaud et, lorsque nous recevons des lettres de France nous parlant de la chaleur, nous n'envions plus ceux que nous avions laissés là-bas. Ensuite les champs sont semblables aux nôtres... semblables du moins à ce qu'ils étaient il y a deux ou trois mois. Nous voyons enfin des villages et des villes, des habitants actifs, occupés... Voici, à une station un chapeau haut de forme. Merci, mon Dieu! A chaque gare, des enfants viennent offrir des bouquets de cerises qui rafraîchissent mieux que la bière. Les employés du train sont d'une complaisance à laquelle ne sont pas habitués ceux d'entre nous qui n'ont voyagé que sur les chemins de fer français. Comme nous sommes visiblement harassés, l'employé, qui s'en aperçoit, nous fait lever gentiment avec un sourire et nous montre que ceux d'entre nous qui n'ont pas de vis-à-vis peuvent, en rapprochant les deux sièges qui se font face, s'installer un véritable lit et dormir tranquillement.

Statue d'Ibsen, devant le théâtre
de Christiania.
Photographies Meys.]