LA MUTINERIE DE Sébastopol
La sédition qui a éclaté le 25 novembre dernier à Sébastopol, et sur laquelle, en raison de l'irrégularité des services postaux, nous recevons seulement les premiers documents photographiques qui soient parvenus en France, a rappelé, mais avec un autre caractère de gravité, l'affaire fameuse du Potemkine.
Le lieutenant Schmidt, chef de la
mutinerie des 25-28 novembre à
Sébastopol. Phot. Pouditchef.
Les mutins (marins casernes à terre et soldats du régiment de Brest-Litovsky) s'étaient rendus maîtres du transport Otchakof et en avaient expulsé les officiers et les marins fidèles au devoir.
Le 27 au soir, les rebelles délivraient un officier, le lieutenant Schmidt, qui allait être jugé pour avoir tenu un discours révolutionnaire, et le mettaient à leur tête. Il prit le commandement de l'Otchakof, sur lequel il arbora le drapeau rouge, et parvint à capturer les torpilleurs le Sviryopi et trois autres qui avaient tenté de torpiller son navire.
Le lendemain, il enlevait, par un hardi coup de main, les officiers du Panteleimon (ancien Potemkine) et les emmenait à son bord comme otages. On dut recourir à la force pour dompter les insurgés, et un duel d'artillerie s'ouvrit, dans l'après-midi du 28, entre leur escadrille, d'une part, et l'escadre, qu'appuyait de terre de l'artillerie de campagne. L'Otchakof put tirer seulement six coups, et, un incendie s'étant déclaré à son bord, il se rendit. Le lieutenant Schmidt était blessé grièvement.
Le matin du 29, l'amiral Tchoukhine était maître de la situation.
| Le croiseur Otchakof. | Le fort Constantin qui a canonné le croiseur Otchakof. |
Depuis quelque temps déjà, on voyait circuler parfois à travers les rues de Paris un omnibus automobile, effectuant une marche d'essai et chargé de voyageurs fictifs, c'est-à-dire de sacs de sable. L'ouverture du Salon de l'automobile fournissait tout naturellement l'occasion de rendre ces épreuves plus intéressantes, en substituant aux sacs inertes de vrais voyageurs, capables d'apprécier les avantages ou de constater les défauts des véhicules perfectionnés. La Compagnie des Omnibus vient donc de mettre provisoirement à la disposition du public neuf voitures nouveau modèle, actionnées par des moteurs de marques différentes, qui accomplissent le trajet de la place de la Bourse au Cours-la-Reine par la rue Vivienne, les boulevards, la place de la Concorde et les Champs-Elysées.
LES PREMIERS OMNIBUS AUTOMOBILES A PARIS
LES NEUF TYPES EN CIRCULATION ENTRE LA BOURSE ET LE SALON DE L'AUTOMOBILE.
--1. Au départ, sur la place de la Bourse.--2. Devant l'Automobile-Club.--3. Place de la Concorde.--5. Sur les grands boulevards.--4, 6, 7. Avenue des Champs-Elysées.--8. Devant le Grand Palais.--9. A l'arrivée, aux serres du Cours-la-Reine.
Les neuf voitures ne se distinguent que par leurs moteurs,
commandés à neuf constructeurs différents.
La toiture effondrée et les murs écroulés.