LA CRISE HONGROISE

En Hongrie, à la séance parlementaire du 15 septembre, M. Fejervary, président du conseil des ministres, a donné lecture d'une lettre de l'empereur-roi, ajournant au 10 octobre, à cause des difficultés de la situation politique, la session de la Chambre des députés. Cette journée de la crise hongroise a été marquée par un épisode qu'on peut qualifier d'historique. Tandis que, dans la salle des délibérations, on discutait les prérogatives constitutionnelles du souverain, au dehors, devant le palais du Parlement, une foule énorme, composée en majeure partie d'ouvriers qui avaient déserté en masse les usines et les ateliers et auxquels s'étaient joints des groupes de bourgeois, faisait une imposante manifestation en faveur du suffrage universel. Détail curieux à noter, les manifestants accompagnaient leurs clameurs répétées du chant de la Marseillaise. Leur démonstration conserva d'ailleurs un caractère pacifique et, seules, leurs délégations pénétrèrent dans l'enceinte législative pour exposer au président leurs revendications.

EN HONGRIE.--La foule chantant la Marseillaise sur la place du Parlement, le 15 septembre (Au fond, le palais de la Cour de cassation.) Le baron Fejervary, président du conseil des ministres hongrois démissionnaire.--Photographies comm. par M. E. Brod.