Les aliénés en France.
La statistique des aliénés nous apprend que, dans la dernière décade 1889-1900, le nombre de ces malheureux a passé, en France, de 65.713 à 70.000.
Encore ne s'agit-il ici que des aliénés dangereux; car le nombre de ceux qui ne sont pas dangereux et qui ne trouvent pas place dans les asiles est considérable, si considérable qu'on commence à s'en inquiéter et qu'il est question de les admettre comme des malades ordinaires parmi les nécessiteux qui reçoivent l'assistance médicale. Quoi qu'ïl en soit, sait-on combien il y a de médecins pour soigner ces 70.000 malades,--car les aliénés sont des malades, il ne faut pas l'oublier? Juste 115, ce qui fait à peu près un médecin pour 600 malades.
Mais, dans certains établissements, cette moyenne est dépassée, et l'on ne trouve qu'un médecin pour 750 et même pour 1.000 aliénés.
Faut-il s'étonner, après cela, que l'aliénation soit toujours considérée comme un état incurable; et pense-t-on qu'un seul médecin puisse considérer 1.000 aliénés comme 1.000 malades qu'il s'agirait d'étudier en vue de leur amélioration ou de leur guérison possibles?
Il est vrai qu'ému de cet état de choses le Conseil supérieur de l'Assistance publique vient de limiter à 400 le nombre d'aliénés que devrait désormais soigner un seul médecin. Mais ce chiffre est encore bien élevé.