LES INCIDENTS DE BARCELONE

L'agitation catalaniste, assoupie depuis quelques années déjà, a repris, ces temps derniers, avec une nouvelle intensité, à la suite des élections municipales. On en sait les causes: les Catalans ne tondent pas à se séparer de l'Espagne, mais revendiquent une certaine autonomie. Leur attitude a exaspéré leurs adversaires, et des officiers, dans un excès de zèle loyaliste regrettable, viennent de se porter à de fâcheuses extrémités.

Réunis au nombre de trois cents, armés de leurs sabres, de haches, de revolvers, d'outils divers, ils se sont rués vers les locaux occupés par le journal catalaniste le Cu-Cut, à l'imprimerie d'abord, où ils ont pénétré de force après avoir brisé la devanture et fracturé la porte. Une fois là, ils détruisirent les machines, firent main basse sur tout le papier, journaux, almanachs, et y mirent le feu, dans la rue, sous l'oeil du gouverneur et de la police, impuissants. La rédaction reçut ensuite la visite de ces furieux et fut pareillement saccagée. Puis la Veu de Catalogna, autre journal catalaniste, fut envahie à son tour, dans les mêmes conditions, et traitée de pareille façon.

Et, tandis que brûlaient les autodafés, les passants inoffensifs étaient molestés et obligés, sous menace de coups, de crier: «Vive l'Espagne! A bas la Catalogne!»


La princesse Eugénie de Battenberg.--Phot. Hughes et Mullins.

Sir Henry Campbell Bannerman.--Phot. E. H. Mills.

M. Philippe Jourde.--Phot. Pierre Petit.]