LA GRÈVE DE LA MAISON DUFAYEL

Cette fin d'année a été marquée, à Paris, par des grèves notables: grève des terrassiers sur les chantiers du Métropolitain, grève des garçons épiciers, grève des employés de la maison Dufayel. Ceux-ci, au nombre d'environ deux mille, ont, pendant les fêtes de Noël et les jours suivants, animé de leur mouvement le quartier Clignancourt où la grande maison de crédit a son siège, son administration centrale et ses magasins. Aucun incident grave ne s'est produit.

LA GRÈVE DE LA MAISON DUFAYEL.--Réunion des employés
grévistes, dans la salle de l'Elysée-Montmartre le 23 décembre

LES CONFORTS DU XXe SIÈCLE
DANS L'AFRIQUE CENTRALE

Combien de personnes, en France, savent qu'il est aujourd'hui possible de faire un voyage jusqu'au centre de l'Afrique, avec tous les conforts du vingtième siècle; que des dames, des enfants même, peuvent se rendre, sans difficultés et sans aucun danger, où, il y a six ans à peine, les Stanley et les Marchand seuls pouvaient parvenir, et au prix des efforts les plus grands, des dangers les plus terribles et de difficultés presque insurmontables?

Combien de nos chasseurs, même parmi les plus enragés, savent qu'ils peuvent aller en quelques jours--moins de deux semaines--en bateaux à vapeur et en trains de luxe, jusqu'aux rivières peuplées d'hippopotames et de crocodiles, jusqu'aux forêts habitées par les lions, les éléphants, les buffles, les antilopes, etc., etc.?

Non seulement tout cela est possible, mais encore --et je vais surprendre bien des gens--ces voyages et ces chasses sont à la portée de ceux qui n'ont que des moyens relativement modestes. Pour quatre mille francs par personne, on peut se rendre de Paris au coeur même du Soudan anglo-égyptien et faire un voyage qui' durera deux mois et donnera l'occasion de voir Marseille, Naples, Alexandrie, le Caire, Luxor, Assouan, Khartoum, le Nil Bleu et de remonter le Nil Blanc jusqu'à Fachoda et plus loin encore.

Le train de luxe allant de Wadi Halfa à Khartoum, à
travers le désert de sable.

La nouvelle Khartoum: le palais du gouverneur.

Et il n'est pas besoin d'avoir grande expérience des voyages. Les timides et les inexpérimentés peuvent se procurer à Paris même, à l'Agence Cook, tous les billets de chemin de fer, de wagons-lits, de bateaux à vapeur, tous les coupons d'hôtels dont ils auront besoin, au moins jusqu a Khartoum. Partout ils trouveront des interprètes qui s'occuperont de leur personne et de leurs bagages.

C'est si simple et si facile que c'est presque incroyable!

Examinons en détail dans quelles conditions de confort le voyage peut se faire.

Avant tout, ayez suffisamment de vêtements et de linge; n'oubliez pas d'emporter de la laine, car, en mer et dans la basse Égypte, il fait souvent froid en hiver. Les nuits sur le Nil, entre le Caire et Assouan, à la première cataracte, sont souvent glaciales. Un bon pardessus, de bonnes couvertures et de fortes bottines sont également indispensables.

Le vapeur qui fait le service mensuel (durée: 28 jours; prix: 1.800 francs par personne) entre Khartoum et Gondokoro (Ouganda). De chaque côté, d'immenses barges pour les nègres, les animaux, les marchandises,

Mais comme, à mesure que vous avancerez, la température s'élèvera, il faut également des vêtements de demi-saison et enfin, pour le Soudan, de la flanelle légère.

De Paris à Marseille, c'est le grand luxe et la rapidité foudroyante, rapidité qu'on ne retrouvera nulle part. Le fameux train Côte d'Azur, qui fait le trajet en dix heures, est incontestablement ce qu'il y a de mieux en Europe.

De Marseille à Alexandrie, le voyage est de cinq à six jours, et nous n'avons que l'embarras du choix. Les Messageries Maritimes de France, le Peninsular and Oriental et autres grandes lignes anglaises ont des services réguliers. Le Lloyd de Brème a établi, l'hiver dernier, un service bi-hebdomadaire de grand luxe, avec escale à Naples. Le prix des cabines est élevé, mais il est impossible de rêver mieux.

Enfin, une ligne anglaise: The Bibby Line, qui a de superbes bateaux, vend des billets aller et retour de Marseille, pour 550 francs. De très grands personnages, tel le représentant de l'Angleterre en Égypte, lord Cromer, ne dédaignent pas voyager sur ces paquebots.

A Alexandrie, le voyageur a sa première vision de l'Orient, d'un Orient à moitié européen, où toutes les races semblent se coudoyer, où la pauvreté, la misère et la saleté se retrouvent à côté des somptueux palais où règne un luxe effréné. D'excellents express avec wagons-restaurants de la Compagnie Internationale font le trajet d'Alexandrie au Caire en trois heures.

Nous appellerons la capitale de l'Égypte notre première grande étape, et je calcule qu'on peut y parvenir, de Paris, pour la somme de 900 francs aller et retour, en 1re classe, bien entendu. Mais nous pouvons diviser notre lre classe en trois catégories, que nous appellerons le grand luxe, le luxe moyen et le simple confortable. C'est ce dernier qui nous aura coûté 900 francs, en voyageant par la Bibby Line. Le second reviendrait à 1.250 francs (en prenant les Messageries) et le premier à 2.000 francs par le Lloyd.

Le Nil Blanc à Ombdurman.

Il y a tant de choses intéressantes à voir au Caire, c'est pour l'étranger une vie si curieuse et si nouvelle, que le voyageur le plus anxieux d'aller loin--le chasseur le plus pressé de tuer son premier lion--voudra néanmoins s'y arrêter quelques jours: disons une semaine.

Le Caire est par excellence la ville des hôtels somptueux, des palaces superbes. Notre «grand luxe» ira au Savoy, au Ghesireh ou au Shepheards et y dépensera de 30 à 100 francs par jour; le «luxe moyen» aura tous les conforts possibles au Continental ou au d'Angleterre pour la somme de 20 à 40 francs par jour, et enfin notre «confortable» trouvera à l'hôtel du Nil ou au Victoria une excellente pension pour 15 ou 18 francs par jour. Avec les extras, je compte 30 francs par jour pour les petites bourses. (1).

Note 1: L'auteur de cet article voulant donner aux lecteurs des indications réellement pratiques, a tenu a fournir des renseignements précis sur les hôtels, les agences et leurs prix. Il est à peine besoin d'affirmer qu'il n'y a là aucune réclame payée.

Notre seconde étape nous conduira à Luxor, l'ancienne Thèbes, où sont les merveilleuses ruines du temple de Karnac et les fameuses tombes royales, puis de là à Assouan, située à la première cataracte, sur la frontière de la Nubie et où se trouve l'immense réservoir qui contient un milliard de mètres cubes des eaux du Nil, eaux qui, pendant les périodes de sécheresse, donnent la vie à l'Égypte et à son agriculture.

Comment nous rendrons-nous du Caire à Luxor et à Assouan?

Le «confortable» ira simplement parle train. Une nuit seulement jusqu'à Luxor, dans de superbes wagons-lits appartenant à la Compagnie Internationale. C'est un des plus beaux et des plus luxueux trains que je connaisse. Deux jours à Luxor dans l'un ou l'autre des excellents hôtels (Grand ou Karnac), appartenant à un Français, M. Pagnon. Huit heures de chemin de fer entre Luxor et Assouan. Dans cette dernière ville, nos «luxes» trouveront deux admirables palaces hôtels, le Cataract et le Savoy, de 20 à 40 francs par jour.

Le moyen le plus agréable, mais aussi le plus dispendieux de se rendre à Luxor et à Assouan, est par le Nil même sur l'un des magnifiques bateaux Touristes. Il y a deux Compagnies: Thos. Coolt and Son, la plus importante, et The Anglo-American. Ces bateaux sont d'un luxe vraiment incroyable, et les cabines, la table, le service, sont parfaits. Partout où il y a quelque chose d'intéressant à visiter, ils s'arrêtent le temps nécessaire, et les voyageurs trouvent des guides, des ânes, des chaises à porteurs qui les attendent. Tout cela est compris dans le prix du billet qui est de 1.250 francs. Le voyage aller et retour dure vingt et un jours, y compris trois jours à Luxor et trois jours à Assouan.

MM. Cook ont un autre service appelé Bateaux-Express, qui font le même trajet avec presque les mêmes arrêts en vingt jours. Ils sont un peu moins grands, un peu moins luxueux, mais le prix du billet est seulement de 550 francs.

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D'Assouan, nous entreprenons notre troisième étape, de la première à la deuxième cataracte, c'est-à-dire jusqu'à Wadi-Halfa. Le Nil, aussi large que la Loire à Orléans, coule superbe et majestueux à travers le pays des Barbarins et la Nubie. Nous entrons en pays noir. Trois lignes de bateaux à vapeur, chacune offrant tous les conforts modernes, font le service d'Assouan à Wadi-Halfa. Les bateaux du gouvernement du Soudan accomplissent le trajet en moins de deux jours, avec arrêt de quelques heures aux fameux temples d'Abou Simbel, que l'impératrice Eugénie vint visiter en 1869 et, de nouveau, l'hiver dernier. Le prix du billet aller et retour revient, avec la nourriture, à 350 francs. Les bateaux de la Compagnie Anglo-Américaine et de la Compagnie Cook font de plus nombreuses escales et mettent trois jours et demi pour se rendre à Wadi-Halfa. Le prix des billets est plus élevé par ces lignes: 575 francs, aller et retour.

Le steamer de luxe Abbas-Pacha: une halte au bord du fleuve.

L'AFRIQUE CENTRALE ACCESSIBLE AUX TOURISTES.--Les passagers de l'«Abbas-Pacha» visitant un village de Shilouks sur la rivière Sobat, qui se jette dans le Nil Blanc près de Fachoda. D'après les photographies de M. de Guerville.--Voir son article à la page 442.]

Wadi-Halfa est la tête de ligne du fameux chemin de fer soudanais qui, traversant les grands déserts de sable, nous conduit en vingt-sept heures jusqu'à Khartoum.

Construite par lord Kitchener lors de la campagne contre les derviches en 1898, cette ligne militaire a rendu d'incalculables services.

En dehors des express et des trains ordinaires, il y a, trois fois par semaine, un «train de luxe limité», composé de wagons-lits et d'un wagon-restaurant.

Fachoda.

Les cabines sont d'une grandeur inconnue en Europe et contiennent, outre deux lits, une grande table, une chaise et un grand fauteuil. Les repas sont excellents et les menus écrits en français. Grand choix de vins et de liqueurs; lumière électrique et, dans toutes les cabines, un grand éventail électrique qui assure la fraîcheur de l'air. C'est une sensation étrange que de se sentir entraîner à travers les déserts soudanais tout en mangeant un repas aussi bien cuit et aussi bien servi que dans un grand restaurant du boulevard.

Le train de luxe quitte Wadi-Halfa à 8 heures du soir et, le lendemain matin, à 7 heures, il s'arrête à Abu Hamed. On peut imaginer la surprise du voyageur quand on le réveille en lui disant de se dépêcher, car son bain l'attend! S'enveloppant de son pardessus ou de sa robe de chambre, il descend du train et se trouve dans un grand établissement de bains, construit expressément pour les voyageurs. Il n'y a pas de ville, pas d'hôtel, simplement l'établissement au milieu du désert et des pompes puissantes qui y amènent l'eau du Nil. Des domestiques nègres vous ouvrent les portes, et chaque personne se trouve dans une immense salle de bains, avec une grande baignoire, un lavabo à l'anglaise, de grosses serviettes éponges, eau bouillante et froide à volonté.

Le train s'arrête une heure afin de donner tout le temps nécessaire à une toilette des plus complètes.

Pendant ce temps, le wagon-restaurant est nettoyé à fond; quand vous sortez de votre salle de bains, vous allez vous asseoir aux tables toutes préparées et le train repart.

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Nous voici enfin à Khartoum, la capitale du Soudan.--C'est ici que Gordon fut massacré par les troupes du Madhi. Celui-ci, après sa victoire, détruisit la ville de fond en comble et s'installa, en face, sur l'autre rive du Nil Blanc, à Ombdurman, grande ville arabe et nègre et l'un des plus importants marchés de l'Afrique.

Après la victoire de l'armée anglo-égyptienne et la défaite finale des derviches, il y a six ans, Khartoum fut reconstruite sur les ruines de l'ancienne. C'est aujourd'hui une fort jolie ville avec de belles maisons, de gracieuses villas, de charmants jardins. Le palais du gouverneur est superbe et les ministères spacieux. Il y a un Grand Hôtel et enfin un collège très important, le «Gordon Collège».

Je n'essayerai pas de décrire toutes les attractions de Khartoum et son merveilleux climat en hiver. L'espace me manque, mais je dirai qu'il n'y fait, de décembre à février, ni chaud, ni froid, simplement bon, et qu'il n'y tombe jamais une goutte de pluie en hiver.

Le gouverneur général, sir Reginald Wingate, et lady Wingate, ainsi que la plupart des officiers du gouvernement et du palais, parlent admirablement le français et reçoivent de la façon la plus gracieuse les étrangers qui leur sont recommandés.

La tranquillité la plus parfaite règne aujourd'hui au Soudan et un service mensuel de bateaux à vapeur sur le Nil Blanc relie Khartoum à Gondokoro dans l'Ouganda. Il faut vingt-huit jours pour accomplir le voyage aller et retour et les bateaux s'arrêtent à El-Duem, Melut, Fachoda, Tanfikia et Lado (Congo belge). Ce voyage est fort intéressant; les bateaux sont confortables; mais, les arrêts étant très courts, je ne puis les recommander aux personnes qui désirent chasser. Le temps manque absolument.

Au-dessus d'El-Duem, le Nil est rempli d'hippopotames et les berges sont couvertes d'énormes crocodiles; il y en a des centaines et des milliers: les premiers, seuls ou par groupe, s'ébattant dans l'eau, les autres se chauffant paresseusement au soleil. C'est un spectacle inoubliable. Le pays est boisé et jusqu'au confluent du Nil Blanc avec la rivière Sobat, on y trouve en très grande abondance, des lions, des éléphants, des buffles, des antilopes, des gazelles, etc. Le Nil lui-même est couvert de millions de canards, d'oies sauvages, de pélicans et d'une variété infinie d'immenses oiseaux.

Danseuses soudanaises.

C'est incontestablement le paradis du chasseur!

La question se pose: comment y parvenir de Khartoum? J'y répondrai en indiquant d'abord la manière dont, avec six amis, parmi lesquels trois dames, nous nous y prîmes. Nous louâmes au Département des bateaux et steamers du gouvernement du Soudan, un magnifique steamer appelé Abbas-Pacha. Celui-ci avait trois ponts. Sur le pont d'en bas, nous avions à l'arrière une grande salle à manger; le milieu était occupé par les machines; l'avant abritait nos cuisines, l'office, les magasins à provision et une véritable étable où étaient installés des poulets, pigeons, dindons, des moutons, et une vache afin d'avoir du lait frais. A fond de cale, nous avions 300 kilos de glace, et différents bateaux remontant le Nil nous en apportèrent. Nous n'en manquâmes qu'une demi-journée pendant tout le voyage.

Sur le deuxième pont nous avions dix magnifiques cabines à deux couchettes, deux salles de bains avec baignoires et douches froides et chaudes, un salon et, au milieu du pont, dans toute sa largeur, au-dessus des grandes roues, un endroit ouvert formant un grand «hall», meublé de tables, de fauteuils et de canapés.

Enfin, le troisième pont, tenant toute la longueur et toute la largeur du bateau, était pour la promenade. Ponts, cabines et salons étaient éclairés à l'électricité. Nous payâmes pour la location seule de ce bateau 500 francs par jour au gouvernement. Nous nous entendîmes avec la maison Angelo Capato, de Khartoum, qui nous fournit cuisiniers, domestiques, provisions fraîches, conserves, vins, liqueurs, bières, eaux minérales, glace, etc., etc. Une véritable cave et un magasin d'épicerie et de conserves avaient été installés à bord et tout ce dont nous ne nous servîmes pas fut repris.

Dans les différents villages, notre cuisinier acheta de la volaille, des poissons, des oeufs, des légumes.

Pour sept personnes, les frais revinrent à environ 200 francs par jour, qui, joints aux 500 francs de location du bateau, firent 100 francs par jour et par personne. La dépense par tête serait naturellement plus élevée pour moins de personnes, et moindre, au contraire, pour plus. L'Abbas-Pacha peut recevoir dix passagers en en mettant un seul par cabine et vingt en occupant tous les lits. Le prix de location serait le même pour cinq ou dix voyageurs.

On ne peut se figurer le charme d'un voyage sur le Nil Blanc dans ces conditions de confort. Il serait impossible d'être mieux installés en France que nous l'étions. On va naturellement où l'on veut et l'on s'arrête oit pour chasser, soit pour visiter les villages des nègres quand on le désire.

Nous remontâmes ainsi non seulement le Nil Blanc mais la Sobat (vers l'Abyssinie), où nous visitâmes les villages des Shilouks, une race de géants (les alliés du colonel Marchand), qui se vêtent simplement d'un beau bracelet d'ivoire, d'un petit collier--et c'est tout!

Ce voyage est pour le «grand luxe». Le «luxe moyen» peut obtenir de MM. Angelo Capato, à Khartoum, de grands bateaux plats à voiles sur lesquels on installe une grande cabine et une cuisine. Les domestiques couchent à fond de cale.

Le meilleur moyen est de prendre deux bateaux, l'un pour soi et trois ou quatre domestiques, l'autre pour des chameaux, des ânes et des tentes. On peut, de cette façon, s'arrêter et entreprendre des excursions de chasse à l'intérieur. Pour deux personnes, le coût serait 1.000 francs par semaine, tout compris. Les vents d'hiver permettent de remonter le Nil très rapidement et sans aucun danger de panne. Redescendre est plus long, les vents étant contraires, mais on peut se faire remorquer par les bateaux du gouvernement faisant des services réguliers.

Enfin, notre «simple confortable» suivra l'exemple de deux Rouennais qui vinrent à Khartoum l'hiver dernier et louèrent un seul bateau. MM. Capato le leur fournirent avec un cuisinier, six domestiques ou matelots, et la nourriture de tout ce monde, pour 500 francs par semaine.

Un permis de chasse est nécessaire. Le gouvernement en vend deux--le petit pour 50 francs, le grand pour 500 francs.--Le premier donne le droit de tuer les lions, les crocodiles, les gazelles et quantité de gibier à plumes et à poils, mais défend de toucher aux éléphants, aux hippopotames, aux buffles et aux antilopes.

A Tanfikia, au confluent du Nil Blanc et de la Sobat: les autruches se promènent dans les rues.

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En résumé, le voyage reviendrait pour deux personnes à:
1° Simple confortable:
Prix Durée
en francs en jour
Paris au Caire et retour, 1re classe, Bibby line 1.800 13
7 jours an Caire, à 30 francs (hôtels Nil ou
Victoria) 420 7
Caire à Assouan et retour (train de luxe). 450 2
2 jours à Luxor et 2 jours à Assouan; à 30 francs 210 4
Assouan à Wadi-Halfa et retour (Bateaux du gouvernement) 750 4
Wadi-Halfa à Khartoum et retour (train de luxe) 1.200 3
Khartoum, 4 jours (Grand Hôtel et excursions) 330 4
3 semaines partie de chasse à 500 francs par semaine 1.500 21
Petit permis de chasse 100
Total 6.810 58
Soit 3.405 francs par personne. Il est évident qu'avec 4.000 francs par
personne, le voyage se ferait très confortablement et le voyageur
pourrait rapporter de nombreux et intéressants souvenirs.
2° Luxe moyen:
Prix Durée
en francs en jours
Paris-Caire et retour (Messageries Maritimes) 2.500 13
7 jours au Caire (Continental ou Angleterre), à 50 francs 700 7
Caire à Assouan (bateaux express Cook, y compris séjour
dans ces deux villes). 1.200 20
Assouan à Wadi-Halfa (bateau anglo-américain) 1.100 7
Wadi-Halfa à Khartoum (train de luxe) 1.200 3
Khartoum, 6 jours à 50 francs 600 0
3 semaines partie de chasse à 1.000 francs. 3.000 21
Grand permis de chasse 1.000
Total 11.300 77
Soit 5.650 francs par personne.
3° Grand luxe:
Prix Durée
en francs en jours
Paris-Caire, retour avec escale à Naples
(Lloyd de Brème) 2.500 13
15 jours au Caire, à 100 francs (Savoy, Ghesireh
ou Shepheards) 3.000 15
Caire-Luxor-Assouan (bateaux Touristes). 2.700 21
Assouan à Wadi-Halfa (bateaux Cook). 1.500 7
Wadi-Halfa à Khartoum (train de luxe). 1.200 3
8 jours à Khartoum et excursions. 1.000 8
20 jours bateau à vapeur à 600 francs par jour 12.000 20
Grand permis de chasse 1.000
Total 24.900 92
Soit 12.450 francs par personne pour un voyage de plus de trois mois. Il
est évident qu'en ce qui concerne le «grand luxe», le prix de revient du
bateau à vapeur étant presque le même pour deux ou pour dix personnes,
le coût du voyage serait beaucoup moindre pour plusieurs personnes. Il
ne serait que de 10.000 francs par tête pour cinq amis voyageant
ensemble, et de 8.000 francs seulement s'ils étaient dix.

Un beau coup de fusil: éléphant tué près du Nil Blanc.

Le lâcher d'un cerf sur le terrain de chasse Alphonse XIII et le prince de Bavière courant le cerf.
Alphonse XIII en habit rouge. Le prince Ferdinand de Bavière, futur beau-frère d'Alphonse XIII.