Les mariages anglo-américains.
Un écrivain anglais vient d'exécuter une charge à fond de train contre l'aristocratie anglaise, à cause de la facilité avec laquelle les porteurs de grands noms se marient avec des Américaines, quand celles-ci ont une grande fortune. Beaucoup d'Américaines riches, les filles des grands industriels ou des organisateurs de trusts, n'ont qu'une ambition, qui est d'épouser un lord anglais, un prince italien, ou le descendant de quelque grande famille française. Cela ne leur réussit pas toujours, d'ailleurs: le marché, puisque ce n'est pas autre chose, ne tourne pas toujours à leur avantage. Mais l'écrivain anglais ajoute que ce n'est pas à l'avantage non plus des pays où se font ces mariages internationaux. Les femmes américaines introduites par le mariage dans la société anglaise, par exemple, n'y apportent rien d'élevé ou de noble, aucune force politique ou morale. Autrefois, en Angleterre, il est entré bon nombre de huguenots, puis de royalistes, que la France avait chassés; mais ces éléments étaient excellents. Les femmes que l'Angleterre s'annexa par le mariage avaient un haut idéal et des convictions élevées: rien en elles ne pouvait contribuer à abaisser le ton de la société où elles pénétraient. Ce fut une bonne acquisition pour l'Angleterre. On n'en peut dire autant des Américaines qui, contre espèces, se procurent un mari, un titre et un château historique. Elles ne vivent que pour la vanité et l'argent et apportent avec elles une forme de civilisation très inférieure et dégradante. Ce n'est pas tout. On a souvent dit que les croisements sont favorables à la multiplication de la race et beaucoup pensaient que le jeune sang de l'Amérique serait profitable au vieux sang de l'Angleterre. Mais il n'en est pas du tout ainsi. Depuis 1840, trente pairs ou fils de pairs anglais ont épousé des Américaines. Or, sur ce total, treize sont sans enfants; cinq n'ont que des filles et cinq n'ont qu'un seul fils. C'est dire que les noms vont s'éteindre en majorité. Les Américaines sont souvent stériles, pour tout dire en un mot. C'est pourquoi l'aristocratie a deux raisons plutôt qu'une de ne pas se les annexer.