La phototégie.

Par dérivation du mot grec qui signifie «teindre», on désigne sous le nom de phototégie un nouveau procédé fort curieux de développement photographique. On avait déjà essayé de dépouiller les clichés avec l'eau oxygénée, mais les résultats obtenus étaient aussi lents qu'irréguliers. La formule suivante active et régularise l'action particulière à ce liquide, qui est d'enlever au négatif des épaisseurs de gélatine proportionnelles à l'opacité des parties réduites, c'est-à-dire attaquées par la lumière:

Eau................... 100 cc.
Acide chlorhydrique.... 10 cc.
Bioxyde de baryum....... 4 gr.

On doit exclure les développateurs trop astringents et employer de préférence l'oxalate ferreux ou le diamidophénol. Après développement et lavage, la glace est mise dans la solution d'eau oxygénée, au grand jour si l'on veut. Les noirs se dépouillent en quelques minutes, et l'on obtient directement un dispositif formé par des reliefs. L'image absorbe naturellement des quantités de liquide colorant proportionnelles aux épaisseurs de la gélatine. On peut donc, par un bain subséquent, donner au cliché la teinte que l'on désire; on pourra encore en obtenir des épreuves sur papier par simple contact. Enfin, en coloriant le cliché au pinceau avec des teintes plates, le modelé dans les nuances s'obtiendra de façon automatique.