Taches immenses sur le soleil.
Un immense groupe de taches vient d'être visible sur la surface du soleil. Il apparaissait le 14 octobre sur le bord oriental, passait au méridien central le 20 et disparaissait sur le limbe occidental le 26. Les photographies que nous donnons montrent, par le déplacement de cette tache, que le soleil tourne, comme on sait, sur lui-même, en vingt-cinq jours environ. Ces photographies sont orientées comme on voit les images dans une lunette astronomique, c'est-à-dire le sud en haut et l'est à droite.
Une autre magnifique tache est apparue le 21 octobre. Sa profondeur s'est accusée nettement, par le fait qu'elle a creusé sensiblement le limbe solaire. Cette tache sera visible sur le disque solaire jusqu'au 2 novembre prochain. Elle est visible à l'oeil nu comme un point noir.
Le grand groupe de taches
solaires: 20 octobre 1905
à 1 h. 48 m. soir.
Le soleil est, en ce moment, dans une période d'activité assez intense. On sait qu'il est des époques où l'on ne voit presque pas de taches à sa surface, d'autres, au contraire, où elles sont nombreuses. La période est de onze ans environ et le maximum arrive quatre ans et demi après le minimum. Le dernier maximum des taches solaires est arrivé en août 1893 et le dernier minimum en août 1901. Nous devons donc nous attendre à voir de très grandes taches cette année et l'année prochaine. Pour les observer, la plus petite lunette peut être employée, à la condition d'interposer entre l'oculaire et l'oeil un verre noir assez foncé.
Un très intéressant problème est à l'étude en ce moment. C'est la relation possible de l'état du soleil avec les différents phénomènes qui se passent au sein de l'atmosphère terrestre. Des données fort utiles pourront ainsi être obtenues et être d'une grande portée pratique pour l'avenir.
| 16 octobre 1905: 11 h. 37 m. du matin. | 20 octobre 1905: 11 h. 44 m. du matin. | 22 octobre 1905: 8 h. 53 m. du matin. |
PHOTOGRAPHIES DES TACHES DU SOLEIL PRISES PAR M. F. QUÉNISSET, DE L'OBSERVATOIRE ASTROPHOTOGRAPHIQUE DE NANTERRE
La force du boeuf.
Au concours organisé par la Société d'agriculture de la Haute-Vienne et tenu récemment à Limoges, de fort intéressantes constatations ont été faites.
Les boeufs étaient menés par leurs conducteurs habituels, mais ils étaient si bien dressés que les conducteurs se bornaient à faire le simulacre de se servir d'un fouet ou d'un aiguillon, mais sans frapper ni piquer les animaux.
La plus forte paire de boeufs, âgés de quatre ans et demi, pesant 1.380 kilos, se montra capable de fournir, en travail normal, un effort moyen de 317 kilogrammes à une vitesse moyenne de 60 centimètres par seconde, soit une puissance mécanique utilisable de plus de 190 kilos par seconde, ou un peu plus de 2 chevaux-vapeur et demi.
Ces chiffres prouvent que le boeuf en général et les boeufs limousins en particulier sont d'excellents animaux de travail.
Les résultats tiennent d'ailleurs en grande partie à la manière de conduire les boeufs. Avec la même paire d'animaux, le rendement varie beaucoup et, suivant l'adresse ou l'inexpérience du conducteur, il peut être supérieur ou inférieur, même avec une plus grande fatigue des animaux.
La fête vénitienne et le feu d'artifice en l'honneur du président de la République, dans la baie de Cascaès, près Lisbonne, le 28 octobre.--Dessin d'après nature de Georges Scott.