Une nouvelle industrie: la caséinerie.
L'industrie des beurreries, très ancienne et très connue d'ailleurs, vient de donner naissance à une nouvelle industrie, fort intéressante, et qui paraît appelée à un bel avenir.
Pour faire du beurre, on sépare la crème du lait, et il reste ce qu'on nomme le petit-lait. Mais que devient ce liquide? Généralement, on l'emploie à nourrir des porcs. Mais voici qu'on vient de s'aviser qu'il y avait à faire de ce liquide un emploi beaucoup plus lucratif et aussi beaucoup plus compliqué.
En effet, le petit-lait contient encore de la caséine et de la lactose.
Or, avec la caséine, on peut, en la solidifiant, fabriquer une foule d'objets à bon marché. Et, en effet, la caséine remplace avantageusement le celluloïd, dont elle n'a ni la mauvaise odeur, ni surtout la dangereuse inflammabilité.
C'est ainsi qu'a été fondée, il y a quelques mois, une caséinerie à Surgères, dans la Charente-Inférieure, près d'une beurrerie coopérative.
Cette caséinerie a été organisée par le docteur Zirn. Avec la caséine solidifiée par des procédés chimiques, on fabrique des objets dits en «galalithe» ou pierre de lait; la plus blanche sert à faire de la colle; et même on en réserve une certaine quantité, dont la coagulation a été spontanée, pour des produits d'alimentation.
Quant à la lactose du petit-lait, il est également facile de l'extraire, et l'on songe à l'employer pour l'alimentation artificielle des enfants, ainsi qu'on le fait en Allemagne et en Angleterre.
Actuellement, on fabrique en galalithe des peignes, des porte-plume, des coupe-papier, des grattoirs, des broches, etc.
Le petit-lait de trente-cinq laiteries est employé dans la caséinerie de Surgères qui, cette année, a manipulé 180.000 kilogrammes de caséine.