UN ANNIVERSAIRE AU VATICAN
Le pape Pie X vient de célébrer avec solennité, le 9 août dernier, le second anniversaire de son intronisation.
La messe pontificale, à laquelle Sa Sainteté assistait, a été célébrée à la chapelle Sixtine par le cardinal Merry del Val, secrétaire d'État, le plus jeune membre du sacré collège. Le pape s'était rendu à la chapelle, précédé de la garde noble et suivi de toute la cour romaine, en traversant les loges de Raphaël, et la marche de ce' cortège dans ce cadre admirable présentait le plus imposant des spectacles.
S. S. Pie X, précédé de la garde noble et suivi de la Cour pontificale, se rend, par les loges de Raphaël, à la chapelle Sixtine, pour célébrer le second anniversaire de son intronisation, le 9 août dernier.--Phot. G. Felici.
M. GABRIEL SOULACROIX
Le baryton Soulacroix vient de mourir à Fumel (Lot-et-Garonne), son pays natal, à l'âge de cinquante-deux ans. Fils d'un simple boulanger, qui élevait non sans peine quatre enfants, Gabriel Soulacroix avait commencé ses études au conservatoire de Toulouse, puisses poursuivit à Paris où il obtint, en 1878, le second prix de chant et d'opéra-comique.
M. Gabriel Soulacroix. Phot. comm.par M.
Marcel Languellier.
Après un séjour de neuf années à la Monnaie, à Bruxelles, il avait débuté, en 1880, à l'Opéra-Comique. Il y joua tour à tour, jusqu'en 1894, tous les rôles de baryton du répertoire et figura avec infiniment de distinction dans les créations de la Basoche, des Folies amoureuses, de Falstaff, de l'Escadron volant de la reine, du Roi malgré lui.
En dernier lieu, enfin, il créait, à la Renaissance, le Duc de Ferrare, et la Bohème de Leoncavallo. Il avait fait, en 1904, une brillante rentrée à l'Opéra-Comique avec le Jongleur de Notre-Dame.
Lors de l'incendie de l'Opéra-Comique, son sang-froid avait été digne d'admiration. En scène au moment où le feu se déclarait, il avait beaucoup contribué à empêcher la foule de s'écraser vers les issues et avait sauvé bien des existences. Le désastre était assez grand! Soulacroix avait alors été récompensé par une médaille de sauvetage, et c'était, de toutes ses décorations, celle dont il se montrait le plus fier.
UN MARIAGE FRANCO-CHINOIS Scïé-Ton-Fa, attaché d'ambassade et préfet de deuxième classe, épousait, ces jours derniers, en l'église de la Madeleine, Mlle Louise Sauvaget, jeune Nivernaise, devenue Parisienne de par un séjour de dix ans dans la capitale.
M. Scïé-Ton-Fa et sa jeune femme.--Phot. Anthony's.
Et ce fut un spectacle plein d'imprévu et de pittoresque que la vue de cette cérémonie unissant, dans le cadre de ce temple pseudo-grec, sous la bénédiction d'un prêtre chrétien, le jeune Céleste à la jeune Parisienne.
Revêtu d'une somptueuse robe de soie bleue, brodée de dragons d'or en écusson sur la poitrine, ceinture d'or incrustée de lapis, chaussé de hautes bottes de satin noir, Scïé-Ton-Fa, levant fièrement sa tête coiffée du chapeau de mandarin à bouton de cristal de roche, sortit triomphalement de la Madeleine aux accords de la marche de Lohengrin, cependant qu'à son bras Mme Scïé-Ton-Fa, tout émue, laissait dépasser de son missel les roses rouges, symbole chinois de l'amour.