M. JEAN BAYOL
M. Jean Bayol.--Phot. Fabre.
Le docteur Jean Bayol, sénateur des Bouches-du-Rhône, vient de mourir à Paris, succombant aux attaques répétées d'une maladie de foie qu'il avait contractée en Afrique.
Il avait, en effet, après quelques années passées, au début de sa carrière, dans le cadre des médecins de la marine, été fonctionnaire colonial et avait rendu alors d'importants services. Notamment, c'est à sa diplomatie que nous dûmes le traité par lequel le sultan du Fouta-Djallon se plaçait sous la suzeraineté de la France. Enfin, en 1889, devenu lieutenant-gouverneur des Rivières du Sud, il fut envoyé vers Glé-Glé, roi du Dahomey, qui nous cherchait querelle. Il reçut à Abomey le plus mauvais accueil et, devant l'attitude provocante de Glé-Glé, qui menaçait de le retenir prisonnier, dut signer une lettre acceptant les prétentions du roi nègre. Ce fut la cause première de la guerre du Dahomey, qui se termina, en 1892, par la victoire du général Dodds et la capture de Behanzin, successeur de Glé-Glé.
Quand il eut droit à sa retraite, M. Jean Bayol fit liquider sa pension et rentra en France. En 1904, les électeurs des Bouches-du-Rhône l'envoyaient au Sénat.
L'homme était charmant, fin, très cultivé. Il était poète dans l'âme et a écrit, en langue d'oc, des vers délicats, dont les lettrés provençaux font grand cas.