Les effets d'une trombe.

Le 4 juillet dernier, une trombe a ravagé les environs de Cravant, près de Beaugency. M. Maillard vient de signaler quelques-uns des curieux effets de ce phénomène atmosphérique, qui s'est accompagné d'une dépression barométrique très forte au centre du tourbillon. Dans une cuisine, le carrelage s'est soulevé en dos d'âne. Ailleurs, dans un grenier, une balance-bascule de 50 kilos de poids a été jetée à un mètre de distance. Une petite pièce, dans le haut d'une habitation, a littéralement éclaté comme le fait une vessie pleine d'air sous la cloche pneumatique: ses cloisons se sont crevées et brisées, la pression à l'intérieur étant plus forte qu'au dehors. Ailleurs, en vertu du même principe, des vitres de chambres closes se sont brisées de dedans en dehors. On a remarqué un fait qui, à première vue, semble étonnant, mais qui, si l'on y réfléchit, est très naturel: c'est que les toitures les plus solides ont été les plus éprouvées. Les toitures formées d'ardoises ou de tuiles reposant sur des lattes n'ont pas souffert appréciablement: en effet, les ardoises ou tuiles, en se soulevant légèrement, aspirées par la dépression extérieure, ou plutôt soulevées par la pression intérieure, ont permis à la pression intérieure de se mettre en équilibre avec l'extérieure; les toitures neuves, solides, totalement appuyées et n'ayant pas de jeu, ont été enlevées tout d'une pièce, au contraire. C'est qu'elles manquaient de jeu, c'est qu'elles mettaient obstacle à l'établissement de l'équilibre: elles ont éclaté comme les murs ou les vitres cités plus haut, et ont été enlevées. Dans les champs on a observé aussi de singuliers effets. Un champ d'avoine a été totalement privé de son grain. Les tiges sont restées en place, amarrées par les racines; mais les grains, moins solidement attachés aux tiges, ont été enlevés, comme si un peigne y avait passé. Cet effet de happage est dû à un violent courant d'air ascendant.