Les usines de Niagara.
L'énergie électrique fournie par les chutes du Niagara et distribuée par la Niagara Falls Power Company est utilisée actuellement par trois services: le service de Niagara même, absorbant 45.000 chevaux qui assurent l'éclairage de la ville, la marche du tramway et le fonctionnement de trente usines, presque toutes consacrées à l'électrolyse; le service de la rive canadienne, où le courant est amené par des conducteurs suivant le pont métallique, encore à ses débuts et consommant 2.000 chevaux; le service à longue distance vers Buffalo (32 kilomètres). Tonawanda, Lockport et Olcott, qui distribue 30.000 chevaux, dont 24.000 à la seule ville de Buffalo.
Pour cet envoi à distance, le courant, en sortant des dynamos génératrices, est amené à la tension de 22.000 volts par des transformateurs qui en absorbent une partie et qui représentent eux-mêmes une dépense appréciable. Les droits de parcours, l'entretien des conducteurs, la déperdition d'énergie, la retransformation du courant à son arrivée à Buffalo et sa distribution, augmentent beaucoup les frais. Et, s'il est exact que la perte par transmission entre Niagara et Buffalo n'excède pas 10%, le prix de l'énergie transmise se trouve majoré dans une proportion beaucoup plus considérable: il reste, cependant, intérieur au prix que pourrait offrir une production locale. Mais c'est là un cas d'espèce, et M. H.-W. Buck, dans un rapport aux membres des Sociétés d'ingénieurs américains, se prononce formellement, au point de vue économique, contre le système du transport de la force. Il estime que les industries ont un intérêt indiscutable à se grouper près des chutes.
La puissance de la cataracte est évaluée à 900.000 chevaux et l'on a commencé récemment des travaux qui permettront, à bref délai, d'en utiliser 500.000. On peut juger de l'essor industriel auquel est appelée la région de Niagara.