Un nouvel analgésique local.

Cette substance, à joindre à plusieurs autres qui ont aussi la propriété précieuse de supprimer la douleur, porte un nom de dimensions redoutables. C'est le chlorhydrate de benzoïl-tétraméthyle-éthyle-diéthyle carbinol. Tel est son nom rationnel et scientifique. Mais, pour les conversations courantes, on a voulu quelque chose de plus court et l'on s'est arrêté au mot: «alypène».

L'alypène est une substance pulvérulente, facilement soluble dans l'eau, pouvant être sans inconvénient bouillie, c'est-à-dire stérilisée; on peut l'adjoindre à l'adrénaline ou à l'antipyrine sans qu'aucun des corps n'entrave l'action de l'autre. L'alypène aurait sur la cocaïne un grand avantage. Elle est aussi fortement analgésique que cette dernière, mais beaucoup moins toxique: elle ne dilate pas la pupille et ne trouble en rien la vue.

Les solutions d'alypène à 1 ou 2% insensibilisent la cornée et la conjonctive, en une minute ou 75 secondes, au plus. Avec la solution à 4% on a une anesthésie plus rapide, qui dure 8 ou 10 minutes. L'alypène, qui paraît devoir rendre de grands services en ophtalmologie, sert aussi pour l'anesthésie locale du nez, du pharynx et du larynx.

On emploie des solutions à 10%.

Elles suffisent, employées en applications successives, à rendre parfaitement indolores les cautérisations à l'acide chromique ou au galvanocautère. L'alypène ne détermine aucune intoxication et a l'avantage de coûter sensiblement moins cher que la cocaïne. Cet anesthésique, qui présente de nombreuses et sérieuses qualités, a été découvert par un médecin allemand, M. Impens, et étudié de très près par plusieurs médecins qui en disent tous grand bien.