NOTES ET IMPRESSIONS
Rien de plus dangereux qu'une idée générale dans des cerveaux étroits et vides.
H. Taine.
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Un homme digne de ce nom ne doit pas se spécialiser: la spécialité rapetisse l'intelligence et réduit la volonté.
Th. Roosevelt.
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On n'a le droit de toucher à la peinture que lorsqu'on est rompu à toutes les difficultés du dessin.
J.-J. Henner.
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Tout est irréparable jusqu'au jour où tout est réparé.
Jules Claretie.
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Rien de flatteur dans un éloge comme l'absence de flatterie.
Marie Adville.
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La vertu n'est pas dans une résolution fugitive, elle est dans une habitude de vie.
Marcel Prévost.
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Le rire sur les lèvres rétracte par avance les paroles d'amertume que sont encore à mâcher les dents.
Paul Hervieu.
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Deux vérités incomplètes font d'ordinaire plus mauvais ménage que deux erreurs.
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Il y a des blâmes qui sont des éloges et des approbations qui tuent.
G.-M. Valtour.
LA VISITE DU PRINCE DE BULGARIE AU MUSÉE CARNAVALET
M. Georges Cain, directeur du musée, en fait les honneurs au prince Ferdinand et au Président de la République.
Le prince Ferdinand de Bulgarie, qui vient de passer quatre jours en France, accompagné de M. Rantcho Petrow, son premier ministre, du général Savow, son ministre de la Guerre, et d'une suite assez nombreuse, est, comme on l'avait annoncé, arrivé lundi dernier, 16 octobre, à Paris, où il a occupé, au ministère des Affaires étrangères, les appartements précédemment aménagés pour le roi d'Espagne. Au dîner de gala donné le soir même en son honneur à l'Elysée, les deux chefs d'État échangeaient des toasts pleins de cordialité.
Le mardi 17, chasse à Compiègne et soirée à la Comédie-Française, dans la loge présidentielle, avec, au programme, le Duel, de M. Henri Lavedan. Favorisée par le temps, la chasse, que dirigeait le commandant Lamy, dans les tirés de Compiègne, avait été fort brillante; au tableau: 238 faisans, 74 lapins, un chevreuil, et l'on a lieu de supposer qu'en sa qualité d'excellent «fusil» le souverain bulgare, fortement botté et coiffé d'un chapeau de peluche verte, mit à mal une part notable de ce gibier.
Le mercredi 18, après avoir assisté, le matin aux manoeuvres de Vincennes et au déjeuner militaire offert par M. Berteaux, ministre de la Guerre, il allait visiter le musée Carnavalet, au seuil duquel M. Dujardin-Beaumetz, sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts, et M. Cain, le conservateur, lui souhaitaient la bienvenue; puis les collections artistiques de la ville de Paris, au Petit Palais des Champs-Elysées. Le soir, dîner offert par M. Rouvier, au quai d'Orsay.
Le jeudi 19, le prince prenait congé pour se rendre aux établissements du Creusot, où il a fait, on le sait, une importante commande de matériel d'artillerie.
LA FÊTE AÉRONAUTIQUE DES TUILERIES AU PROFIT DES SINISTRÉS DE LA CALABRE
L'Aéro-Club de France avait, organisé, dimanche dernier, dans le jardin des Tuileries, une fête aéronautique donnée au profit des victimes du tremblement de terre de la Calabre, sous la forme d'un grand concours international. Malgré le temps pluvieux, une foule énorme était venue assister au départ des concurrents ne représentant pas moins de six pays: France, Russie, Italie, Angleterre, États-Unis, Belgique. Notre photographie donne une idée du spectacle curieux que présentait cette réunion extraordinaire d'aérostats de capacité et d'aspect divers, les uns prêts au «lâchez tout» et suspendus au-dessus des têtes, les autres à demi gonflés seulement, encore aplatis plus ou moins sur le sol. Quinze d'entre eux sont partis successivement, se dirigeant vers le nord-est; le plus long trajet a été effectué par M. Jacques Faure et le comte Rozen, avec l'aérostat la Kabylie, qui est allé atterrir en Hongrie après avoir parcouru, à vol d'oiseau, une distance de 1.350 kilomètres.
L'Escurial, que visitera M. Loubet avant d'arriver à Madrid.
Le Palais Royal de Madrid, où résidera M. Loubet.